Une autre façon d?enseigner la tolérance

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Véronique Barnard a des étoiles dans les yeux. Un état pas étranger au fait d?avoir remporté le concours. «J?étais complètement surprise et hyper émue. Je ne pensais pas que j?allais gagner le prix du fait que je suis une étrangère.» Mais la perspective de prendre l?avion au lendemain de notre entretien avec son mari Jason et Léonor-Jio, leur fille de 11 ans, pour des vacances bien méritées en Thaïlande, y est aussi pour quelque chose. Cela fait huit ans exactement que cette Parisienne de 39 ans et sa tribu ont posé leurs valises à Maurice. Et ceci après avoir donné 12 ans de son existence comme graphiste à Euro RSCG, agence de marketing et de publicité française du groupe Havas. Leur désir d?aller voir ailleurs leur est venu graduellement. Jason, qui est contrebassiste dans un groupe de rock alternatif aux bases irlandaises et créateur d?une société d?édition de musique, et Véronique décident d?abord de réunir leurs compétences. En 1998, ils créent www.uptoten.com, site pédagogique interactif pour enfants de 0 à 10 ans dont les principaux protagonistes sont Boowa, un chien bleu et Kwala, un koala jaune, qui vivent dans une île magnifique appelée Ile du Milieu. Ils vivent toutes sortes d?aventures. Sur le site, les enfants peuvent trouver une saynète, une chanson, deux jeux interactifs et une activité manuelle. L?objectif étant d?initier les enfants au maniement de l?ordinateur et de l?Internet. Dès son lancement, le site reçoit une très bonne presse et les enfants y adhèrent rapidement. Véronique l?explique par le fait que « la petite enfance était jusque-là oubliée sur le Net ». Ce succès permet à Véronique de travailler en freelance. Lorsque Léonor-Jio se met à grandir, le couple finit par en avoir assez de la vie parisienne. Il désire aller au bout du monde. Jason part en éclaireur et atterrit à Maurice. Il est immédiatement conquis par les contrastes et les différentes cultures et religions qui s?y côtoient. Il envoie des tonnes de photos à Véronique qui s?emballe aussi. «J?étais complètement surprise et hyperémue. Je ne pensais pas que j?allais gagner le prix du fait que je suis une étrangère. J?ai parlé à Léonor-Jio de tout cela et je l?ai incitée à prendre part au concours également.» Ils s?installent à Maurice en l?an 2000. Associés à un partenaire français, ils ouvrent une entreprise à Quatre-Bornes où ils continuent à animer leur site pour enfants. Pour que les petits internautes puissent participer pleinement au site, chaque mois, Jason et Véronique leur proposent trois thèmes et il faut voter pour un seul. Le thème qui a recueilli le plus de suffrages est retenu et créé. En parallèle, Véronique et Jason mettent en vente une ligne des produits dérivés de leurs personnages. Ils arrivent à gagner relativement bien leur vie. À tel point qu?ils sont en mesure de déménager leur bureau de Quatre-Bornes et l?aménager à deux pas de leur domicile, à Rivière-Noire. Ils étoffent leur personnel. Aujourd?hui, leur entreprise tourne avec neuf personnes, eux compris. Animer uptoten. com est un travail très prenant. Et le fait d?avoir la maison à deux pas du bureau n?y change pas grand-chose. «Je travaille huit heures par jour et mon mari beaucoup plus.» Léonor-Jio, qui est scolarisée au Clavis Primary School, ne manque pas de donner son avis sur les aventures de Boowa et Kwala. Véronique est très sensible au VIH-SIDA du fait qu?un de ses amis en est mort. Un après-midi, Jason lui ramène le journal dans lequel figure le communiqué du National Aids Committee appelant les personnes intéressées à participer à un concours de logos sur le sujet. Elle est prête à y participer. Si elle a parlé de sexualité à Léonor-Jio et qu?à l?école, cette dernière en a appris un peu plus sur le VIH-SIDA, Véronique n?a, en revanche, pas abordé la toxicomanie, question si intimement liée à la propagation du virus, ni de l?acceptation de la différence d?autrui. Pour cette jeune maman, ce concours de logos est l?occasion rêvée de le faire. «J?ai parlé à Léonor-Jio de tout cela et je l?ai incitée à prendre part au concours également. C?est ce qu?elle a fait. Nous avons travaillé chacune de notre côté un dimanche avant d?envoyer nos dessins.» Les seuls critères imposés par l?organisateur sont la présence du ruban rouge et les quatre couleurs du drapeau mauricien. Véronique choisit de faire simple et sobre. «C?était purement graphique.» Choix qui lui a réussi. Bien que Léonor-Jio n?ait rien gagné, elle est ravie d?avoir participé et d?avoir appris autant de choses liées au VIH-SIDA. Véronique aurait souhaité que d?autres mamans aient la même approche. «Parfois, nous ne trouvons pas les mots qu?il faut. Un tel concours peut venir à notre secours. C?est une opportunité de faire passer des messages.» Elle et son mari viennent de terminer la réalisation d?un dessin animé en français sous forme de 52 épisodes de cinq minutes chacun. Dessin animé qu?ils ont projeté pour les enfants du quartier qui l?ont adoré. Une projection pour tous les enfants du village de Rivière-Noire devrait avoir lieu en juin?
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