Nominés politiques

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Un tsunami devait dissiper le nuage de gabegie, d’incompétence et de médiocrité qui plane sur les institutions parapubliques. Mais le phénomène annoncé n’a pas encore frappé. Aucun des potentats et mandarins qui sévissent dans ces institutions n’a bougé.

Entre-temps, le pays continue à souffrir de maux insidieux qu’ils provoquent, directement ou indirectement. La situation à la Compagnie nationale de transport illustre bien l’étendue du mal. Le terrible malheur qui a frappé les passagers de la route 163, vendredi dernier, et qui a emporté des vies innocentes, nous l’a rappelé de manière fort douloureuse.

Il est devenu urgent de repenser les critères de nomination aux postes de responsabilité dans les départements parapublics. L’incompétence de la plupart des nominés politiques placés aux commandes des institutions parapubliques pose réellement problème. Le clientélisme qui entache leur nomination devrait rapidement céder la place à des critères de mérite.

Ce souhait restera malheureusement un voeu pieux, tant que les dirigeants font de leur survie au pouvoir leur préoccupation principale. Dans le système qui a cours depuis des décennies, les considérations politiciennes priment et les responsables politiques désignent aux postes de direction des parapublics ceux qui appartiennent à leurs bords.

Quand la carte de parti remplace les certificats académiques, le règne des lobbies s’installe durablement. La démocratie est alors transformée en lobbycratie. S’ensuivent alors des carences, des faillites, des «hedgings» ruineux. L’horrible accident de Sorèze nous pousse même à croire que les conséquences des dysfonctionnements institutionnels peuvent aller au-delà des simples pertes matérielles.

Le clientélisme, les considérations ethniques et le copinage ont assez miné les corps parapublics pour que les dirigeants ne se ressaisissent pas. Certes, Navin Ramgoolam a laissé entrevoir un grand coup de balai mais il est permis d’avoir des réserves sur ses intentions réelles de mettre de l’ordre dans les parapublics.

A Maurice, aucun politicien n’a osé sanctionner l’incompétence. Les dirigeants préfèrent sacrifier l’excellence, la compétence et la rigueur plutôt que de punir un «chairman» véreux qui pèse quelques centaines de voix. Les responsables politiques sont conscients de l’impact des incompétents sur la vie nationale mais n’arrivent pas à se libérer de la dictature des lobbies. Comment sortir de l’impasse ?

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