Elles ont du métier- Karen Riacca: la colleuse de boîtes fait un carton

Avec le soutien de

Taille de guêpe. Cent soixante-quinze centimètres au bas mot. Elle a 20 ans, aurait pu être mannequin, se pavaner dans des robes fleuries. Au lieu de ça, Karen a une charlotte de protection sur la tête, un bleu de travail sur le dos. Pas besoin d’être sur le catwalk pour avoir du chien.

Une bonne odeur de papier fraîchement sorti du four flotte dans l’air. L’imprimerie tourne à plein régime, les machines infernales font un bruit assourdissant. Dans une autre pièce vitrée bien rangée, des dames «vissées» sur leur tabouret. Parmi elles, un minois, un regard circonspect. Karen hésite, rit aux éclats, hésite encore, puis se confie.

Armée de son fusil, elle colle et recolle des boîtes en carton, qui accueilleront plus tard des burgers, des steaks, des frites, entre autres. La jeune femme a visiblement la patate. Son travail l’emballe, assure-t-elle. «Sa fer dé zan mo fer sa. Monn kit lékol 16 zan, pa ti anvi kontinié. Apré, monn al rod travay lizinn, mé laba travay mem mé zamé pa gagn kas kouma bizin.»

Aujourd’hui, elle touche Rs 8 500. Ses journées démarrent à 7 h 30 et se terminent à 17 heures. Le reste du temps, elle chouchoute son petit frère de 3 ans, regarde des séries à l’eau de rose à la télé. Avis aux potentiels «bater lakol», son «akter» à elle, elle l’a déjà trouvé, confie-t-elle avec un sourire entendu. Ça sent l’amour. Cela ne l’incommode-t-il pas de «sniffer» de la colle toute la journée ? «Non…»

Des rêves ? Des projets ? Non, pas pour l’instant. Pas la peine de faire des plans sur la comète, mieux vaut vivre au jour le jour. Une philosophie qui lui colle à la peau.

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