Bambous-Virieux: les pêcheurs initiés à la culture d’huîtres

Avec le soutien de

Le ministre Von Mally (à g.), le ministre Arvin Boolell, et l’ostréiculteur Jean-Michel Beck (devant à dr.) à l’Oyster Farm au Barachois de Bambous-Virieux hier, jeudi 17 avril. 

«La culture d’huîtres nécessitera beaucoup de main-d’œuvre car les coquillages ont besoin d’une attention journalière. Avec nos projets, les pêcheurs trouveront aussi du travail. Ils pourront notamment apprendre ce métier.» Jean-Michel Beck, ostréiculteur et General Manager, d’AkwaCirné Group Ltd, est celui qui initiera les pêcheurs de Bambous-Virieux à la culture d’huîtres.  C’est ce qu’il a expliqué lors d’une visite officielle à l’Oyster Farm du Barachois, en présence du ministre de la Pêche, Nicolas Von Mally, jeudi 17 avril.

Ce dernier s’est dit très impressionné par ce projet et a ajouté que «c’est une nouvelle porte qui s’ouvre pour les pêcheurs qui souhaitent entrer dans ce créneau. Après les poissons, l’élevage d’huîtres devient une réalité. J’espère qu’un grand nombre de pêcheurs saisiront cette chance. Nous sommes prêts à les encadrer et leur donner toutes les facilités nécessaires. Que ce soit à Maurice, Rodrigues ou St-Brandon».

Arvin Boolell, ministre des Affaires étrangères, a pour sa part souligné qu’il faudrait que ces huîtres soient dotées d’un label propre à Maurice. «Avec la libéralisation et la concurrence à laquelle nous faisons face, il est important de proposer un produit spécifique à l’île Maurice.»

Des pêcheurs rencontrant le ministre Arvin Boolell pour discuter de cette nouvelle opportunité.

Ivan, un pêcheur de la région, se dit, lui «très enthousiaste. C’est une opportunité à saisir car on bénéficiera de l’aide du gouvernement pour apprendre un métier». Les pêcheurs intéressés se sont d’ailleurs rendus au ministère de la pêche vendredi 18 avril afin de discuter des modalités.

Comment élève-t-on des huîtres ?

L’AkwaCirné Group Ltd s’est implantée à Maurice en 2012. Cela, après deux ans de recherches pour voir si les huîtres s’adaptaient au climat mauricien. «Nous faisons éclore nos huîtres en France, dans un environnement stérile, car nous n’avons pas encore d’écloserie à Maurice.»

Des casiers contenant des huîtres qui arrivent à maturité dans le Barachois.

Une fois arrivée dans l’île, ces huîtres sont mises en quarantaine. Elles sont ensuite transférées en Micro-Nursery lorsqu’elles atteignent 4-5 mm. Par la suite, elles sont élevées en mer dans des casiers jusqu’à leur maturité où elles atteignent 7-8 m.«Ces huîtres sont nourries de manière biologique, elles ne nécessitent aucune nourriture car elles puisent tout ce dont elles ont besoin de la mer», précise Jean-Michel Beck.

Des huîtres en Nursery. Elles y sont élevées jusqu’à ce qu’elles atteignent 4-5 cm.

Jean-Michel Beck a bon espoir de pouvoir bientôt faire éclore des huîtres dans les eaux mauriciennes.  «Ce qui réduira considérablement le coût de production et le prix de vente par la même occasion», explique l’ostréiculteur. L’écloserie est une nécessité, souligne-t-il. Car «si les huîtres éclos dans la mer 200 millions d’œufs produits par coquillages seront baladées dans l’eau au gré des courants. Elles mettent trois semaines à se fixer pour grandir. La plupart iront donc vers le large et on les perdra. Une écloserie réglerait ce problème. Economiquement, ce sera plus viable».

 Dégustation d’huîtres en Nursery. Ces huîtres font 4-5 cm.

Jean-Michel Beck explique que «cette espèce d’huîtres, appelée l’huître japonaise (Crassostrea gigas), est comestible tout au long de l’année car elle est non laiteuse et stérile, donc non invasive. Les huîtres mauriciennes, elles, ne sont consommables que de mai à août. Ce sont les mêmes que celles qu’on trouve à Arcachon ou en Bretagne».

Le Barachois où Jean-Michel Beck élève ses huîtres appartient au Restaurant et auberge La Case du Pêcheur qui, bien entendu, propose ces huîtres «fortement appréciées des touristes» dans son menu. Le gérant, Jean-Pierre Rambert, explique qu’il a accueilli cette initiative avec enthousiasme il y a deux ans et que «le fait que cette espèce d’huîtres soit mangeable toute l’année est un plus pour mon établissement».

Le restaurant La Case du Pêcheur, sis à Bambous-Virieux. L’établissement abrite le barachois où les huîtres sont cultivées.

Pour l’ostréiculteur, la prochaine étape sera la production de palourdes, de conocono, entre autres coquillages. Pour l’instant des huîtres, il prévoit d’en produire environ 2 millions cette année, qu’il compte vendre entre Rs 40 et Rs 50 l’unité.

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