Scénarios post-17 décembre

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La candidature de Tania Diolle sous la bannière du Mouvement patriotique (MP) rend maintenant la campagne électorale du nº18 très excitante et relance les spéculations sur l’enjeu du scrutin. La chargée de cours et le MP doivent remercier Paul Bérenger pour sa réaction publique après l’annonce de cette candidature. Si Navin Ramgoolam avait condamné la candidature de Kaviraj Bokhoree, fallait-il en déduire que cet avoué représentait une menace sérieuse aux chances d’Arvin Boolell ?

L’entrée en scène de Tania Diolle coïncide avec des révélations qui visent à nuire à la réputation du candidat Boolell. Selon un ancien diplomate marocain, Arvin Boolell aurait sollicité une assistance financière de son pays, en 2014, en vue de soutenir sa campagne pour accéder… au poste de Premier ministre de Maurice. La représentation faite par le diplomate qui a été ensuite congédié par son propre gouvernement pose un sérieux problème de crédibilité. Et le timing des «révélations » un mois avant le Nomination Day semble bien étrange.

Encore une fois, comme dans le cas Tania Diolle, Paul Bérenger a pris position sur l’affaire Maroc-Boolell en discréditant l’ancien diplomate arabe. Pourtant, en pratiquant un certain cynisme politique, le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) aurait pu ajouter quelques piments rodriguais au couscous marocain du candidat travailliste. L’histoire appréciera de ce fait le caractère de parfait gentleman de Paul Bérenger.

Dans les milieux avertis, on parle de la décision de Navin Ramgoolam de tuer dans l’oeuf la tentative de quelqu’un de vouloir porter sur la place publique, lors de la campagne électorale de 2010, une «affaire» s’étant déroulée à l’étranger et qui aurait impliqué un proche de la direction du MMM. Celui qui avait été à la base de cette initiative avait subi un véritable «brosse la tête» aux mains du leader rouge.

De nouveaux ingrédients ayant été ajoutés à la marmite du nº18, que verrait-on au menu une fois les résultats proclamés, le lundi 18 décembre ? Que le Mouvement socialiste militant (MSM) et son allié, le Muvman Liberater (ML), participent ou pas à la partielle, le scrutin du 17 décembre aura certainement et inévitablement un impact sur le rapport des forces et donnera le coup d’envoi à la concrétisation de nouvelles alliances.

Il existe néanmoins une infime possibilité qu’il n’y aura pas d’élection partielle au nº18 si Pravind Jugnauth décide de dissoudre le Parlement et inviter le pays à participer à des élections générales anticipées. Cela, après avoir conclu une alliance avec le MMM et ayant auparavant débarrassé son propre parti des Soodhun et autres laryaz et lâché toute la bande du ML.

Pour éviter des complications, le MSM et le MMM auraient intérêt à officialiser un accord avant la partielle car une victoire du MMM donnerait davantage de pouvoir de marchandage aux Mauves. Et cela, au détriment du MSM, alors qu’une défaite de Jaddoo rendrait le MMM encore plus junior face à Pravind Jugnauth. Sauf ce scénario d’élections générales anticipées, peu probable mais nullement impossible, que se passerait-il si la partielle reste à l’agenda ?

Une élection d’Arvin Boolell viendrait muscler le challenge que pose le Parti travailliste à Pravind Jugnauth, tout en permettant au nouvel élu de mieux s’armer pour ravir le leadership des Rouges à Navin Ramgoolam. Une défaite porterait un coup terrible aux Travaillistes et entraînerait la mort politique de Boolell, mais Ramgoolam pourrait exploiter la situation en sa faveur, en mettant l’échec sur le compte personnel d’Arvin Boolell et en affirmant que le choix de candidat avait été mauvais. Anerood Jugnauth avait survécu à la défaite qu’il avait subie en avril 1998 lors de la partielle de Flacq–Bon-Accueil. Mais contrairement à Arvind Boolell, il était le leader de son parti sur lequel il avait une maîtrise totale.

Une victoire de Nita Jaddoo viendrait consolider les prétentions du MMM d’affronter seul les élections générales en présentant Paul Bérenger comme Premier ministre éventuel. Une défaite du MMM n’ébranlerait pas ce parti qui a depuis longtemps enlevé Quatre-Bornes de sa liste de bastions.

Une victoire du Parti mauricien socialdémocrate (PMSD) réconforterait ce parti dans sa stratégie de conquérir le pouvoir sur la base des données démographiques et sociologiques. En effet, depuis quelques années déjà, le PMSD prétend qu’il jouit du soutien d’une importante composante de la population qui statistiquement est plus nombreuse que les hindi-speaking qui constituent l’ossature de l’électorat qui a toujours porté au pouvoir soit le Parti travailliste, soit le MSM.

Il ne manquerait au PMSD qu’un soutien marginal des hindi-speaking pour que ce parti puisse faire sauter le verrou du système électoral first-past-the-post, lequel mécanisme donne aux hindi-speaking un poids déterminant dans les dix circonscriptions rurales mais aussi un rôle important dans les nºs 15, 16 et 18. Une défaite du PMSD ne réduirait pas son potentiel d’allié éventuel des Travaillistes. Surtout si le 18 décembre, on additionne les votes recueillis par Boolell et Maraye, ce qui sur papier aurait rendu imbattable un candidat unique de ces deux partis.

Quid des autres candidats ? La pimpante Tania Diolle va-t-elle bousculer toutes les données ? Pourrait-on parier sur Kugan Parapen, Jack Bizlall ou Kaviraj Bokhoree ? Représentent-ils une lame de fond qui engloutirait tous les partis traditionnels ? L’histoire retiendra que c’est de Quatre-Bornes qu’est partie en 1969 la grande mission du MMM.

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