Viré Mam, Manzé Mam (Aster koumans) Bouré Mam !

Avec le soutien de

On peut découper cette présente législature de Lepep en trois périodes distinctes. D’abord, il y a eu l’euphorie du Viré Mam, tel un clip devenu viral, pour chasser Navin Ramgoolam et sa bande du pouvoir. Par la suite, après seulement 5-6 mois à la tête du pays, l’on a vu naître et grandir l’appétit du nouveau pouvoir et de son entourage gourmand ; c’est la période (qui se poursuit du reste) du Manzé Mam. Depuis Barkly, nous sommes entrés dans l’ère : Bouré Mam.

1) Viré Mam. Fort de sa majorité écrasante et de sa victoire inespérée (d’où son impréparation), le gouvernement Lepep a mis son slogan en action. Avec beaucoup de précipitation, il a tout renversé, en commençant par l’empire BAI, que ses membres ont dépecé comme des vautours. Certes, la bulle BAI allait exploser tôt ou tard, mais la manière de faire des Lutchmeenaraidoo-Bhadain-Collendavelloo- Duval a été brutale, revancharde, sans réflexion ni transparence. La commission d’enquête sur Britam, mise sur pied pour pourrir Roshi Bhadain, et la résiliation du contrat Betamax illustrent l’à-peu-près du gouvernement Lepep dans ses agitations pour renverser la table des gains sur les bailleurs de fonds du régime travailliste. Les Ah Teck ont compris cela et se sont écrasés face aux nouveaux princes.

Ainsi, l’économie en a pris un coup. Le moral des investisseurs, qui ont eu peur de cette façon de faire du gouvernement, a plongé. Le moral dans les affaires n’est jamais remonté depuis. C’est dire l’impact. C’est pour cela qu’il nous faut oublier une croissance économique qui dépasserait les 5 % – d’autant que le Metro Express semble être bien parti pour être un flop économique – un peu comme c’est le cas à Édimbourg ! Bien sûr, Georges Chung nous dira le contraire, avec ses prévisions optimistes. Mais nous, même si nous avons accueilli le projet (long overdue) d’un mode alternatif de transport, nous ne pouvons aujourd’hui qu’afficher notre pessimisme grandissant, surtout eu égard à la façon déréglée dont ce projet est mené par le trio infernal Bodha- Sinatambou-Collendavelloo !

2) Manzé Mam. À partir d’avril 2016, nous avons commencé à vivre la période de transition. Le peuple a compris qu’il a été berné en voyant l’appétit du pouvoir. Ressortons, si vous le voulez bien, la liste de mangeurs professionnels : nomination du fils de Raj Dayal à la tête du Conciliation Service de la fonction publique ; nomination controversée de Vijaya Sumputh à la tête du Trust Fund for Specialised Medical Care (avec des revenus allant jusqu’à Rs 323 200 par mois) ; recrutement de la fille de la Speaker comme CEO de la SLDC ; démission de Pravind Jugnauth après avoir été reconnu coupable dans l’affaire MedPoint ; confusion des rôles des ministres (dont Roshi Bhadain) dans l’enquête sur Dufry-Frydu à la résidence de l’Attorney General à Belle-Rose ; factures impayées de Showkutally Soodhun ; implication du ministre Gungah dans l’affaire NTA ; comparutions régulières de Prakash Maunthrooa, Senior Adviser au PMO, dans le cadre de l’affaire Boskalis ; enquête toujours en cours de l’ICAC sur le projet de Yihai au Domaine Les Pailles (…) ;

(…) emprunt en euros du ministre des Finances auprès de la State Bank pour spéculer sur l’or ; commande de Raj Dayal pour des «bal kouler» dans le cadre de la fête Holi ; auto-recrutement de Youshreen Choomka à l’Independent Broadcasting Authority ; nomination de Christelle Sohun à l’Independent Review Panel puis comme ambassadrice de Maurice en Australie (de quoi donner des idées à Anil Gayan pour sa Vijaya) ; bras de fer entre le DPP et le gouvernement sur toile de fond des procès à la fois contre Navin Ramgoolam et Pravind Jugnauth ; frais pour Stree Consulting pour la mortnée Heritage City ; salaires de Gérard Sanspeur ; contrats de Wenda Sawmynaden ; frais indécents du beau-frère et cousin de Nando Bodha, en l’occurrence Me Kailash Trilochun, dans l’affaire Emtel que l’État a perdue… La liste est longue. Faute de place, je préfère m’arrêter ici pour aujourd’hui...

3) Bouré Mam. Après tout cela, l’alliance Lepep a rapidement atteint un niveau d’insatisfaction record. Et c’est pour cela en grande partie que le projet Metro Express va buter contre les citoyens qui sont aujourd’hui allergiques aux propos, ton, gestuelle des personnages coupés de la réalité du terrain, à l’instar d’Ivan Collendavelloo, d’Anil Gayan et d’Étienne Sinatambou. Ce dernier, devenu un clown à Barkly, ne fait même plus rire. Il a osé dire qu’il ne s’est pas sauvé face aux habitants alors que les images et la foule témoignent du contraire. Pour nous, c’est simple, qu’il nous prouve le contraire ! Défi : pourquoi Sinatambou n’irait pas, disons cet après-midi, se promener dans les rues de Barkly. Je suis sûr qu’il recevra un accueil qu’il n’oubliera pas de sitôt. S’il n’a vraiment rien à craindre, c’est ce qu’il devrait faire…

En fin de compte, alors que le tram peine à sortir de gare, Bodha a tout compris, il préfère «go home». Sinatambou a inauguré la période Bouré Mam – et pour paraphraser notre collègue Anju Ramgulam lékours fini largé aster

Publicité
Publicité

Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires