H1N1, H3N2: les flu clinics plus remplies que les boîtes de kleenex

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À l’hôpital Victoria, vendredi, la queue grossit au fil des minutes qui s’écoulent.

À l’hôpital Victoria, vendredi, la queue grossit au fil des minutes qui s’écoulent.

On a cherché la petite bête dans les flu clinics. Mais on ne l’a pas trouvée. Que ce soit à l’hôpital Victoria ou à Jeetoo, hormis les minutes d’attente, parfois, la situation au niveau des centres de vaccination était «under control». Undercover, nous sommes allés y faire un tour. Et tâter de l’aiguille.

Vendredi matin. Direction la flu clinic de l’hôpital Dr A.G Jeetoo, à PortLouis. En bons charognards assoiffés de polémiques, on s’attend à voir des yeux injectés de sang, de la colère, de l’énervement, de l’action, des boxeurs piqués par des guêpes. Mais nous restons sur notre faim; point de carcasse dé- chiquetée en vue.

Dehors, assis en rang d’oignon, sages comme des images, des tous petits. Les mamans lionnes veillent sur leurs brebis facétieuses. Il est facile de se perdre dans cette cour qui grouille de monde, de virus et de microbes.

À l’entrée, des nez qui fuient, comme de vieux tuyaux de la CWA. Ils sont parfois cachés dans des mouchoirs, en papier ou en tissus. Une des réceptionnistes a le visage masqué, style «Je sors de la salle d’opération». Allongé sur un brancard, tel un fakir sur son lit de clous, un vieil homme prend son mal en patience. Un proche inquiet tient sa main et ses savates dodo trouées.

Des salles de consultation bondées plus tard, là-bas, tout au fond du couloir de la mort, la morgue. Juste à côté, deux tables et quelques chaises destinées à accueillir ceux qui tâteront de l’aiguille. En face, une file d’attente composée d’une vingtaine de personnes, des jeunes, des vieux, des entre-deux.

Dans les bras de son papa, un bébé. À côté, une fifille, qui pleure de peur. La rencontre avec la piqûre n’est jamais plaisante. «Etaaa get sa baba-la», lâchent, attendris, ceux qui attendent leur tour. À côté du personnel soignant, un policier. Affalé sur une chaise en plastique rouge, comme une glace qui a fondu sur sur son cornet en plein soleil. Il a les yeux qui fixent les patients et l’oreille collée au téléphone portable.

Les choses vont vite, on ne sait pas encore si le vaccin est efficace mais les infirmiers et les infirmières, si. Les noms, prénoms, âges et adresses sont inscrits dans un gros cahier, comme ceux que tiennent les comptables. «Ou lasanté korek ? Pa malad ?» Mentalement seulement. «Pass a koté.»

L’affaire dure 15 secondes et 32 centièmes. À peine le temps de se retrousser les manches, de découvrir le bras, l’aiguille est déjà plantée dedans. En cadeau, pour la route, un souvenir éphémère : un morceau de coton, pour presser sur le bobo. Même pas mal. Derrière nous, la queue s’étire désormais. Nombreux sont ceux qui pensent qu’il vaut mieux prévenir que guérir.

Il y a foule à Candos

Certains grimacent comme Jim Carrey, d’autres affichent un sourire «dékon». Tous se tiennent le bras. Le vaccin est passé par là. À Candos, à l’hôpital Victoria, c’est presque le fancy-fair. La population de la ville des fleurs et des alentours prend racine devant le centre de vaccination. La file indienne zigzague entre les chaises en plastique dans la salle d’attente qui jouxte la réception.

Parmi les prévoyants : Roland et Jean-Claude, deux fringants papys, à qui ont ne la fait pas. Et qui ont décidé de s’attaquer aux virus avant qu’ils ne s’attaquent à eux. Pour ce qui est des maladies, ces vétérans en connaissent un rayon.

«Nou finn profité pou vinn enn kout avan tom malad», lâchent les jeunes premiers, sapés comme jamais. Ou comme toujours. D’ailleurs, nombreuses sont les personnes du troisième âge qui ne souhaitent pas faire de rencontre du troisième type avec le H1N1 ou le H3N2. «Bizin pran plis kont kan ariv nou laz», renchérit une nani fraîchement vaccinée. Qu’en est-il du temps d’attente ? «Enn 30 minit parla.» Les témoins interrogés s’accordent tous à dire que la machine est bien rodée. Pourvu que ça dure.

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Dès l’annonce, de nouveaux cas de la grippe H1N1, l’on s’alarme. Pourquoi ? Maurice a en tête la psychose qui s’était installée en 2009. Puis, en 2013. Faut-il vraiment s’inquiéter? Déjà, le point sur l’évolution de ce virus à Maurice.

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