Les verrous du pouvoir

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Avec la rentrée parlementaire, demain, les élus peuvent percer le mur du secret qui cache les abus des autorités. A condition que l’opposition pose les bonnes questions et que les ministres fournissent, sans tergiverser, les informations réclamées. Mais, ce n’est pas gagné d’avance.

 

Pour le public, cet événement est attendu par ce qu’il y a un espoir que la lumière sera enfin faite sur l’affaire MedPoint. L’on pense pouvoir finalement confirmer si le montant de la première évaluation de la clinique s’élevait effectivement à Rs 75 millions. L’on estime que ce sera possible de vérifier si un ministre suppléant de la Santé avait rejeté, sur l’avis de l’état-major du ministère, la proposition d’acheter MedPoint pour Rs145 millions, etc.

 

Mais rien ne garantit que la lumière sera faite sur ce dossier, pas plus que sur les autres grandes affaires qui ont défrayé la chronique ces derniers temps. Par ce que nos gouvernants n’affichent pas la disposition d’esprit qu’il faut pour jouer la transparence.

 

Ainsi, le gouvernement pourrait refuser de répondre à des questions précises portant sur l’achat de MedPoint en invoquant l’excuse qu’une enquête de l’ICAC est en cours. Sur d’autres sujets, le gouvernement peut s’en sortir en prétextant que les enquêtes policières doivent être menées à terme avant qu’il n’envisage d’en parler. En vérité, quand une affaire embarrasse les dirigeants, ils peuvent trouver mille excuses pour éluder la question.

 

Et les citoyens n’en sauront pas davantage. Ils découvriront, comme les lecteurs et les auditeurs des médias indépendants, que l’opacité de l’administration s’épaissit un peu plus chaque jour.

 

L’information est verrouillée comme jamais auparavant.

 

Tout fonctionnaire à qui l’on demande un renseignement d’intérêt public répond invariablement qu’il lui faut d’abord obtenir l’autorisation de son ministre.

 

Les vraies démocraties, elles, ont une conception différente du droit à l’information. Plutôt que de brandir sans cesse des menaces de museler la presse, elles font adopter la loi sur la liberté de l’information (Freedom of Information). Sans compter que, dans ces pays, les ministres peuvent être soumis à un interrogatoire éreintant au Parlement.

 

A Maurice, pour éviter un interrogatoire au Parlement, il a suffi à un ancien Premier ministre de déclarer « As far as I know, I don’t know ».

 

 

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