Quand Port-Louis explose

Avec le soutien de

Les priorités du gouvernement Ramgoolam se définit trop souvent par rapport aux intérêts des proches du parti. Le scandale autour de l’acquisition de la clinique MedPoint pour la mise sur pied d’un hôpital gériatrique est un cas parmi tant d’autres.

L’explosion survenue cette semaine aux Casernes centrales et qui a tué l’ingénieur Sooriadev Ashwin Jootun par électrocution est venue mettre en évidence l’absence totale de vision pour une adaptation de notre service de santé aux développements et réalités du pays.

Les accidents de ce type et la probabilité qu’ils soient plus importants avec un nombre très élevé de grands brûlés se sont profilé à l’horizon depuis plusieurs années déjà. 

Principalement à Port-Louis qui est devenu une poudrière avec son port, ses usines pétrochimiques et son stockage de gaz et d’essence et ses centrales thermiques. Mais aussi dans le Sud, avec le développement du trafic aérien à l’aéroport de Plaisance.

Malgré cela, le pays dispose d’une seule unité de grands brûlés, c’est-à-dire la « Burns Unit » de l’hôpital Candos. Une unité qui s’occupe non seulement des grands brûlés, mais également des ablations de tumeurs et de la chirurgie reconstructrice pour les victimes de déformation congénitales.

Une unité où les lits sont toujours occupés et où les enfants sont soignés dans la même salle que les adultes. Simplement parce qu’il y a aujourd’hui beaucoup plus de brûlures accidentelles et que l’Etat n’a pas songé à l’agrandissement de cette unité et à sa décentralisation.

Quand la « Burns Unit » avait été mise sur pied il y a environ 20 ans de cela, elle recevait annuellement environ 200 grands brûlés et le taux de mortalité  tournait autour de 25 % parmi ces grands brûlés.

Aujourd’hui, elle reçoit environ 1 000 grands brûlés par an et le taux de mortalité a été ramené à 2 % avec l’expertise et le dévouement de son personnel, mais également avec l’utilisation des techniques de pointe. Ses patients viennent des quatre coins de l’île pour y être traités.

Que les grands brûlés habitent Baie-du-Cap ou Poste Lafayette, Trou-d’eau-Douce ou Quatre Sœurs, ils sont soignés à Candos. Des soins qui durent plusieurs mois dans la plupart des cas et qui sont devenus un calvaire pour les proches.

Ainsi plusieurs mamans ont dû démissionner de leur travail pour pouvoir faire le déplacement pendant des mois, par exemple,  entre Baie-du-Cap et Candos  afin  d’être aux côtés de leur enfant brûlé.

Tout cela alors que le pays compte aujourd’hui six médecins spécialisés en chirurgie plastique et chirurgie reconstructrice et qui sont soit au chômage ou alors employés en tant que médecins généralistes dans nos hôpitaux.

Tout cela alors que quatre des huit salles d’opération de l’hôpital Jettoo ne sont pas en utilisation jusqu’ici.

Il est évident qu’on ne pourra pas avoir une unité pour grands brûlés dans chaque hôpital de l’île. 

Mais une unité de ce type dans le Sud, à l’hôpital de Rose-Belle et une autre soit à Port-Louis ou à l’hôpital du Nord sont des nécessités, ainsi que l’agrandissement de celle de Candos.

Même si cette décentralisation est programmée pour plus tard, c’est aujourd’hui qu’il faut commencer, car les six spécialistes en  chirurgie reconstructive ne pourront pas être opérationnels du jour au lendemain. Il leur faudrait  de la pratique, mais également tout un personnel spécialisé pour les soins en réanimation et en urgence des grands brûlés.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires