Le MSM et la partielle

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Le MSM a bien su défendre ses intérêts politiques en n’alignant pas de candidat à l’élection partielle du n°18. Avec la défection de Roshi Bhadain, le MSM perdait un siège au Parlement. Cela n’a aucunement entamé la majorité de l’alliance Lepep qui a accueilli pas moins de cinq transfuges, nommément Zouberr Joomaye, Joe Lesjongard, Raffick Sorefan, Marie-Claire Monty et Alain Wong.

Une défaite dans le n°18 aurait fortement endommagé l’alliance Lepep, déjà assommée par de nombreux scandales. Par contre, en ne participant pas à l’élection partielle, le MSM a créé les conditions pour que les différents partis de l’opposition s’entre-déchirent et s’infligent des blessures mutuelles. Ainsi, le degré d’animosité entre le Parti travailliste et le MMM a atteint un palier qui ne pourrait que réconforter le MSM.

«Serein» (un terme rendu populaire par ceux qui défilent aux Casernes centrales armés de leur bouteille d’eau) – tel serait l’état d’esprit des dirigeants de Lepep s’il n’y avait pas de candidat travailliste à cette partielle. Car ce qu’ils pourraient craindre le plus, c’est une victoire des rouges.

Un tel événement, comme l’élection de Rajesh Jeetah face à Prakash Maunthrooa du MSM par un écart de 3 000 votes dans le fief d’Anerood Jugnauth, un certain 21 décembre 2003, donnerait le coup de départ d’une mobilisation politique accélérée qui assiégerait le MSM jusqu’aux élections générales. Par contre, une défaite d’Arvin Boolell rendrait crédible la prétention du clan Jugnauth de pouvoir présider aux destinées de la nation avec deux autres mandats premier ministériels encore.

Le MSM, qui souhaiterait idéalement conclure une «bonne» alliance avec le MMM avant les élections générales, accueillerait plutôt, lors de la partielle du n°18, l’élection d’un candidat non MMM et bien sûr non travailliste, pour des raisons éminemment tactiques. Car si le MMM l’emporte, la cuisine du MSM serait contrainte de consentir à bien des concessions au MMM. Le MSM n’aurait d’autre choix que de se débarrasser de certains de ses fidèles pour faciliter l’arrivée du MMM.

Sources de friction

Prakash Maunthrooa et même les Hanoomanjee, mère et filles, pourraient passer à la trappe. D’ailleurs, Gérard Sanspeur a déjà enclenché le processus poussant à l’éjection de la fille Hanoomanjee de la puissante entité appelée Landscope Mauritius. Le Muvman Liberater serait aussi botté hors du pouvoir. D’ailleurs, des feux d’artifice, y compris le dossier Vijaya Sumputh et l’affaire kangourou, ne demandent qu’à être actionnés.

La répartition des portefeuilles entre le MSM et le MMM suivrait une logique qui a marqué tous les gouvernements de coalition. Mais il est peu probable que le clan Jugnauth lâche les Finances. En analysant les propos du leader du MMM sur la nécessité de gérer correctement et intelligemment le projet Metro Express, il serait plus que plausible que les Infrastructures et les Services publics – deux énormes secteurs – soient alloués à des ministres MMM. Avec le poids qu’exerce l’Inde maintenant sur le plan économique et géopolitique, le portefeuille des Affaires étrangères pourrait engendrer des sources de friction, comme au temps du gouvernement de l’alliance PTr-MMM en 1995-97.

On se rappellera que Navin Ramgoolam avait fait modifier un vote aux Nations unies derrière le dos de son ministre des Affaires étrangères, Paul Bérenger, justement sur une délicate question visant l’Inde comme puissance nucléaire. Le clan Jugnauth est encore plus proche de l’Inde que Navin Ramgoolam et il ne prendra pas le risque de confier aux autres la gestion de la diplomatie mauricienne.

Quant aux autres options des Jugnauth dans le n°18, elles ne seraient nullement ébranlées par une victoire de Tania Diolle. Dans le pire des cas, le MSM coopterait le Mouvement patriotique dans le gouvernement. Le suave Alan Ganoo laisse d’ailleurs toutes les options ouvertes selon la formule consacrée. Par contre, le MSM ne serait pas content si un miracle électoral pousse Dhanesh Maraye du PMSD vers la victoire. Car cela pourrait créer une synergie future entre le PMSD et Navin Ramgoolam.

Une victoire de Roshi Bhadain ferait aussi l’affaire du MSM. D’ailleurs, le candidat Bhadain est totalement différent du ministre Bhadain démissionnaire. Bhadain n’a plus rien à dire de négatif contre les Jugnauth. Il accepte maintenant l’inévitabilité du projet Metro Express, après avoir démissionné pour justement sauver Quatre-Bornes de l’invasion brutale de ce tramway.

 Pour sa part, le MSM traite Bhadain comme un privilégié lors de cette partielle. À la moindre tracasserie que Bhadain subit lors de la campagne électorale, la police agit vigoureusement dans les minutes qui suivent. En cas de victoire, Bhadain serait accueilli au gouvernement comme le tombeur de tous les géants de l’opposition. Il ne lui serait même pas nécessaire de baiser la main du leader pour retrouver un portefeuille ministériel.

Mais certainement pas celui des Finances. Même en cas de défaite, sans avoir à se livrer au licking of other parts, Bhadain serait toujours bien accueilli à lakaz mama car utile pour le MSM, surtout dans le contexte d’une alliance avec le MMM. Comme Attorney General, bulldozer démolisseur des obstacles et grande gueule, au Conseil des ministres comme au Parlement, soutenant énergiquement son leader, Bhadain serait d’une efficacité opérationnelle qui manque actuellement au MSM.

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