Mesquineries partisanes

Avec le soutien de

C’est un syndrome qui frappe fort. Les sujets atteints perdent le sens de l’équité. Donnons un nom à cette maladie : le «kamajite», du nom du député qui avait parlé, comme d’un fait banal, de recrutements clientélistes dans la fonction publique. Le week-end dernier, un autre élu de la majorité, Reza Issack, est venu confirmer les pratiques partisanes de l’Etat. Il admet, dans une interview de presse, que le gouvernement fait preuve d’un esprit vindicatif lors de l’allocation des ressources aux administrations régionales.

Ce parlementaire travailliste explique, dans le dernier numéro de l’express-dimanche, jusqu’où peut aller la mesquinerie partisane. Sans prendre des gants, Reza Issack assène : «Le fond du problème, c’est qu’Anil Bachoo préfère s’occuper de Flacq et Bon-Accueil que de Stanley et Rose-Hill. Dans le fief de Paul Bérenger, le gouvernement a tendance à couper les vivres. Ils se disent : Là-bas, c’est l’opposition. Faisons le minimum parce que ces gens-là ne votent pas pour nous».

Si nous en sommes arrivés au point où un parlementaire de la majorité peut concéder sans se gêner que son parti est en train de régler ses comptes avec les habitants de Rose-Hill, qui ont «mal» voté, c’est que la situation est bien grave. Certes, les dirigeants politiques sont les premiers responsables de cette situation. Mais il faut aussi se demander si les institutions, dont l’Equal Opportunity Commission, l’ICAC et la commission électorale n’y ont pas contribué.

A la suite des propos menaçants tenus par certains ministres lors des municipales, l’Equal Opportunity Commission annonça qu’elle allait éplucher les déclarations incriminées. Michael Sik Yuen était un des premiers à proférer des «menaces» aux citadins. D’autres lui ont emboîté le pas en prévenant les électeurs que le gouvernement boycottera les villes qui basculeront dans l’escarcelle de l’opposition. L’affaire est classée.

Le député Khamajeet, celui qui avait déclaré que «et nou pou fer enn la liste ki reflecte Parti Travailliste couma tou le temps monn fer moi», n’a pas été inquiété, non plus, par les autorités. Les journalistes qui ont diffusé ses propos l’ont été. Comme dans l’affaire MITD, les suspects sont ceux qui ont levé le couvercle sur le scandale.

Publicité
Publicité
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
  pages consultées aujourd'hui Statistiques et options publicitaires