STC : Une lueur d’espoir

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La State Trading Corporation (STC) est sous les feux des projecteurs, depuis l’arrivée d’un nouveau Chief executive, en la personne de Megh Pillay.

Et les accusations fusent, pêle-mêle; il y a celle de siphonage de produits pétroliers de la part d’une multinationale, l’affirmation que 70 % du riz basmati vendu à Maurice n’est pas du basmati, la dénonciation quant à l’origine réelle des grains secs, l’allocation du contrat pour l’importation du ciment – dont le prix a été gelé –, et le lancement d’appels d’offres pour l’achat de 40 000 tonnes de farine.

L’hyperactivité de la STC ces derniers jours cadre bien avec la personnalité et la réputation du grand professionnel qu’est Megh Pillay. Les esprits chagrins feront remarquer que ce dernier a souvent travaillé au sein de compagnies d’Etat en situation de monopole : l’Agricultural Marketing Board, Mauritius Telecom, Air Mauritius et maintenant la STC.

Mais même ses détracteurs doivent reconnaître qu’il a toujours défendu avec acharnement les intérêts de son employeur, l’Etat. A Mauritius Telecom, les cadres français de France Telecom postés à Maurice n’en ont pas gardé un très bon souvenir.

Outre les qualités personnelles de Megh Pillay, est-ce que ce n’est pas le rôle de la STC qu’il convient de revisiter aujourd’hui ? Fondée par le nouveau gouvernement de 1982, le rôle de la STC était avant tout d’agir comme un «benchmark» par rapport au secteur privé pour l’importation de produits sensibles et stratégiques comme le pétrole, le riz, le ciment et la farine, entre autres. L’atmosphère générale laissait présupposer qu’on ne pouvait faire confiance aux importateurs et qu’il faudrait un outil pour pouvoir comparer, et réguler l’importation de certaines commodités de base.

Aujourd’hui, on serait tenté de dire qu’avec la technologie et la société de l’information, les marchés internationaux sont plus transparents, et qu’il serait facile de détecter des maldonnes. Pas si sûr.

Il est possible d’importer du coton de qualité supérieure directement du producteur, tandis qu’une autre usine de confection ne verra jamais ce type de coton dans ses entrepôts.

En parlant du riz basmati, le nec plus ultra la matière est réservé aux élites ou aux proches du pouvoir dans des pays qui en produisent. Le commun des mortels n’en mangera jamais.

«Malheureusement, on constate aujourd’hui que la situation n’a pas tellement évolué à Maurice. Nous sommes toujours dans une situation où quelques conglomérats et grosses sociétés dictent les termes du jeu», déclare un observateur privilégié du monde commercial.

La petitesse de l’économie explique certaines données du problème, mais ne justifie pas tout. «Nous sommes une petite île et la concentration est une fatalité si nous voulons réaliser des économies d’échelle et être compétitifs», ajoute notre interlocuteur.

C’est justement la raison d’être de la STC : pouvoir rivaliser avec les grosses boîtes à bout de bras. Elle a un rôle clé à jouer, car elle influe sur la compétition.

D’autres spécialistes du commerce international font ressortir que la STC est irremplaçable, car, Maurice étant un petit marché, les quantités de produits dont nous avons besoin sont si faibles qu’elles risquent de n’intéresser aucun fournisseur sans l’intervention du gouvernement qui interagit avec un autre.

C’est justement le rôle de la STC ; de s’assurer qu’il n’y ait pas d’interruption dans la fourniture des denrées et commodités de base, de veiller à la qualité et de prévenir les abus sur les prix.

Le fait que la STC vienne dire aujourd’hui que 70 % du riz «basmati» consommé à Maurice n’est pas du basmati n’est-il pas un aveu d’échec ? La STC n’a pas empêché le fait que l’on puisse duper les Mauriciens. Et ne parlons pas du «hedging» désastreux sur les produits pétroliers.

Espérons que Megh Pillay inaugurera une nouvelle ère.

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