Kongthong, le village d'Inde où les noms deviennent musique

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C’est un petit village isolé du nord-est de l’Inde où les prénoms sont des refrains qui se chantent à longueur de journée. Bienvenue à Kongthong, hameau de quelques centaines d’habitants à l’oreille musicale, où l’on s’interpelle en chanson.

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Muet comme…

Quand j’avais cinq ans, les baleines étaient des créatures qui appartenaient aux livres d’histoires. C’étaient les Danois qui les pêchaient au pôle Nord. Pas nous. Mon monde à moi était peuplé de «vielles» qu’on pêchait perché sur des rochers avec une tige de bambou, du fil, un hameçon et du plomb acheté à la boutique et un ‘soldat’ écrasé en guise de «bouette».

J’approche des 50 ans (won…) et les soldats sont toujours debout, les enfants de 5 ans n’ont jamais vu une vielle, la boutique n’a pas survécu. Mais, à ma grande surprise, j’ai vu sauter les baleines derrière les récifs.

Ce spectacle, je le dois à des êtres humains rassemblés au sein de l’International Whaling Association. Ils se sont assis autour d’une table, ont discuté. (Activité qui fait beaucoup de blabla, mais qui permet de trouver des solutions.) Ainsi ont-ils surtout pris l’engagement de ne plus pêcher la baleine. Donc, tout un business s’est effondré. Grâce à quoi la nature a fait son travail et les baleines sont revenues. Sauf que les Japonais auraient, dit la rumeur, bien envie d’en faire leurs proies. Ailleurs, ne contournent-ils pas ces engagements sous couvert de recherches scientifiques ? Ça s’est su et les amis des baleines sont outrés. Ils sont plus de 23 000 à se méfier des Japonais.

Ceci crée bien de l’embarras dans les ministères. Il fut un temps où les Mauriciens courtisaient les Japonais. C’était au temps du développement économique. Des usines poussaient comme des champignons. Comme il y avait beaucoup de thon dans l’océan Indien et moins d’habitants, les Japonais avaient investi dans le secteur du thon. Ils sont toujours là. Avec leurs investissements et ceux des Mauriciens réunis, ils soutiennent une activité économique qui assure 6 000 emplois directs et 10 000 emplois indirects. Notre thon est exporté vers l’Europe qui, pour sa part, n’a pas assez de thon dans ses propres eaux territoriales pour nourrir ses habitants.

Puisque cela marche si bien, pourquoi ne pas en faire plus ? Donc, notre seafood hub veut grandir. Une ambition validée par la Banque mondiale. Dans son rapport intitulé «Making it happen, making it last», la Banque mondiale prône, avec force équations économétriques, que l’économie océanique va doubler et la valeur ajoutée va plus que doubler. Abracadabra !

Sauf que le plus gros élément de ce projet, le thon, se fait plus rare. Et que tout le monde veut du thon. Tous les États de l’océan Indien veulent de meilleurs quotas de pêche, pour faire venir chez eux du poisson qu’ils transformeront eux-mêmes et revendront aux consommateurs étrangers; pourquoi pas aux Chinois, avides d’une alimentation plus riche en protéines. Comment inviter plus de consommateurs à table sans fâcher les premiers arrivés ?

Il a donc fallu instituer la Commission Thon de l’océan Indien (CTOI). Cet organisme tente, tant bien que mal, de calmer les appétits des États membres, appartenant à l’espace géographique de pêche et des États-consommateurs en arrière-plan. Congrès après congrès, la CTOI a freiné la surpêche. Pour cela, elle jongle avec les intérêts individuels des États et les lois de la nature, tentant de faire voter et appliquer un compromis. C’est plutôt compliqué. Les efforts sont importants et les progrès lents. D’autant plus que les Mauriciens tentent d’inviter les autres États à la modération tout en ne se privant pas d’afficher leurs propres ambitions de croissance.

Et voilà qu’arrivent les baleines. Et les Mauriciens qui ne veulent pas les perdre.

Pour l’industrie, les 23 000 signatures sonnent comme un coup de queue de baleine sur la tête. Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir répondre à ces 23 000 personnes ? Autrefois, il aurait été si simple de les faire taire... Il se serait agi de mentionner les emplois en jeu et la Banque mondiale pour avoir l’air plus sérieux que les gens ordinaires. Mais là, il y a des personnes qui ne veulent rien entendre. Et elles sont 23 000.

Elles ont ouvert une boîte de Pandore : comment éviter la surpêche et la stabilité de la ressource en thon ? Comment assurer la juste répartition des produits de la pêche entre les pays membres de la CTOI et les pays consommateurs qui tirent les ficelles en arrière-plan ? Comment protéger à la fois le thon et les autres espèces marines ? Faudrait-il élargir le mandat de la CTOI pour y inclure la protection des espèces marines ? Comment assurer l’avenir des poissons, des usines et celui des êtres humains qui s’en nourrissent ?

Des questions magiques. Abracadabra ! Nos ministres, la Banque mondiale et l’industrie ont été transformés en carpes.

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Au Brésil, les ventes de voitures blindées explosent

La peur des balles perdues ou des attaques à main armée a fait du Brésil le premier marché au monde des voitures blindées, mais la crise économique pousse de nombreux acheteurs à opter pour des véhicules d'occasion.

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LaMinuteInfo: la cour intermédiaire rejette la Private Prosecution de Kailash Trilochun contre SAJ

Au sommaire de LaMinuteInfo de ce mardi 18 septembre 2018: la Private Prosecution déposée par l’ancien conseil légal de l’Information and Communication Technologies Authority, Me Kailash Trilochun, contre le ministre mentor, sir Anerood Jugnauth, a été rejetée en cour intermédiaire. Aussi dans l’actualité, Abhishek Dhunsoo devant la justice pour meurtre après trois jours d’hospitalisation.

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Typhon en Chine: grand nettoyage à Hong Kong après Mangkhut

Un grand nettoyage a eu lieu pour retirer arbres et débris des rues de Hong Kong, mais aussi dans la province de Guangdong, au lendemain du passage destructeur du typhon Mangkhut, qui a aussi fait des dizaines de morts aux Philippines et entraîné des millions d'évacuations en Chine.

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Bain de Rosnay: Sea Kayak Adventures fait visiter l’île d’Ambre à la pagaie

Depuis quatre mois, Sea Kayak Adventures propose une découverte de l’île d’Ambre, de l’île aux Bernaches et de Trou Coco en kayak. La beauté de ces lieux, sauvages et peu connus, est à couper le souffle.

Bain de Rosnay a été propulsé dans l’actualité dans le passé en raison d’une polémique. En effet, des pêcheurs avaient protesté contre un projet immobilier, qui allait voir le jour dans la région. Ils craignaient pour leur emploi et de voir l’accès à la plage leur être interdit.

Rajiv Seeburn, le propriétaire de Sea Kayak Adventures, fait découvrir . Mais ce n’est pas tout. Avec l’aide d’un groupe d’amis, il nettoie les lieux en ramassant les déchets en plastique. Pour le groupe, la protection de la faune et la flore est primordiale.

Admirer la beauté des lieux tout en ramant (ci-dessus), c’est ce que proposent Vishal, Rajiv, Kamlesh et Mohun (ci-contre).

Bain de Rosnay est aussi le lieu où on accède plus facilement à l’île d’Ambre et à l’île aux Bernaches. Cependant, certains catamarans, venus de loin, y débarquent leur clientèle. «Le paysage ici est comme une carte postale et n’est pas surexposé comme à l’île aux Cerfs. Nous aurions aimé que plus de gens connaissent cet endroit magnifique. Mais nous craignons aussi qu’un jour il ne se dégrade en raison de l’incivisme», déclare le directeur de Sea Kayak Adventures.

Une demi-journée est nécessaire pour partir à la découverte et profiter du cadre idyllique de ces endroits. «Les mangroves et l’eau bleue cristalline font que les amoureux de la nature sont servis», estime Rajiv Seeburn. Une fois arrivés à Trou Coco, les gens peuvent nager dans une eau claire, entourés d’une variété de poissons. «Quelques opérateurs de catamarans y viennent. Cependant, beaucoup ignorent l’existence de ce petit coin de paradis», poursuit-il.

Sur l’île d’Ambre, on peut faire une randonnée en pleine nature. «L’île s’étend sur quelque 140 hectares et il y a plusieurs en- droits sympas comme des ruines ou le fameux Trou Anglais», bassin d’eau douce rempli de poissons. La légende raconte que des Britanniques y auraient caché un trésor.

Après avoir parcouru l’île d’Ambre, direction l’île aux Bernaches où une plage sauvage vous attend. «De quoi terminer la journée dans une ambiance conviviale.» Sea Kayak Adventures vous propose ce forfait pour une de- mi-journée au tarif de Rs 900 par personne, somme qui comprend la traversée et des boissons non-alcoolisées (eau et jus).

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Bélier
Bélier (21 mars au 20 avril)

Un mois VIP où vous serez demandé. De quoi booster votre liste de contacts.

Taureau
Taureau (21 avril au 21 mai)

Bonne période pour négocier un virage professionnel ou privé. Prenez des risques !

Gémeaux
Gémeaux (22 mai au 21 juin)

Si vous cherchez un nouvel élan professionnel, bosser en équipe sera stimulant.

Cancer
Cancer (22 juin au 22 juillet)

Avec super-Mars, de retour chez vous dès le 11, passez à l’action !

Lion
Lion (23 juillet au 22 août)

Au boulot comme dans une affaire privée, si vous avez une démarche à faire, c’est maintenant.

Vierge
Vierge (23 août au 22 septembre)

Votre point de vu évoluera, ce qui vous aidera à régler un problème d’ordre privé.

Balance
Balance (23 septembre au 22 octobre)

Si vous avez quelqu’un dans votre vie, vous aurez des envies d’engagement.

Scorpion
Scorpion (23 octobre au 22 novembre)

Job, vie privée, logement… Des envies de bouger se manifesteront. Une chance d’évoluer…

Sagittaire
Sagittaire (23 novembre au 21 décembre)

Avec surper-Mars chez vous dès le 11, vous aurez besoin d’action. Faites-vous plaisir !

Capricorne
Capricorne (22 décembre au 20 janvier)

Côté pro, vous viserez des objectifs précis et vous ne lâcherez rien. De quoi les atteindre !

Verseau
Verseau (23 janvier au 19 février)

Travail, finances ou habitat, un projet en attente repartira grâce à quelqu’un d’influent.

Poissons
Poissons (20 février au 20 mars)

Une phase de chance à exploiter pleinement. Surtout au niveau personnel.

Démocratie électorale et intérêt public

Le rapport sur la réforme électorale n’a pas encore été rendu public que beaucoup en commentent déjà les bribes les plus controversées.

M. Shakeel Mohamed a raison de s’opposer à la proposition qui veut que ce soit les leaders des partis qui choisissent les 12 députés «correctifs», apparemment suggérés à partir d’une liste «proportionnelle», pour que les minorités ne se sentent pas lésées. Surtout si cette liste est finalisée ex post facto ! En effet, la toute-puissance des leaders omnipotents qui contrôlent déjà la caisse du parti, le choix de qui sera candidat aux élections, de qui deviendra ministre et qui voyagera, etc., va s’en trouver renforcée. Or, ils sont déjà inamovibles ! Au point où AUCUN leader de parti politique battu aux élections depuis 50 ans ne s’est jamais retrouvé contesté par du leadership neuf qui finissait par le remplacer. Pensez Jugnauth, Ramgoolam, Bérenger ou Duval. Le seul renouvellement possible, semblet- il, passe par la mort et le flambeau reste alors, tout de même, avec la dynastie. Papa-piti, pour moralement intolérable que ce fut, en est une variante, sans mortalité, s’entend… Bérenger n'a encore rien fait que l’électorat, 50 ans conditionné, s’attend au même réflexe. Mais la question clé, à ce niveau, est : dans une démocratie qui n’est pas moribonde, qui veut donc perpétuer, incruster, étendre le pouvoir des leaders politiques encore plus, si ce ne sont les… leaders eux-mêmes ?

Navin Ramgoolam a fait comprendre qu’il est contre ce qu’il a entendu comme proposition. Sans apparemment expliquer pourquoi. Le mystère lui convient-il ?

M. Adrien Duval a peut-être raison de souligner que le Best Loser System (BLS) aide aussi à réparer «les anomalies causées par le découpage électoral». Car il y a un vrai problème de représentativité électorale, trois députés représentant également 21 530 électeurs au n°3 ou trois fois plus, soit 63 527 au n°5 ! Étonnamment et contre toute logique, il ne propose pas un meilleur découpage des circonscriptions, mais un «bon» recensement. Par là, il veut dire un recensement «communal» dans le sens BLS, peut-on supposer, puisqu'un recensement des religions existe déjà (recensement de 2011, page 69). Libéralement, 53 catégories religieuses différentes sont représentées dans ce recensement. Le morcellement national n’est-il pas suffisant ? Communalement, on va faire un «bon» recensement comment ? En identifiant les «la tête coton», séparément des «mulâtres» ? En classifiant les enfants de mariages mixtes dans de nouvelles catégories, style BLS, comme «sino-hindou» ou encore «indo-chinois» ?

Paul Bérenger a raison : ce sera la boîte de Pandore ! Et il ne faut pas oublier que dans le mythe grec, les malheurs du monde qui s’échappèrent de l’amphore quand elle l’ouvrit par curiosité, même si on le lui avait strictement interdit, ne purent jamais être ramenés à bon port, bien entendu. Par contre, détail savoureux, quand les malheurs du monde s’échappèrent, il resta, tapi au fond de la jarre, l’antidote à tous ces malheurs, soit… l’espérance !

Razack Peeroo propose un référendum au motif que c’est le peuple qui doit décider des changements de la Constitution. C’est à réfléchir. La modification de 1982 rendant obligatoires les élections chaque cinq ans, modification que l’on doit au grand MMM de l’époque, est un puissant remède au renvoi des élections de 1972 par SSR et SGD, après l’état d’urgence et leur grande coalition. Elle ne demandait, cependant, pas de référendum. La population n’a pas été interrogée non plus en 1991 sur le statut de République. On a, par contre, bien vu le danger des référendums sur des questions trop complexes (exemple : Brexit) qui sont alors détournés par d’autres considérations plus étroites et plus égoïstes.

Think Mauritius a sans doute raison de proposer l’élimination du BLS, mais proposer 50 circonscriptions uninominales, est-ce bien la solution ? Un député par circonscription, cela ne force plus les partis à beaucoup de circonspection dans leur choix de candidats. En effet, il s’agirait, selon leurs modes de réflexion pourris, de proposer des candidats en phase avec la majorité «communale» de la circonscription. Et si 40 à 45 des 50 circonscriptions, gerrymandering oblige, avaient la même «communauté» en majorité relative ? En Nouvelle-Zélande, la circonscription à député unique marche parce que l’électeur a un deuxième vote, pour un parti politique cette fois, sur une base proportionnelle, mais surtout parce que l’électorat est plus homogène qu’à Maurice. Le Single Transferable Vote, où chaque électeur vote pour les candidats qui se présentent dans sa circonscription, par ordre de préférence, peut mobiliser des partisans convaincus. Rama Sithanen, qui a fait des systèmes électoraux l’objet de son doctorat à Brunel, a ses idées à lui et a au moins le grand mérite d’avoir étudié la question en profondeur. Les opinions de Kavi Ramano, de Danielle Selvon, d’Alan Ganoo vont être déterminantes si le MMM vote effectivement avec le gouvernement, apparemment «under protest»…

La question qui demeure d’actualité et qui mérite notre attention cependant, n’est pas de savoir qui a raison et qui a tort, mais surtout si on peut améliorer le système actuel suffisamment, en éliminant le BLS. Il faut admettre qu’aucun système ne sera jamais parfait ! Demandez seulement à Hillary Clinton, par exemple, qui récoltait plus que 2,8 millions de votes de plus que Donald Trump en 2016… et qui n’est pourtant pas devenue présidente !

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Pendant que l’on discute de réforme électorale et de financement de partis politiques, deux objectifs méritant certes notre attention, le secteur sucrier s’enfonce sans plan de sauvetage, le secteur de la pêche se brade volontiers à tiers, la productivité nationale reste flasque, National Productivity and Competitiveness Council ou non, et le déficit de la balance commerciale va atteindre 109 milliards. Est-ce que nous avons les bonnes priorités ?

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Alors que nous venons de rendre hommage et d’enterrer Sandra O’Reilly, une dame courage qui n’a jamais baissé les bras face à l’ignominie de ses agresseurs, le président Rodrigo Duterte, élu tout à fait démocratiquement aux Philippines en mai 2016, déclarait il y a quelques jours qu’aussi longtemps qu’il y aura de belles femmes, il y aura des cas de viol ! Devant la levée de boucliers face à sa remarque affligeante, y compris celle de la vice-présidente Robredo qui proposait, à la place, que le viol existe plutôt parce qu’il y a des violeurs, Duterte a plaidé la «plaisanterie». C’est le même argument qu’il avait utilisé lors de sa campagne électorale après qu’il eut suggéré, en 1989, qu’une missionnaire australienne prise en otage, violée et tuée par des condamnés en prison, aurait dû avoir été violée par «le maire d’abord» tellement elle était jolie. Le maire, à l’époque, c’était lui !

Comme quoi, la démocratie électorale est loin d’être une condition suffisante pour se choisir du leadership décent ! Il faut, en effet, bien choisir aussi au-delà de l’émotionnel et ne pas voter pour des scélérats…

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Gâteau national: qui tient le couteau et qui prend quoi ?!

Sur le plan purement financier, le deal entre le Dr Krishan Malhotra et le groupe NMH, aux Seychelles, n’a rien d’exceptionnel. Il y a, comme dirait mon banquier, un «willing buyer» et un «willing seller». Circulez. Mais… Pas si vite. Sur le plan politique et journalistique, ce deal réunit les ingrédients d’un cocktail dont on ne peut faire l’économie.

Quid de tous ces discours relatifs aux entremêlements des mêmes élites politiques et économiques dans une petite économie comme la nôtre ? Ne faudrait-il pas voir cet aspect ?

Certes, alors que nous célébrons les dix ans de la crise financière mondiale qui a chamboulé pas mal de choses, la démocratie libérale demeure un bien en soi ; mais elle a aussi un rôle critique à jouer dans l’économie afin de contribuer, un tant soit peu, à réduire les inégalités, briser les cartels, promouvoir la transparence, favoriser l’innovation et l’émergence de nouveaux acteurs, bref de démocratiser l’économie telle qu’elle existe. (Petite parenthèse pour préciser que nous sommes contre cette forme de «démocratisation de l’économie» qui a produit des Nandanee Soornack et des Rakesh Gooljaury. C’était de l’affairisme d’État.)

Tous les magazines économiques font, ces joursci, des rappels de la chute, il y a dix ans de cela, de Lehman Brothers, qui marque le début de la plus grande crise financière depuis la Seconde Guerre mondiale. Dix ans après, se demande-t-on, en quoi le système financier mondial a-t-il changé ? Est-ce une illusion de croire à une économie plus juste si on refuse de critiquer le système économique dominant ?

L’économie, telle qu’elle est organisée avec ses acteurs, produit tant d’inégalités, et notre démocratie donne l’impression d’avoir été bâillonnée. C’est un problème mondial. La concentration du pouvoir financier et politique a fini par transformer notre démocratie en une fade et impuissante copie d’ellemême, observe Thomas Piketty. S’appuyant sur des statistiques puisées du Big Data, la thèse de Piketty provoque un débat important sur les inégalités. Cette recherche se fonde sur la concentration de richesse par les plus privilégiés et sur les disparités de distribution de revenus et de patrimoine. C’est un débat essentiel pour passer d’une économie intermédiaire à une économie à haut revenu. En ce sens, la question de la concentration des pouvoirs et celle des inégalités soulèvent des questions clés : qui prend quoi dans le gâteau produit par une société ? Qui tient le couteau ? Qui distribue les parts ? Qui sont les intermédiaires ?

***

Pour répondre à ces questions fondamentales de l’économie politique, il faut disposer d’une information rigoureuse et transparente sur les revenus et les patrimoines. C’est dans cette direction que nous voulons pousser. En 2009, le prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz, se demandait ce que la crise avait permis de changer dans la manière dont l’économie fonctionne : «Y a-t-il une prise de conscience que le capitalisme actuel, qui consiste à privatiser les profits et mutualiser les pertes, n’est pas un capitalisme qui assure le bien-être des populations du monde entier ?»

Plusieurs économistes avancent que la crise de 2008 nous a surtout permis de traiter les symptômes mais pas les éléments fondamentaux : «Essentiellement l’aggravation de l’inégalité des richesses.» Selon eux, la crise n’a pas provoqué l’électrochoc espéré parmi les décideurs politiques. «Face à l’indignation suscitée par le sauvetage des banques, les gouvernements en Europe ont fait le choix du cynisme : en retournant la colère citoyenne contre les migrants, les plus vulnérables d’entre tous. En soufflant sur les braises du populisme, ils ont relancé un feu qui pourrait rapidement devenir incontrôlable et replonger l’Europe dans ses heures les plus sombres…»

***

La démocratie, durablement en crise à travers le monde, est en permanence testée encore un peu plus. Les limites de ce système politique dominant, vanté depuis la chute du mur de Berlin (comme la seule alternative au communisme, au fascisme et au nazisme), sont mises en scène, à taille réelle, dans d’importants pays comme l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud.

En Europe, l’extrême droite se rassemble pour lancer une alliance eurosceptique. Cela illustre non seulement que les leaders politiques s’avèrent incapables de tenir parole – tant le système et ses leviers de pouvoir leur échappent de plus en plus – mais ils se voient contraints de couper les prestations sociales d’hier, sous la pression des forces supranationales, ou pour rester compétitifs par rapport à la logique mondiale du libre marché. Bien des penseurs contemporains estiment que la crise financière et les taux inquiétants de chômage qui en ont résulté ont de fait rompu le contrat qui liait l’électeur aux politiques. Et aujourd’hui même, les anticapitalistes avouent que le seul remède possible aux maux actuels de la démocratie demeure une croissance suffisamment forte afin de faire reculer le chômage et augmenter les revenus de l’économie réelle. Les utopies ne paient pas les factures.

Mais au-delà des solutions ponctuelles, il nous faut agir afin de redonner foi aux partis politiques et partant à la démocratie. C’est vrai pour plusieurs systèmes démocratiques ; dont Maurice, où le débat commence et s’arrête sur la continuation ou la discontinuation de la dynastie de quelques patronymes, qui tiennent en otage la réforme électorale tant promise. Si la démocratie est indéniablement le produit de la modernité, il importe donc de lui donner un coup de neuf, en misant par exemple sur plus de transparence et de bonne gouvernance. La réforme électorale devrait à la fois permettre une révision du rôle des partis traditionnels, mais également une réforme du financement de ces partis. Par exemple ; si on connaissait les noms des généreux donateurs, on pourrait comprendre comment fonctionne la démocratisation de l’économie à la mauricienne. Notre démocratie, comme celle de bien d’autres pays, est peuplée d’affairistes qui ne pensent qu’à leurs intérêts. Il lui manque un nouveau cadre, de nouveaux démocrates, bref de nouveaux joueurs sur le terrain…

***

Sur le plan moral, toutefois, un pays comme Maurice est-il en droit de blâmer ses enfants qui ne reviennent pas en sachant que les règles régissant le marché du travail – que ce soit dans le public ou le privé – sont faussées à la base ? Et ce, grandement à cause de l’ingérence politicienne et de certains réflexes claniques qui n’ont, hélas, pas évolué avec le temps.

On le sait, mais on ne fait pas grand-chose pour inverser la tendance : la fuite des cerveaux provoque des effets négatifs – insoupçonnés et incalculés – sur notre croissance et notre développement économique. L’émigration mauricienne tend à s’accélérer, aujourd’hui, en raison de cette mondialisation qui paupérise les pays vulnérables comme le nôtre, en forçant nos meilleurs diplômés ou travailleurs à l’exil. Le réel débat aurait dû être d’ordre économique : c’est-à-dire mesurer l’impact des vagues migratoires sur notre économie. C’est important que nous le fassions, car les compétences acquises par ceux qui s’en vont vivre sous d’autres cieux (souvent aux frais des budgets publics d’enseignement supérieur) ne sont pas utilisées chez nous.

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L’amour fusion à la sauce de Jerry Rouget

L’artiste âgé de 38 ans prévoit un album l’année prochaine.

L’artiste âgé de 38 ans prévoit un album l’année prochaine.

Le membre du groupe Jerry and The Resistance ne fait pas que chanter «l’amour fusion». Il le vit. Et pour cause, le père de deux garçons s’est fiancé à Hanna Khan qui est de foi musulmane.

Jerry Rouget est un homme amoureux. Le mois dernier, le chanteur du groupe Jerry and The Resistance s’est fiancé à Hanna Khan. La jeune femme figurera d’ailleurs dans le clip de son prochain morceau, Sensation l’amour, qui sera lancé dans quelques semaines.

«L’amour fusion», l’artiste de 38 ans, père de deux garçons, Jahnovie, 14 ans, et Elovan 10 ans, ne fait pas que le chanter. L’habitant de Montagne Blanche le vit au quotidien depuis sa rencontre avec Hanna. «Elle est ma moitié, elle fait vibrer mon cœur tous les jours», confie-t-il.

 
 

Leur histoire a commencé l’année dernière, lorsque la jeune femme, qui est de foi musulmane, a entendu une chanson de Jerry and the Resistance à la radio. Elle tombe amoureuse de sa voix. «Mo poz moem la kestion kisanla sa garson Jerry la, li éna enn super zoli lavwa», raconte Hanna Khan.

La jeune femme prend contact avec lui sur les réseaux sociaux. Le courant passe vite entre eux. Tant et si bien que le mois dernier, ils ont décidé d’officialiser leur relation. «Mo enn gran fan Kaya, mo ti dir enn zour mo pou maryé zis avek Kaya so garson», lance-t-elle dans un sourire. Et, plus sérieusement: «nous sommes tous Mauriciens avant tout, peu importe la religion que l’on pratique».

«Paké Linz»

Un concept auquel adhère Jerry Rouget. Et qu’il a voulu transmettre à travers la chanson Paké Linz. L’artiste dit avoir voulu chanter l’amour entre deux Mauriciens de différentes religions. «C’est un thème qu’on a très peu exploité je trouve et c’est important de continuer à célébrer ainsi l’amour.»

Pour ce morceau, il prend contact avec la chanteuse tamoule Ajitha Murday. Le trentenaire a été séduit par sa voix lors d’un concert de fusion, où elle chantait avec Eric Triton, Lin et Vishal Mungroo, entre autres, à l’auditorium J & J. Jerry Rouget dit avoir cherché une sonorité plus reggae, dans cet esprit fusion, afin de «fertou dimounn dansé lor enn zoli ti vibe, kot tou rélizion ansam amizé». Pari gagnant; la chanson est élue disque de l’année 2017.

Cette fusion, c’est sa marque de fabrique. Il aime mélanger les sonorités pour proposer quelque chose d’original au public. C’est d’ailleurs comme ça qu’il s’est fait connaître du plus grand nombre. C’était avec le morceau Khabhi na Khabhi du long-métrage bollywoodien Shaapit, que Jerry and The Resistance a repris à sa sauce et transformé en un «seggae hindies». La mayonnaise prend et le succès est au rendez-vous.

Jerry Rouget promet également des surprises pour son album dont la sortie est prévue pour l’année prochaine. «Il y aura des seggae hindies mais aussi des compositions inédites. Je vais une fois de plus compter sur la plume d’Ajitha Murday pour l’album.»

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