Bâtiments: les mauvais constructeurs devront se tenir à carreau

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Les entrepreneurs devront se plier au code de prévention des incendies, entre autres.

Les entrepreneurs devront se plier au code de prévention des incendies, entre autres.

Des fissures au mur, un toit qui menace de s’effondrer, des normes de construction pas respectées… Les mauvais constructeurs sont prévenus. Le ministère des Infrastructures publiques a récemment signifié son intention de les mettre devant leurs responsabilités à travers la mise sur pied d’un Building and Control Office (BCO). Celui-ci devrait entrer en opération avant la fin de l’année. Les propriétaires de maisons ou autres bâtiments qui se sentent lésés pourront y porter plainte contre les entrepreneurs.

Ce bureau sera composé de professionnels de l’industrie du bâtiment. Les propriétaires pourront y faire des réclamations ou trouver un terrain d’entente pour des travaux de réparation. D’ailleurs, en cas de litige entre le propriétaire d’une maison et le constructeur à cause d’un défaut de construction, c’est le BCO qui sera appelé à arbitrer et à déterminer si le plaignant a droit à des dommages. Environ 1 500 entrepreneurs en bâtiment seront concernés.

Le BCO sera une entité différente du Construction Industry Development Board, qui est, lui, habilité à retirer de sa liste les constructeurs non performants. La nouvelle instance, elle, opérera d’après les dispositions de la Building Control Act de 2012.

Selon une personne proche du dossier, le BCO veillera aussi à ce que des règlements liés à la construction de gratte-ciel, au code de prévention des incendies, aux normes de construction internationales soient respectés. De nouvelles mesures sont également en préparation à cet effet.

La mise sur pied du BCO ne fait toutefois pas l’unanimité du côté des constructeurs. Pour Bhooshan Ramloll, directeur de l’entreprise Ramloll Bhooshan Renovation and Building Ltd située à Rose-Hill, les autorités auraient dû imposer un système de contrôle durant la période de construction d’un bâtiment et non pas après. «Mettre sur pied un BCO pour vérifier si le travail a été bien fait va ralentir le système», déclare-t-il.

Selon le directeur, le gouvernement devrait mettre en place des mesures visant à faire respecter les termes du permis de construction au préalable. «Il faut imposer des mesures préventives plutôt que d’instaurer un BCO qui va ressembler à une tisane après la mort.»

De son côté, Boopen Doobah, président du Smart Habitat and Construction Club, accueille favorablement l’idée de mettre sur pied ce BCO. D’ajouter qu’il serait toutefois bon que le ministère des Infrastructures publiques réglemente le prix de construction au mètre carré.

Très souvent, dit Boopen Doobah, des personnes font appel à des maçons du quartier pour procéder à la construction d’une maison car le prix est abordable. Or en uniformisant les tarifs, les clients auront affaire à des maçons certifiés, qui ne sont pas chers, et qui peuvent être tenus responsables s’ils ne sont pas satisfaits.

Boopen Doobah, qui représente aussi un groupe de petits entrepreneurs en bâtiment, affirme qu’à l’avenir tous les maçons devraient être certifiés à travers des cours de formation. Ils seront ainsi dans une meilleure position pour se familiariser avec le type de matériaux de construction qu’ils doivent par exemple utiliser pour qu’une maison résiste au passage du temps.

Deux mesures en préparation

Le ministère des Infrastructures publiques envisage de faire passer deux mesures pour le secteur de la construction. La première est la possibilité qu’un permis de construction soit obtenu en ligne et la seconde, que les conditions attachées au permis soient respectées. Celle-ci s’avère nécessaire car nombre de propriétaires terriens sont confrontés aux problèmes du non-respect de la distance minimale qui doit séparer deux bâtiments.

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