Psychologie: Showkutally Soodhun a-t-il perdu la raison ?

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Le ministre du Logement et des terres est un adepte des déclarations sujettes à polémique.

Le ministre du Logement et des terres est un adepte des déclarations sujettes à polémique.

L’enquête sur les menaces de mort proférées par Showkutally soodhun à l’encontre de Xavier Duval a débuté. Le vice-Premier ministre s’est rendu aux Casernes centrales, lundi 31 juillet, à son retour au pays, pour donner sa version des faits. Après trois heures d’interrogatoire, il a été autorisé à rentrer chez lui. A sa sortie des casernes, il a déclaré : «Je suis venu directement de l’aéroport. J’ai donné ma version à la police et je la laisse travailler en toute indépendance. Xavier Duval prendra l’entière responsabilité de ses accusations.»

Showkutally Soodhun n’en est pas à son premier coup d’éclat. Mais ses menaces verbales à l’encontre de Xavier-Luc Duval et son retournement de veste et de langue semblent être la goutte de trop. Contrairement aux autres fois, ses déclarations, souvent «farfelues» n’ont pas fait rire et plusieurs dépositions ont été faites contre lui. D’ailleurs, Rajah Mahadewoo, qui a aussi déposé une plainte, a mis en cause la santé mentale du n°4 du gouvernement. Nous avons essayé d’en savoir plus sur le personnage, avec l’aide de quelques professionnels…

Est-ce que le vice-Premier ministre souffre de schizophrénie ? Il y a quelque temps, il affirmait haut et fort que Xavier-Luc Duval était son «frère». Cela, après qu’il a fustigé le leader du PMSD, qui avait «osé» faire installer des banderoles à l’occasion de l’Eid. Qu’en pensent les psychiatres ? 

Avant même qu’on ne lui pose la question, le Dr Anil Banymandhub avait deviné l’objet de notre appel. Et de lancer un tonitruant : «Soodhun n’est pas apte à diriger !» Le psychiatre dit ne pas savoir si le vice-Premier ministre «fonctionne normalement» car, si l’on se fie à ses nombreuses frasques, il fait preuve d’un manque de bon sens digne de ce nom.

Il y a deux cas de figure possibles, souligne le spécialiste des neurones. «Si Showkutally Soodhun souffre d’un trouble mental quelconque, cela représente un danger. Dans ce cas, il n’est pas apte à être un Senior Minister. Mais les soins sont au point dans le domaine, ça pourrait l’aider.» La deuxième possibilité est la pire, selon lui. «Il se peut qu’il ne soit pas malade. Ce qui, là, est bien plus dangereux !» Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de remède contre la connerie ?

Pour en avoir le cœur net, le Dr Anil Banymandhub propose d’ausculter le vice-Premier ministre bénévolement, sur une base humanitaire. Quoi qu’il en soit, pour l’expert en psychiatrie, une personne «normalement constituée», qui plus est un politicien, doit garder en tête les événements de 1967 (NdlR, les bagarres raciales) qui ont mis le pays à feu et à sang. Chose que Showkutally Soodhun, qui évoque le djihad, semble avoir oublié.

Sinon, qu’est-ce qui explique ses déclarations farfelues, risibles, contradictoires, ses volte-face ou encore son côté Dr Jekyll et M. Hyde ? Est-ce qu’il y a plusieurs personnes dans sa tête ? Un profiler a accepté d’en parler.

Durant sa carrière, ce spécialiste du comportement a eu affaire à plusieurs «fous dangereux». Du personnage narcissique en passant par les manipulateurs et les paranoïaques. Dans quelle catégorie se classe le ministre du Logement et des terres ? «C’est quelqu’un qui n’arrive pas à gérer sa vie telle qu’elle est. Il faut comprendre ce type de personnage. Il est passé par toutes les étapes qu’une vie peut proposer avant d’arriver à son poste actuel. Il y a des gens qui peuvent s’adapter et d’autres pas.»

Showkutally Soodhun, explique-t-il, a commencé sa carrière comme «rat catcher» à l’hôpital Jeetoo. Ce poste a disparu lorsque les chats ont envahi les lieux, et il a été muté à la réception. De là, il est devenu syndicaliste, il a été emprisonné, est devenu membre du MSM, ministre, a fait partie de l’opposition, est devenu vice-Premier ministre et Premier ministre par intérim… Pour s’adapter à ces changements, il faut un mental solide, ce qui n’est visiblement pas le cas du ministre, fait valoir notre expert. Ce qui donne lieu à des déclarations fracassantes, des accès de colère et des paroles irréfléchies.

D’autre part, il n’y a pas que le discours du n°4 du gouvernement qui interpelle. Le langage corporel de Showkutally Soodhun n’a pas laissé insensibles les experts en synergologie (NdlR, interprétation du langage corporel). Alexandre Barbès-Pougnet, juriste et synergologue, analyse le personnage depuis longtemps. «Il y a une chose que fait souvent le vice-Premier ministre : il pointe le doigt vers le ciel. Ce geste n’est pas anodin.» Les extrémistes religieux de tout bord en font de même. «Cela signifie que la punition divine s’abattra sur le monde. Chez l’homme politique, c’est une expression de la pensée. Plus l’index est haut, plus le discours est agressif. Cela donne aussi l’impression à l’orateur de donner du poids à son discours.»

Par ailleurs, hormis celle de synergologue, Alexandre Barbès-Pougnet porte également la casquette d’homme politique. Et, à ce chapitre, il a aussi une analyse du discours du n°4 du gouvernement MSM/ML. «L’utilisation constante d’un discours ferme, dictatorial, avec un usage gradué de la violence en dit long.» En science politique, ajoute-t-il, ce type de discours est utilisé par les chefs de régimes totalitaires, dans lesquels l’usage de la menace ou de la force physique, de la répression par la violence, constitue l’ultime solution contre l’opposant.

Alexandre Barbès-Pougnet conclut en disant que Showkutally Soodhun traverse une phase où il ne met plus son ego au service des projets d’un gouvernement. Mais les projets d’un gouvernement au service de son ego… Ce qui le rend encore plus dangereux.


Et si le problème se situait ailleurs ? 

Puisqu’il faut bien explorer toutes les pistes, nous avons également sollicité l’avis du Dr David Goulois, sur le «cas Soodhun». Le psychologue clinicien, psychothérapeute, psychopathologiste et sexologue, basé à Saint-Denis, à l’île de la Réunion, peut-il nous dire d’où vient le problème ? Des problèmes d’ordre sexuels, par exemple, peuvent-ils occasionner des accès de colère, des actions et déclarations impulsives ou autres problèmes similaires? Selon lui, toute insatisfaction ou frustration sexuelle peut générer un sentiment de colère qui, parfois, peut s’exprimer à travers la violence verbale, voire physique. «Toutefois, l’on constate que l’impulsivité, qui est souvent signe d’un trouble de la personnalité, est aussi en lien avec une éducation reçue, peu axée sur la communication de ses émotions», précise-t-il. Tout en ajoutant qu’il n’est pas «cliniquement normal» qu’un individu n’arrive pas à canaliser sa frustration…

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