À suivre en 2014

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Avec les vagues de la crise économique qui s’écrasent sur nos côtes depuis 2009, nous étions nombreux à croire que les principaux risques à la stabilité du gouvernement issu des urnes du 5 mai 2010 seraient principalement de nature économique. Or, les événements qui se déroulent sur l’échiquier politique depuis les dernières élections sont venus démontrer le contraire.

En fait, nos politiques n’ont pas besoin d’être aidés pour créer de l’instabilité. La preuve avec la cassure intervenue au sein de l’Alliance de l’Avenir en 2011 et qui a vu le départ du MSM. Les frictions entre le ministre des Finances, Xavier-Luc Duval, et le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui ont failli déboucher sur une nouvelle crise politique, sont également venues confirmer que la menace ne viendra pas du ralentissement économique.

Alors que les observateurs sont nombreux à s’attendre à un redressement économique cette année, il serait important de garder un œil sur la situation politique ou plus particulièrement sur son possible impact sur la performance économique. La politique monétaire arrive en deuxième position dans notre liste à suivre cette année. 2013 a été marquée par de profondes divergences entre le Trésor public et la Banque centrale sur la voie à prendre en matière de politique monétaire. Des divergences qui avaient donné lieu à un bras de fer entre le ministre des Finances et le Gouverneur de la BoM, Rundheersing Bheenick, sur la croissance et l’inflation.

Au final, Rundheersing Bheenick a été mis en minorité à plusieurs reprises au sein du comité de politique monétaire (CPM), tandis que le taux directeur a été ramené à 4,65 % en vue de soutenir la croissance. Résultat : le Secrétaire financier, Ali Mansoor, a été invité à plier bagage.

Bien que nous ayons terminé l’année écoulée avec un taux d’inflation de 3,5 %, la Banque de Maurice insiste sur la nécessité de se protéger contre les risques d’une nouvelle poussée inflationniste. En ce sens, il serait intéressant de suivre les premiers échanges entre le nouveau Secrétaire financier, Dev Manraj, et la Banque de Maurice sur la question de la politique monétaire.

Car les décisions qui y découlent ont aussi une incidence sur le marché des changes. Ainsi, il est tout à fait normal d’ajouter la valeur de la roupie à la liste des indicateurs à suivre en 2014. D’autant plus que le Gouverneur de la Banque de Maurice ne cesse de souligner le manque de moyens de l’institution pour continuer à faire des incursions sur le marché monétaire afin d’éponger l’excès de liquidité dans le but de maintenir la stabilité de notre monnaie. Une autre source probable de conflits en perspective, étant donné la sensibilité de la question. Qui ne se souvient pas de la déclaration selon laquelle la valeur de la roupie avait coûté un point de croissance au pays ?

À placer également sous surveillance : le chômage, plus particulièrement chez les jeunes. Considéré par nombre de spécialistes du monde du travail comme une « bombe à retardement sociale », le taux de chômage sera l’objet de toutes les attentions au fur et à mesure que l’on se rapproche des prochaines consultations populaires.

L’investissement public et privé est un autre indicateur clef qu’il faut impérativement suivre cette année car il sera l’un des catalyseurs de la relance économique. C’est d’ailleurs l’un des facteurs pris en considération par Statistics Mauritius pour sa projection de croissance en 2014. L’institut de statistiques table, en effet, sur une mise en application à un rythme accéléré du plan d’investissement public. Dans le privé, les investissements dans les machines et autres équipements ont crû de 8,6 % en 2013, après une baisse de 0,2 % en 2012. Reste à voir si cette tendance va se maintenir.

Souvent annoncée, la réforme des corps paraétatiques, le dada des bailleurs de fonds, est revenue au-devant de l’actualité avec les études menées par l’Office of Public Sector Governance. Toutefois, il est difficile à croire que le gouvernement sera d’une ardeur réformatrice alors que le pays se prépare à entrer dans une période électorale. Attendons voir !

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