Tourner en rond

Avec le soutien de

Nos politiciens font preuve d’une frilosité excessive à chaque fois qu’il faut aborder une question touchant à la morale religieuse. Cela s’est manifesté une fois de plus hier au Parlement. Majorité et opposition ont fait des complexes sur les droits des homosexuels.

Le Premier ministre était interrogé par le leader de l’opposition sur le soutien de Maurice à la résolution concernant les droits de l’homme, l’orientation sexuelle et l’identité de genre adoptée par le Conseil des droits de l’homme à Genève le 17 juin dernier.

Dans sa réponse, Navin Ramgoolam s’est empressé de minimiser la portée du vote mauricien : «The Resolution only envisages a study to be commissioned by the High Commissioner for Human Rights, followed by a panel discussion to be convened by the Human Rights Council…» Il fait clairement comprendre que ce n’est qu’après un dédale d’étapes, les unes plus longues que les autres, que le gouvernement va finalement réfléchir sur la nécessité ou non de mettre sur pied un comité d’élite pour recueillir l’avis de toutes les parties concernées. Voilà de quoi rassurer les partisans du statu quo.

Paul Bérenger n’est pas en reste. Il surenchérit même. Maurice aurait dû s’abstenir aux Nations unies au lieu de voter pour une résolution sur la discrimination et la violence sur la base de l’orientation sexuelle, en raison des «différentes sensibilités religieuses» qui existent dans le pays, argue-t-il. Il cite comme exemples le Burkina Faso et la Zambie.

Il est encore heureux que Maurice ne s’aligne pas sur la position des leaders les plus connus en Afrique. Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a récemment soutenu que «l’homosexualité est une tare blanche qui ne s’applique pas aux Africains» et a déclaré qu’à ses yeux les homosexuels valent «moins que des porcs et des chiens».

Nos élus n’ont pas forcément l’esprit étroit.

La raison la plus probable de leur prudence tient à leur crainte des lobbies religieux. Cela explique leur embarras considérable sur des sujets comme l’homosexualité. Leur voie de sortie, dans ces cas, c’est de proposer un moyen visant à dégager un consensus sur la question. Une table ronde… pour tourner en rond.

 

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