Voix extorquées, voix étouffées

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La logique bananière fonctionne à plein régime dans notre république. Un ministre fait du chantage auprès des électeurs des villes pour extorquer des voix par la menace. Le Premier ministre avoue que certains sont plus égaux que d’autres : « Si ti mo dimoun sa, dans sept application pou State Land, enn au moins li ti pou gagné » . Une institution indépendante, l’IBA, se fait complice des brimades infligées aux citoyens qui prennent la liberté de s’exprimer sur les ondes des radios privées.

La riposte est faible parce que les brimés n’ont pas de grands moyens d’action. Mais elle est parfois efficace. Ainsi, la diffusion, sur une station privée dimanche, de la musique funéraire à la place d’une émission interdite par l’IBA était lourde de symbole. Le choix musical de cette radio convenait bien à l’atmosphère qui prévaut par rapport aux libertés qu’on assassine depuis quelque temps déjà.

En ordonnant aux radios d’enlever de leur grille les émissions qui donnent la parole à ceux qui ont un avis sur des sujets politiques, l’IBA crée la perception qu’elle veut protéger le pouvoir en place. Il lui sera difficile de prouver le contraire, surtout après les propos tenus par le Premier ministre au Parlement mardi. Navin Ramgoolam a affiché sa grande satisfaction devant la démarche du régulateur. Il s’est même permis d’affirmer que c’est « une pratique courante dans toute démocratie ». Comme on le voit, la démocratie est une notion très relative.

Est- il sérieux de dire que l’IBA est démocratique quand elle décrète que « Broadcasting licensees shall not broadcast any live or recorded phone- in or call- in programmes on political matters or politically related matters » à partir de la date où la liste des candidats est officialisée ? Il y a deux ans, tout ce que l’IBA demandait aux radios, c’était d’assurer « a fair and equitable balance of views expressed by phone- in callers on political matters ». La glissade vers une logique répressive a été insidieuse mais résolue. Les journaux libres étaient les premiers ciblés. Puis le champ s’est étendu progressivement et touche aujourd’hui le simple citoyen qui a envie de s’exprimer librement.

What next ?

Raj meetarbhan

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