Responsabilité syndicale

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Les questions sociales reviennent au-devant de la scène. C’est tant mieux. Du coup, le syndicalisme mauricien a pris un coup de neuf. Cela aussi est une bonne chose.

Alors que le personnel politique s’est engagé dans un jeu de flirt et de drague obscène, alors que le patronat, à tort ou à raison, évoque la crise économique mondiale pour demander un gel des salaires, les syndicats retrouvent le sens de l’engagement populaire. Mieux encore, la rue lui répond positivement. Ce qui ne s’était pas produit depuis un bon bout de temps.

Cependant, il y a des pièges à éviter…

L’adhésion aux revendications syndicales s’était érodée de manière dramatique ces dernières années. La culture qui s’était installée dans les relations industrielles reposait essentiellement sur le consensus. A la lutte des classes succédait la course au cash. Ce qui implique que le renouveau syndical, aujourd’hui, ne s’appuie pas sur une redéfinition conceptuelle. Ce qui ferait de l’actuelle poussée de fièvre dans les rues un mouvement d’humeur ponctuel.

En d’autres mots, le syndicalisme mauricien a la responsabilité, désormais, non pas de surfer sur une vague de mécontentements, mais de s’appuyer sur ce mouvement pour s’inscrire dans le temps. Cela passe par une réflexion profonde sur la nature des rapports sociaux. Autrement, l’éclaircie ne durera que quelque temps.

De manière plus concrète, il faudra travailleur sur le taux de syndicalisation. Un nombre élevé de membres garantit un poids à sa parole.

Même si Jack Bizlall estime que les syndicats doivent créer une dynamique de revendication active, cela ne les empêche pas de développer un continuum qui mène vers le syndicalisme de services. Un concept pas véritablement exploité à Maurice.

Enfin, et non des moindres, les rivalités personnelles, les guéguerres des égos, et des objectifs confus sont des attitudes et approches que les syndicats devront mettre de côté. Il y a eu plusieurs tentatives de réunir la «grande famille syndicale mauricienne.» Mais les intérêts individuels ont toujours primé sur la nécessité d’une solidarité collective.

Tout cela est appelé à changer et à évoluer…

La société mauricienne a besoin aujourd’hui d’un syndicalisme actif et pondéré. Car face aux velléités tentaculaires de certains, il faut des garde-fous solides.

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