Notre chemin de faire (et de parfaire)…

Avec le soutien de

…Parfaire dans le sens où, maintenant que le contrat du projet, faussement nommé «Metro Express», est signé, il importe de s’élever au-dessus de la mêlée politicienne et de nous atteler, tous, comme des Mauriciens ayant compris l’ampleur financière et économique du projet qui nous lie avec Larsen & Toubro et l’Inde, afin de terminer dans tous les détails un travail déjà commencé désormais, en lui donnant les dernières finitions pour qu’il réunisse toutes les qualités souhaitables. Et évite tous les gouffres financiers, ou les ralentisseurs d’une opinion réfractaire au développement ainsi que les écueils d’une mauvaise gestion du projet lui-même.

L’express, pourtant taxé de «passéiste» par le Premier ministre Pravind Jugnauth à Rivière-du-Rempart, parce que nous critiquons trop souvent son action et sa vision gouvernementales, a lancé un appel hier, pour dépolitiser le projet de mode alternatif de transport, le Tramway de Maurice.

«Gardons-nous de hurler avec les loups qui font de l’opposition systématique à tout projet de développement. N’oublions pas qu’hier, certains Mauriciens réactionnaires étaient contre notre autoroute M1, contre notre université de Réduit, contre notre cybercité sur les terres d’Illovo (…) Essayons, donc, de dépolitiser ce projet de transport alternatif, le plus gros jamais réalisé en termes financiers à Maurice, un projet qui peut potentiellement changer la face de notre pays – s’il est bien mené !»

Puisque le Tramway de Maurice mérite d’être au-dessus des sensibilités politiques, pourquoi ce gouvernement (soi-disant) Lepep, qui a le Pouvoir, n’inviterait-il pas toutes les voix critiques et légitimes, comme disons celles, dans le désordre, de Gessiyka Frivet (porte-parole du Front commun du syndicat des transports), Rama Sithanen, Paul Bérenger, Anil Bachoo, Navin Ramgoolam, Xavier Duval, Jayen Chellum, Roshi Bhadain, Daniel Assy, Pierre Dinan, ainsi que des experts d’ailleurs, à se constituer en comité national de surveillance du projet de tramway ? Pourquoi pas. Ils pourraient être les superviseurs nationaux de concert avec les hauts fonctionnaires. Ce sera une belle leçon de démocratie pour un pays qui n’a que ses ressources humaines, au final, pour se reposer et se repenser. Si on accordait tous nos violons, tout le pays gagnerait en perfection. On pourrait démontrer, à l’aube de nos 50 ans, dans un élan patriotique inédit, de «faire», sur notre capacité à organiser, voire ordonner notre pays.

La victoire devant l’ONU, qui était belle et bienfaisante, et le mode de transport alternatif sont deux projets nationaux, qui requièrent une synergie patriotique. Notre défi, c’est de nous élever au-dessus de nos ego politiques ou autres et de plancher ensemble sur le développement autour du projet de Tramway. Car après Pravind Jugnauth (tout comme après tous les autres), vous et moi, et nos enfants, serons toujours là, à payer et à bénéficier du développement géré par les autres, qui s’en mettent plein les poches…

Nous ne sommes, souvent, pas fiers des politiciens qui nous gouvernent – bien souvent avec raison. Ils ont tous cette tendance à céder aux sirènes du népotisme, ou du «noubanisme». Et à diviser la population. Pendant ce temps, le temps passe, nous aurons bientôt 50 ans, et tous ceux qui ont une voix citoyenne, comme vous et moi, finissent par soit mourir ou tomber, au mieux, dans l’attentisme, au pire dans le fatalisme, d’un pays, insulaire, où certains se prennent encore pour des rois Soleil avec notre argent…

Après quelques menaces en l’air ou sérieuses et plusieurs actes d’intimidation, du haut d’une boîte à savon politique, ou du Prime Minister's Office, certains veulent nous faire taire, ou nous faire céder au pessimisme, en oubliant notre mission, qui est de pousser pour un développement intégral et intégré de Maurice – en veillant à ce que les gestionnaires restent intègres. Nous ne sommes pas impressionnés ni par des Mentors, encore moins par des Minors, qui nous attaquent comme si nous sommes des adversaires politiques, parce que nous avons, dans notre rôle d’éditorialiste, simplement posé la question qui fâche : «Mille fois Ramgoolam ?»

Nous pensons que c’est au peuple de juger, pas nous, simples journalistes, essayant modestement d’opérer dans un registre de contre-pouvoir démocratique, en toute indépendance, en respectant les paramètres de la loi. On oublie trop souvent que le peuple demeure le propriétaire et employeur de Lepep ou de tout autre gouvernement. C’est à ce peuple que l'express répond – depuis 54 ans. Et c’est pour lui que nous écrivons et publions…

* * *

On dit que sir Anerood est souffrant. On lui souhaite prompt rétablissement. À son âge, c’est un peu normal de tomber malade un peu plus souvent qu’Emmanuel Macron (pourtant en chute dans les sondages). Mais l’état de santé de Jugnauth Mentor, même si privé à bien des égards, a une dimension publique et une incidence politique directe. Si, pour une raison ou pour une autre, le ministre Mentor ne peut plus remplir ses fonctions de député, la question d’une partielle, une autre, au n° 7 pourrait se poser. D’où l’attention que porterait déjà son fils, le PM, à la circonscription de son père, où il est allé jusqu’à flatter Ivan Collendavelloo et Ravi Rutnah alors qu’il s’attaquait à l’auteur de ces lignes. Le leader du MSM doit le savoir malgré tout ce que lui raconte sa cuisine : il lui serait difficile, voire impossible, de gagner non pas une, mais deux partielles avec son leadership à tâtons… Le pays vit des moments difficiles déjà. Mais tout porte à croire que les choses n’iront pas en s’améliorant, avec le temps…

Et après la question «Mille fois Ramgoolam ?» qui a fâché, mais qui aurait fait sourire Navin Ramgoolam, et qui aurait froissé Paul Bérenger, posons une autre question cruciale, mais qui ne va certainement pas faire plaisir : au vu et au su de tous les événements depuis le passage du bâton entre les Jugnauth : avons-nous, réellement, un PM aux commandes ? La question est d’autant plus importante puisqu’il nous semble de plus en plus que nous n’avons pas, en Mario Nobin, un vrai commissaire de police aux Casernes centrales !

Lire aussi l'éditorial de samedi: Notre chemin de faire...

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