Tu, You et TAAAA !

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Ce qui suit est survenu dans les années 1990.

Un haut personnage de l’Etat accompagné de ses motards remonte la rue Vandermeersch.

Surprise pour les automobilistes : le motard de tête leur demande poliment à tour de rôle de se garer sur le côté parce que le passager de la berline officielle était en retard à un important rendez-vous.

Le tout ponctué d’un sourire du policier après que la personnalité eut salué les conducteurs pour les remercier.

Cette dernière se reconnaîtra et les motards s’en souviennent encore…
Les conducteurs étaient interloqués parce qu’ils étaient davantage habitués à ces : « Borde to loto TAAAA !!! »

Le même tutoiement inadmissible utilisé à l’égard d’une jeune femme qui en a fait état sur Radio One, le mercredi 27 juin. Ses questions : « To maryé ? » « Kot to mari ? » « To piti sa ? »

Le hasard de l’actualité faisant bien les choses, on apprenait sur Radio France Internationale le même jour que le nouveau ministre de l’Intérieur en France, Manuel Valls, a demandé aux policiers de proscrire le tutoiement dans l’exercice de leurs fonctions.

Il est bien connu que certains tutoiements, par le ton, démontrent davantage de respect que des vouvoiements. D’ailleurs, les Anglophones n’ont à leur disposition que le seul ‘you’, le ton leur permettant d’être agressifs ou, au contraire, amicaux.

Ce qui est inacceptable à Maurice, c’est ce ‘Tu’ou ce ‘Taaa’de l’autorité comme si on avait gardé les cochons ensemble.

Et là, ce n’est même pas un signe de manque d’éducation : c’est la certitude que le tutoiement confère une aura d’autorité que l’uniforme ne suffirait pas à donner. Et cette autorité ne s’exerce que sur de moins puissants que soi, avec son lot de mépris, de sexisme et de racisme latent…

Le pire peut-être, c’est que le tutoyeur en uniforme ne sait pas que cette fâcheuse habitude ne fait que miner justement l’autorité et le respect dû.
Revenons à notre personnalité courtoise. Un conducteur agréablement touché par ces bonnes manières ne put se retenir de lui écrire pour le congratuler. Il reçut une réponse lui assurant que les félicitations seraient étendues aux personnes concernées, en l’occurrence les motards bien élevés. Ces derniers continuent à enfourcher leurs motos.

Le citoyen lambda saura les reconnaître : ils vouvoient les inconnus sans tenir compte de leur importance sociale et sourient.

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