Mare-Chicose: sa vie aux côtés des ordures

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La petite case en tôle d’Ishwardutt Cheetoo, faite de bric et de broc.

La petite case en tôle d’Ishwardutt Cheetoo, faite de bric et de broc.

Les voisins d’Ishwardutt Cheetoo ont pour noms saletés et ordures. Cela fait 35 ans que le vieil homme, aujourd’hui âgé de 63 ans, habite là, à Mare-Chicose, à quelques pas du centre d’enfouissement, dans sa petite case en tôle, faite de bric et de broc. Et il en a marre. «Le gouvernement ne nous écoute pas», lance-t-il sur un ton las. Tout comme les 22 autres familles, il attend de pouvoir respirer un peu d’air frais. La puanteur, il en a assez, dit-il.

Au fil du temps, 90 % des habitants de la localité ont plié bagages. Ils ont rallié, Marie-Jeannie, petit village de Rose-Belle. Où ils ont obtenu des terres de l’État. Ishwardutt, lui, n’a pas eu cette chance. «On m’avait promis une compensation en septembre 2008, mais je ne vois rien venir. J’ai suivi toutes les procédures.» Certes, le terrain sur lequel il a construit sa maison ne lui appartient pas…

Mais l’air vicié n’est pas le seul inconvénient, à Mare-Chicose. Les transports en commun sont rares, contrairement aux rats. Et puis, pour se rendre à l’école, parfois, des enfants s’accrochent aux camions-bennes, qui font le va-et-vient au centre d’enfouissement. La faute aux transports en commun qui semblent avoir développé une allergie à l’endroit. «Nou finn ékrir NTA ki ti avoy so bann inspekter. Mé banla pa mem rantré, zot ress dan lakrwazé, krwaz lébra, nanyé zot pa fer», déplore Ishwardutt. Quid de la réponse du ministère ? «Ils nous ont dit qu’ils travaillaient sur le dossier.»

Atmosphère lugubre

En attendant, les herbes folles ont envahi les autres maisons abandonnées. L’atmosphère est lugubre et la solitude d’Ishwardutt et encore plus lourde à porter. «Cela peut devenir un danger de vivre ici. Nous avons peur. Mon premier voisin habite à un kilomètre de chez moi…»

Le temps aussi ajoute à son malheur. Quand il pleut, la maison du sexagénaire se transforme en passoire. Pour que son matelas ne se transforme pas en pirogue, il y ajoute une housse en plastique, qu’il a bricolée.

Dans un coin de la bicoque, des bruits bizarres se font entendre. Les bestioles rongent le bois, explique le vieil homme, désabusé…

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