Mille fois Jugnauth ! (et/ou mille fois Ramgoolam…)

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Entre «1 000 fois Jugnauth !» et «1 000 fois Ramgoolam !», le destin de notre pays, bientôt la cinquantaine, semble bien coincé entre deux dynasties. À tout jamais ?

- Novembre 1995 : une alliance PTr et MMM gagne les élections, les gouvernements issus des urnes en 1991 (MMMMSM) et en 1987 (PTr-MSM-PMSD) ayant été tous deux dirigés par SAJ, c’était clairement : Mille fois Ramgoolam ! (qui n’est, alors, plus tout à fait néophyte et qui passe enfin plus de temps à Maurice qu’en Angleterre…)

- Septembre 2000 : les élections précédentes avaient vu une victoire d’une alliance PTr et MMM avec Ramgoolam comme Premier ministre. Le MMM avait démissionné après quelques mois, après avoir montré le contraste sur le plan du travail. Donc, immanquablement, Mille fois Jugnauth ! (avec ou sans Bérenger…)

- Juillet 2005 : le gouvernement sortant est un gouvernement MSM-MMM, avec une alliance à l’israélienne (trois ans Anerood Jugnauth et deux ans Paul Bérenger). Vous pouvez deviner ? Mille fois Ramgoolam !

- Mai 2010 : Alliance entre le PTr, le MSM et le PMSD, c’est donc : Mille fois Ramgoolam et Jugnauth !

- Décembre 2014 : le Parlement est fermé depuis de nombreux mois à cause de «koz kozé». La route derrière le Swami Vivekananda Centre à Pailles s’est écroulée (la route Terre-Rouge–Verdun, pas encore !). Le pandit Sungkur est installé sur la plage publique de Trou-aux-Biches, Madame Soornack ne paie pas ses loyers, bien installée à l’aéroport où elle est devenue incontournable, Woochit s’incruste chez les gardes-côtes, Gooljaury est encore un «ami», la BAI inquiète les milieux avisés mais, pourtant, ni les régulateurs, ni le gouvernement, et un projet républicain ressemble beaucoup à deux costumes taillés sur mesure pour deux chefs qui se toisent, méfiants. Une recette idéale pour susciter : Mille fois Jugnauth !

- Juillet 2017 : deux ans et demi déjà depuis les élections. De nombreux scandales (démembrement de la BAI, Heritage City, Omega Ark, drogue…) et nominations troubles (Choomka, Sumputh, Hanoomanjee…) jalonnent cette période. Trop d’opacité n’a pas aidé (pas de «Freedom of Information Act», pas de «Cost & Benefit Analysis» singapourien pour le métro, l’accord avec l’Inde sur Agalega pas publié…) Les promesses non tenues (méritocratie, financement des partis politiques, réduction de la dette publique, miracle économique, écoles de foot pilotées par West Ham !…) aggravent la situation. Une recette idéale pour susciter mécaniquement : Mille fois Ramgoolam !

Arrêtons ici cette triste valse à deux temps pour aujourd’hui.

Comment appellerait-on, déjà, une personne (ou un électeur) qui, circonstance après circonstance (élection après élection), a la bonne réaction de rejeter ce qui cloche, mais de reprendre, pourtant, les mauvaises habitudes dont il s’était bien débarrassé de manière résolue, la fois précédente ?

Quelqu’un qui souffre de perversion obsessionnelle ? Du syndrome de Peter Pan ? Un schizophrène ? Un écervelé ?

C’est comme si d’une résolution de Nouvel an à une autre, on cessait de fumer pour reprendre l’alcool que l’on avait, l’année précédente, pourtant mis de côté pour remplacer par de la fumée…

Quel est donc ce «destin» qui réclame qu’au-delà du rationnel, ce soit inévitablement la peste ou le choléra ou la cigarette ou l’alcool ? (ou les 2 !)

Ce destin n’est sûrement plus le mien ! Est-ce le vôtre ?
 

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