Nad Sivaramen: «Le complot n’est pas que politique mais aussi médiatique»

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Nad Sivaramen, directeur des publications du groupe La Sentinelle, et Yasin Denmamode, journaliste. Ils ont travaillé avec Axcel Chenney sur le Yerrigadoogate.

Nad Sivaramen, directeur des publications du groupe La Sentinelle, et Yasin Denmamode, journaliste. Ils ont travaillé avec Axcel Chenney sur le Yerrigadoogate.

Après que Husein Abdool Rahim s’est rétracté, hier jeudi 21 septembre, et a accusé «l’express» d’avoir ourdi un complot en vue de faire chuter Ravi Yerrigadoo, nous avons interrogé Nad Sivaramen et Yasin Denmamode, deux des trois journalistes qui ont travaillé sur le Yerrigadoogate. Ils reviennent sur les faits.

Pourquoi n’êtes-vous pas intervenu en direct sur Radio Plus ?

Nad Sivaramen (N. S.) : C’était un show radiophonique. Lorsque j’ai entendu les larmes de Ravi Yerrigadoo, qui a dit que «la vérité a triomphé» sans répondre aux questions de fond, lorsque j’ai écouté Husein Abdool Rahim débiter toutes ces stupidités, c’était clair pour moi que c’est un cover-up en direct. Je n’ai pas voulu y participer. En revanche, Axcel Chenney, qui, avec Yasin Denmamode, a travaillé avec moi sur le Yerrigadoogate, est intervenu. Donc, La Sentinelle n’a pas joué les abonnés absents, même si les dés nous semblent pipés.

Comment expliquez-vous que Husein Abdool Rahim soit parti à Radio Plus pour faire ses déclarations ?

N. S. : Il nous avait avoué qu’il a menti sur la sextorsion. D’ailleurs, nous avons ses aveux par écrit. Il nous a dit qu’on ne peut pas le lâcher. Nous lui avons fait comprendre qu’il a brisé le contrat de confiance.

Il m’a dit qu’il allait téléphoner à Sylvio Sundanum et à sa copine. J’ai compris qu’il était hors contrôle. Je pense que c’est l’appât du gain qui l’a fait partir là-bas. Nous étions intéressés par ses documents, mais pas par lui. Nous ne lui avons jamais donné de l’argent.

Quand il jurait l’affidavit, les journalistes d’une presse concurrente prenaient mes photos sans cesse. Je leur ai dit que c’est la photo de Husein Abdool Rahim qu’il fallait prendre. Avec toute ma bonne volonté, j’ai expliqué au journaliste Nilen Kattany les raisons pour lesquelles j’étais aux côtés du whistleblower pour jurer l’affidavit. Il n’y a eu aucune ligne en ce sens dans son journal.

«Nous avons fait de l’investigative journalism. Nous avons recoupé des informations, contre-vérifié les informations, encadré un whistleblower, l’avons sécurisé…»

Autre raison qui m’a poussé à ne pas répondre à Radio Plus : je pars volontairement à l’ICAC lundi, car je suis en possession des documents compromettants, le journaliste Al Khizr Ramdin me suit de Port-Louis à Réduit en moto. À ma sortie des locaux de la commission anticorruption, je lui fais une longue déclaration. Encore une fois, il ne rapporte rien. Il n’explique pas pour quelle raison j’étais là-bas.

À la place, ce groupe de presse a rapporté que Nad Sivaramen a été entendu par l’ICAC et il était avec son avocat. C’était comme si j’étais le suspect. Quand vous faites un show, c’est normal que je ne participe pas. Je n’ai pas confiance en ce genre de journalisme. Il était uniquement intéressé par ma version quand Husein Abdool Rahim s’est rétracté. Quand l’affaire avait éclaté, j’avais expliqué le contexte aux deux journalistes. En vain.

Autre chose, une journaliste de Radio Plus, Adila Mohit, a appelé alors que j’étais chez Me Ashley Hurhangee. Elle voulait que l’avocat dise des choses qui n’existent pas. Le complot n’est pas que politique mais aussi médiatique.

Cette journaliste voulait avoir la peau d’Axcel Chenney. Ce n’est pas du journalisme. C’est un grotesque cover-up. Le summum du ridicule, c’est quand Ravi Rutnah qui est très controversé et qui a été désavoué par la population a proposé de le défendre.

Depuis le début, «l’express» dit avoir soutenu Husein Abdool Rahim. Expliquez-nous en quoi consiste ce soutien ?

 N. S. : Il faut remonter à la chronologie qui a été publiée. Tout cela remonte au vendredi 8 septembre. Plusieurs journalistes de La Sentinelle ont reçu des e-mails de Husein Abdool Rahim, dont Touria Prayag. Cette dernière lui a conseillé de me rencontrer. J’avais rendez-vous avec lui dans l’après-midi du dimanche 10 septembre. Il est venu le matin même. Donc, on s’est vu, et à partir de là, il m’a raconté une histoire.

«Une voiture a été mise à la disposition de Husein Abdool Rahim, il circulait librement. Il est même allé en salle de gym au vu et au su de tous.»

Tenait-elle debout ? À ce moment-là, je ne pouvais le dire. Mais quand il m’a montré les documents en sa possession, j’ai été choqué. Ce sont ces documents qui m’ont fait croire à son récit. Ces documents sont compromettants et accablants. Et quand il m’a dit qu’il était en danger de mort, je l’ai cru en me basant sur les documents qu’il a présentés en originaux.

Yasin Denmamode (Y. D.) : Il faut aussi ajouter le fait qu’il a contacté un hebdomadaire avant. Soit Sunday Times. Sauf que le jour de la publication ne lui convenait pas, il voulait que l’article paraisse un lundi.

A-t-il dit pourquoi ?

Y. D.: Son deadline pour rembourser Sylvio Sundanum était le lundi 11 septembre. Il disait que l’article ne pouvait paraître un dimanche car, selon lui, entre dimanche et lundi, Sylvio Sundanum aurait eu l’occasion de porter plainte contre lui pour escroquerie.

N. S.: J’aimerais ajouter que la rédactrice en chef de Sunday Times, Zahirah Bibi Radha, en guise de solidarité, m’a envoyé des messages que lui a envoyés Husein Abdool Rahim. Ceux-ci démontrent que les allégations de complot ne tiennent pas. Avant qu’il ne contacte l’express, il avait contacté Sunday Times, de même que des hommes de loi, dont Veda Baloomoody et Shakeel Mohamed.

N’empêche que Husein Abdool Rahim a été accusé d’escroquerie. Plusieurs internautes accusent «l’express» de ne pas avoir contre-vérifié des informations et de ne pas avoir agi de manière professionnelle. Estimez-vous avoir failli dans votre devoir en tant que journalistes ?

 N. S. : Pas du tout. Il faut faire la distinction entre les documents et le passé de Husein Abdool Rahim. Même un assassin a droit à la justice. J’ai expliqué dans un article d’opinion qu’il n’est pas un deuxième Sheik Hossen, car il avait des documents sur lui.

«La coupure est survenue avec l’affaire de sextorsion. Il est très important de séparer le Yerrigadoogate quand nous étions à ses côtés et les autres affaires.»

À ce moment-là, tout ce qu’il disait sur le Yerrigadoogate, je dis bien sur l’affaire Yerrigadoo et pas celle de sextorsion, a été soutenu par des documents. D’ailleurs, l’affidavit est soutenu par 33 annexes. Nous avons tout contre-vérifié.

N’avez-vous pas conscience d’être acteur dans cette histoire et que «l’express» pourrait éventuellement être accusé de manquer d’objectivité ?

N. S. : Certainement. Mais toutes les grandes enquêtes contre la corruption demandent de l’engagement. L’express n’était pas le premier choix de Husein Abdool Rahim. Justement à cause de sa crédibilité, plusieurs ne voulaient pas le soutenir. Mais cela veut-il dire que la population n’avait pas le droit de savoir que l’ex-Attorney General a écrit une lettre de caution pour soutenir quelqu’un ayant un passé aussi sombre ?

Les lecteurs ne devaient-ils pas savoir que les amis de Ravi Yerrigadoo ont payé le billet d’avion de Husein Abdool Rahim pour l’emmener à Dubaï, en France, à Genève pour aller à la rencontre de banquiers ? N’est-il pas intéressant de savoir qu’il possède un manuscrit qu’a peut-être écrit Ravi Yerrigadoo et qui donne des instructions claires sur comment ouvrir des comptes à l’étranger ?

 Y. D.: C’est objectif car tout est basé sur des documents. Nous ne disons rien, nous n’avons fait que recouper, contre-vérifier et relayer l’information.

Était-ce à «l’express» de protéger Husein Abdool Rahim ? Pourquoi n’êtes-vous pas allé à la police ?

N. S.: Husein Abdool Rahim accuse deux policiers dans son affidavit. Il n’avait pas confiance en la police et, d’ailleurs, je le comprends. Quand on s’attaque à un Attorney General, on ne pense pas aller à la police…

Y. D.: Et d’autre part, il a lui-même exprimé des craintes par rapport à sa sécurité. Ses proches nous ont envoyé des messages nous disant qu’ils ne sont pas en sécurité.

N. S. : Nous sommes même allés à la rencontre de sa famille avant de lui proposer un abri.

«Toutes les grandes enquêtes contre la corruption demandent de l’engagement.»

Auriez-vous agi différemment s’il ne s’agissait pas de «faire tomber» un politicien ?

N. S. : La motivation première n’était pas cela. On aurait fait pareil pour n’importe quelle personne détenant un document accablant, où il y a un passe-droit contre un politicien ou autre. Nous avons été choqués par ces deux lettres attribuées à Yerrigadoo, ce sont ces documents qui nous ont motivés.

Comment Roshi Bhadain est-il entré en scène ?

 N. S. : Nous avons demandé à Husein Abdool Rahim de choisir son avocat. Il était déjà en contact avec Shakeel Mohamed. Yasin l’y a accompagné.

Y. D. : Shakeel Mohamed a expliqué que c’est un cas intéressant, explosif. Mais vu que cela concerne l’ICAC, il ne pourrait le prendre car il siège au comité parlementaire de la commission anticorruption. Il a ajouté qu’il y a un consensus entre tous les membres qui y siègent de ne prendre aucun cas qui a trait à l’ICAC.

Il a avancé un autre argument : celui de ne pas pouvoir poser de question parlementaire sur cette affaire s’il défend Husein Abdool Rahim. Toutefois, il a suggéré d’autres avocats. Mais le premier choix de Husein Abdool Rahim était Shakeel Mohamed.

Que s’est-il passé quand Shakeel Mohamed a refusé de prendre l’affaire ?

Y. D.: Quand on a quitté Shakeel Mohamed, Husein Abdool Rahim a suggéré le nom de Roshi Bhadain. Nous étions toujours en voiture.

Donc, Roshi Bhadain a bien été choisi par Husein Abdool Rahim ?

 Y. D. : Oui, c’était son choix. Il a cité son nom. Nous avons appelé Bhadain, il nous a reçus chez lui.

N. S. : D’ailleurs, il avait déjà contacté Akilesh Deerpalsing via Facebook depuis le vendredi 8 septembre.

Y. D. : Oui c’est exact, il avait contacté Akilesh Deerpalsing avant même de nous avoir rencontrés.

N. S.: Nous l’avons accompagné chez Roshi Bhadain. Il était en campagne mais a quitté sa fonction à Beau-Séjour pour nous recevoir. En voyant les documents, il était choqué. Il a contre-interrogé Husein Abdool Rahim en notre présence.

Pourquoi avoir emmené Husein Abdool Rahim chez l’un de vous ?

 N. S.: Husein Abdool Rahim était assez confus. Son discours était assez décousu, enn bout par si, enn bout par la-ba. Il y avait un gros travail de remise en ordre à effectuer.

 Y. D. : En quittant le domicile de Roshi Bhadain, Husein Abdool Rahim s’est rendu chez Axcel Chenney pour faire état du récit en ordre chronologique. Vu que nous sommes tenus par le deadline, pendant ce temps, je suis passé au bureau pour rédiger l’article qui paraît le lundi 11 septembre. À 23 h 45, Axcel Chenney et Husein Abdool Rahim reviennent au bureau. À 00 h 30, Nad nous demande de venir chez lui car il ne pouvait pas quitter sa maison.

N. S. : Ma fille de trois ans dormait. Comment voulez-vous que je séquestre quelqu’un alors que ma fille était avec moi ? Il fallait faire vite. Si on n’agissait pas vite, on courait la possibilité que l’on essaie d’acheter le silence de Husein Abdool Rahim et que l’affaire ne sorte jamais.

Le «dénonciateur» a dit en direct à la radio qu’il a été séquestré pendant deux jours par vous et qu’il n’a pu quitter les lieux…

 N. S. : Il n’a pas été séquestré mais il fallait terminer un travail. Il y avait urgence.

Y. D.: Cela dit, après le travail, il est venu dans les locaux de La Sentinelle. Nous sommes allés voir sa famille, une voiture a été mise à sa disposition, il circulait librement. Il est même allé en salle de gym, au vu et au su de tous. C’est une accusation ridicule.

Êtes-vous allés au-delà de votre rôle de journalistes dans cette affaire ?

 N. S. : Nous avons fait de l’investigative journalism. Nous avons recoupé des informations, contre-vérifié les informations, encadré un whistleblower, l’avons sécurisé… Peut-être que les gens diront que nous sommes allés au-delà, mais nous étions dans les paramètres de notre travail. Nous ne nous sommes substitués ni à la justice – nous sommes allés aux institutions – ni aux hommes de loi – nous avons fait appel à un avoué et à deux avocats. L’affidavit a pris deux jours : la nuit de dimanche, lundi matin et soir et l’affidavit est juré mardi.

Sur Radio Plus, Husein Abdool Rahim a dit que l’idée de faire un affidavit a été évoquée par Mes Ashley Hurhangee et Roshi Bhadain mais le contenu a été rédigé par Nad Sivaramen, Axcel Chenney et Yasin Denmamode. Est-ce vrai ?

N. S. : Ashley Hurhangee n’était pas encore dans le coup. Nous avons fait appel à lui après.

Y. D. : Il faut faire très attention lorsqu’on parle de rédaction d’affidavit. Celle-ci est un long travail. Nous avons simplement établi l’ordre chronologique des dires de Husein Abdool Rahim pour faciliter le travail de l’avoué. Nous avons listé chaque point pour que l’avoué ne soit pas confus. Mais l’affidavit lui-même a été fait par l’avoué.

 N. S. : Nous avons voulu connaître la véracité de ses propos. À chaque fois qu’il disait quelque chose, nous l’interrompions pour demander des preuves que nous avons présentées comme des annexes. Nous avons mis de l’ordre. Nous avons établi les points de l’affidavit. Mais nous ne sommes pas avoués. Nous n’avons pas retenu les dires qu’il n’a pu prouver, il fallait que tout soit evidence-based. Nous avons fait un travail journalistique et tout vérifié. Par exemple, il nous a dit que les amis de Ravi Yerrigadoo ont payé son billet pour Dubaï. Nous lui avons demandé des preuves, il nous les a montrées.

Husein Abdool Rahim précise que dans son affidavit, il y a également de fausses informations notamment celles liées aux affaires de blanchiment d’argent avec Sylvio Sundanum. Vos réactions ?

N.S.: Nous avons des documents montrant qu’il a voyagé avec eux pour rencontrer des banquiers à Dubaï et en Suisse. Il y a aussi des preuves démontrant qu’il a pu aller en Suisse même s’il y avait une restriction sur ses déplacements. Nous sommes en possession des cartes de visite des banquiers qu’ils ont rencontrés.

Y. D.: Comme nous l’avons dit, il y a la mise en place d’une structure pour le blanchiment d’argent. C’est cette structure que nous avons mentionnée dans nos articles.

Il dit qu’il ne savait pas ce qu’il y avait dans l’affidavit. Est-ce possible ?

N. S.: Ce n’est pas plausible. Avant que Me Nunda Hurhangee, l’avouée, signe l’affidavit, elle a lu le document à Husein Abdool Rahim. C’est quand il était d’accord que l’avouée a signé. Nous avons pris une autre précaution. Quand nous étions en cour, le Chief Court Officer a lu l’affidavit ligne par ligne et il lui a expliqué en créole son contenu tout en lui demandant s’il accepte ce qui a été écrit. C’est un exercice qui a pris une heure. Même le ministre Étienne Sinatambou qui était sur place a dû attendre. Nous avons pris cette précaution en raison de son passé.

Y. D.: En sortant de la cour, il a envoyé un SMS à Ashley Hurhangee pour le remercier ainsi que son épouse. Je ne pense pas que si c’était sous pression ou s’il avait juré des choses qu’il ne comprenait pas, il allait remercier un avocat et une avouée.

Husein Abdool Rahim a-t-il été forcé de signer l’affidavit ?

 N. S.: Il ne peut pas venir dire qu’on l’a forcé à signer le document. Cela a été fait devant l’avouée. Nous avons justement imprimé ses annexes que nous avons déposées à l’étude de l’avouée. Ce sont ses assistants qui ont tout mis en ordre. L’affidavit a été imprimé chez Me Nunda Hurhangee.

 Y. D. : C’est faux de dire qu’il y a eu pression. Il était volontaire pour tout nous raconter pendant deux jours.

Vous l’avez donc accueilli à la rédaction de «l’express» où il marchait librement…

 N. S. : Tout le monde l’a vu à l’express. Il a pris des photos dans le jardin. Il parlait à tout le monde. Il a même fait une interview en direct diffusée sur le Web où tout le monde l’a vu libre. Il faisait le va-et-vient. Il venait nous voir et nous l’avons bien accueilli. C’est ridicule de dire qu’il a été séquestré.

Il vous accuse ainsi que Roshi Bhadain de l’avoir manipulé. Un commentaire ?

 N. S.: Si l’aider veut dire manipuler. Je ne le connaissais pas. Il est venu me voir dimanche pour me dire qu’il est en danger de mort.

 Y. D.: Manipuler dans quel sens ? C’est lui qui est venu nous voir pour tout déballer.

Il vous accuse de l’avoir lâché juste après qu’il a juré l’affidavit. Quelle est votre explication ?

 N. S.: Après avoir juré l’affidavit, il nous a dit qu’il a peur de rentrer chez lui. Nous avons payé un hôtel pour son hébergement et sa sécurité. Pas plus tard qu’hier (NdlR, mercredi 20 septembre), nous avons déjeuné avec lui. Il y avait Yasin Denmamode, Axcel Chenney, Touria Prayag, Ashley Hurhangee et moi-même.

Y. D. : Si on l’avait lâché, il ne serait pas dans les locaux de l’express tous les jours.

Pour quelle raison selon vous a-t-il retourné sa veste ?

N. S. : La coupure est survenue avec l’affaire de sextorsion. Il est très important de séparer le Yerrigadoogate quand nous étions à ses côtés et les autres affaires. Quand nous avons mis le nez dans l’affaire de sextorsion, nous avons découvert que ses récits ne tiennent pas. Son ancien avocat a aussi étudié l’affaire et a découvert qu’il ment.

Nous avons pris nos distances. Nous ne pouvions pas lui faire confiance sur cette affaire parce qu’il n’y avait pas de preuves. C’est uniquement sur cette affaire que nous avons préféré nous mettre à l’écart. À partir de ce moment, il a commencé à nous faire chanter.

Il a même menacé de se suicider. Il m’a dit que les documents qu’il nous a remis coûtent beaucoup d’argent. Je lui ai dit que les documents sont à la commission anticorruption. Le chantage était un jeu auquel nous ne pouvions participer. Son avocat est parti et il en voulait un autre.

Y. D.: Nous ne l’avons pas soutenu dans l’affaire de sextorsion parce qu’il a menti.

Il vous accuse d’avoir orchestré un complot pour faire tomber Ravi Yerrigadoo. Qu’avez-vous à dire ?

N. S. : En regardant ce document, je savais qu’il y a une très forte chance que Ravi Yerrigadoo allait tomber. C’est ce que je lui ai dit. Et la semaine dernière, je lui ai déclaré : «To pe vinn enn star, tou dimoun pé koz twa.» Je ne suis pas parti le voir pour fabriquer des documents afin de faire tomber Ravi Yerrigadoo.

En regardant, le sequence of events et le nombre de personnes qu’il a contactées avant nous, je constate que cela ne tient pas la route. Ravi Yerrigadoo a reconnu avoir signé la lettre. Il y a aussi des photos qui ne mentent pas.

Ce n’est pas moi qui ai forcé Ravi Yerrigadoo à démissionner. J’ai dit à Husein que ses documents allaient faire tomber l’Attorney General. C’est du jamais vu. Il y avait des lettres avec des instructions. Ce n’est pas l’express qui a fait tomber Ravi Yerrigadoo.

N’empêche qu’il a dit que «l’express» voulait la tête de Ravi Yerrigadoo…

 N.S : L’express veut la tête des pourris de Maurice. Nous ne pouvions pas nous asseoir sur ces documents. Nous avons fait notre devoir en allant aux institutions concernées.

Quelle est votre analyse de la déclaration de Ravi Yerrigadoo à la radio ?

N.S : Nos textes sont basés sur des documents. Il vient dire que la vérité a triomphé. De quelle vérité parle-t-il ? Où est son contre-affidavit ? C’est un spectacle à la radio comme un film de Bollywood avec des pleurs. C’est ridicule. Il joue un jeu dangereux en mêlant la religion à cette affaire. Attaquez-nous sur les documents. Et pas de diversion.

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Il s'est retrouvé impliqué dans une affaire de blanchiment d'argent allégué. En trois jours, les révélations de Husein Abdool Rahim ont eu raison de Ravi Yerrigadoo. Le Premier ministre n'a pas eu d'autre choix que de demander à l'Attorney General de step down, le mercredi 13 septembre. Mais le «dénonciateur» est revenu sur ces propos accusant l'express et Roshi Bhadain d'avoir initié un complot pour faire tomber Ravi Yerrigadoo.

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