Sécularité et démagogie

Avec le soutien de

Rezistans ek Alternativ, le Mouvement 1er Mai et, dans une moindre mesure, Lalit se différencient des autres mouvements politiques tant par leurs prises de position que par la lucidité de leurs analyses.

C’est pourquoi on ne peut s’empêcher de tiquer quand on lit la remarque suivante à propos des pseudo-débats sur la sécularité de l’Etat : « Un de ses animateurs, Ashok Subron, dit apprécier le positionnement de Nita Deerpalsing qui est « sur la même longueur que nous » sur ce sujet, précise-t-il. »

Pseudo-débats, parce que ni la question de la députée rouge au Parlement ni les réponses du Premier ministre ne remettent en question l’association entre politiques de tous bords du mainstream et les lobbies sectaires.

Le Parti travailliste a, depuis longtemps, fait reposer ses assises sur ses relais communaux, son association, parfois, avec des groupes extrémistes. Suivi en cela par le MMM depuis les années 1970 et par le MSM par la suite.
On passera sur le fonctionnement du PMSD ou encore la raison d’être même du défunt Comité d’action musulman.

La démonstration des influences létales des groupes sectaires sur la cohésion sociale relève d’une étude sociologique. Qui, probablement, indiquera également à quel point le maintien du Best Loser System en est un des fondements. Dans le cadre d’un billet d’opinion, on se contentera de relever que le BLS arrange tout le monde, du moins toutes les formations présentes dans l’hémicycle, car il nourrit leur mainmise sur l’occupation des sièges d’élus.

De temps en temps, on procède au Parlement à des interpellations censées faire avancer la cause de la démocratie et une fois en campagne électorale, on retombe dans les travers habituels avec les appels directs et indirects à la solidarité communale. Et entre deux élections, on se fait un devoir de répondre prestement aux invitations à des événements religieux, non pas par dévotion, mais pour se faire voir et entendre.

Navin Ramgoolam a eu raison au Parlement, en réponse à sa passionaria de service, de faire ressortir que « there is no need to amend the Constitution and insert the word “secular” in order to acknowledge what is in fact the secular nature of the State of Mauritius ».

Codifier pour la forme ? Non merci…

Par contre, promulguer des lois anti-communales et éliminer l’aberration moyenâgeuse qu’est le Best Loser System constitueront des mesures concrètes pour s’assurer que les « non secular forces do not encroach onto the State ».

Quant à un éventuel Comité des sages que propose Deerpalsing, sa constitution même reposera sur des calculs communaux…

Trêve de démagogie. Place à la démocratie.

Passons plutôt aux choses sérieuses. A quand la Deuxième République ?

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