Dérapage de Soodhun: une décision attendue d’ici samedi

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Showkutally Soodhun en cour intermédiaire, le mardi 7 novembre.

Showkutally Soodhun en cour intermédiaire, le mardi 7 novembre.

Que décidera Pravind Jugnauth quant aux propos à fort relent communal de son ministre du Logement et des terres Showkutally Soodhun ? Le Premier ministre, après avoir visionné la vidéo, a promis une enquête. Il se retrouve à nouveau face à un imbroglio. L’on apprend qu’il pourrait arriver à une décision d’ici ce samedi 11 novembre.

Hier, mercredi 8 novembre, au Caudan Waterfront à Port-Louis, le chef du gouvernement a déclaré : «J’ai demandé au commissaire de police de faire le nécessaire. J’ai déjà parlé à Showkutally Soodhun. À l’issue de cette enquête, je prendrai la décision qui s’impose.»

Il nous revient qu’un groupe parlementaire est favorable à la démission de Soodhun. La raison : «Pour maintenir l’unité nationale et ne pas mettre à dos une partie de la population.»

Quelques-uns verraient même, dans ce départ, une aubaine pour obtenir une promotion au sein du gouvernement. Mais des membres de la majorité souhaitent que le Premier ministre passe l’éponge sur cet énième dérapage du n°4 du gouvernement.

Hier après-midi, d’aucuns se demandaient si Showkutally Soodhun allait démissionner. D’ailleurs, sa voiture officielle avait été aperçue dans les environs de l’hôtel du gouvernement.

Par ailleurs, Maneesh Gobin, Mahen Seeruttun, Ivan Collendavelloo, Étienne Sinatambou et Prem Koonjoo ont rencontré le Premier ministre hier, ainsi que son collaborateur, Sherry Singh. Une réunion qui a débuté vers 14 heures pour prendre fin vers 15 h 30.

L’Attorney General Maneesh Gobin en est sorti souriant, suivi d’un Sherry Singh très sérieux, qui s’est engouffré rapidement dans sa berline blanche. Mahen Seeruttun leur a emboîté le pas bien plus tard.

Quelle était la nature de cette réunion ? «Je ne peux vous parler de ces choses-là», a répondu le ministre à la presse. «Soodhun ?» a-t-il ajouté lorsqu’on lui a demandé si cette réunion devait discuter de la polémique.

Quant au ministre Étienne Sinatambou, il a affirmé ne pas être au courant des propos de Showkutally Soodhun. «Je travaille beaucoup. Vous pensez que j’ai le temps pour ces choses-là ?» a-t-il déclaré.

Selon lui, la réunion a été organisée pour le «bien-être du pays. Nous avons fait un suivi de différents projets». Prem Koonjoo était, lui, peu bavard.

Le ministre du Logement et des terres avait tenu des propos discriminatoires et communaux lors d’une réunion avec des membres d’une organisation à son bureau. Il discutait des maisons de la National Housing Development Company. Le directeur des publications de La Sentinelle, Nad Sivaramen, et le journaliste Axcel Chenney avaient rencontré Pravind Jugnauth, mardi, pour lui montrer la vidéo du ministre.

Cette affaire survient après les menaces de mort que Showkutally Soodhun avait proférées à l’encontre de Xavier-Luc Duval, sans compter l’expulsion d’une femme lors d’un atelier de travail et ses valises en trop en provenance d’un voyage en Arabie saoudite. Depuis, des Mauriciens de différentes origines ethniques expriment leur colère sur les réseaux sociaux et réclament la démission du ministre.


Silence radio de Gilles L’Entêté

Il était présent à la réunion durant laquelle Showkutally Soodhun a tenu des propos à relent communal. Mais Gilles L’Entêté, directeur de la National Housing Development Company Ltd (NHDC), n’a pas réagi à nos sollicitations à ce sujet. Nos appels téléphoniques sont restés sans réponse. Nous lui avons envoyé des questions via l’application mobile Whatsapp. Mais encore une fois, il n’a pas répondu, même s’il les a lues. «L’express» reproduit les questions adressées à Gilles L’Entêté : êtes-vous d’accord avec les propos du ministre Showkutally Soodhun ? Cautionnez-vous ce genre de déclaration ? La NHDC se base-t-elle sur les critères ethniques pour allouer des maisons ? Par ailleurs, le Chairman de la NHDC, Praveen Kumar Ramburn, n’a pas non plus répondu à nos appels.

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On le croyait invincible et intouchable après que ses nombreuses frasques qui ont défrayé la chronique depuis le début de son mandat et qui sont passées sans qu’on le sanctionne. Mais Showkutally Soodhun s’est résigné à donner sa démission d’un «commun accord» avec le Premier ministre Pravind Jugnauth, après qu’une vidéo dans laquelle il tient des propos à relent communal a été publiée. Retour sur le scandale qui a fait tomber le n°4 du gouvernement.

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