Les esclaves du pouvoir

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Les élections du Comité national Olympique mauricien (CNOM) prévues cet après-midi (14 avril) au Mauritius Turf Club (MTC) tiendront en haleine toute la communauté sportive. Deux hommes s’affrontent. D’un côté le président sortant, Philippe Hao Thyn, et de l’autre, Jean-Michel Giraud, pour la présidence de la plus haute instance sportive du pays.

Les élections de ce soir sont la preuve que la démocratie est belle et bien vivante dans le monde sportif mauricien. Ce qui est tout à l’honneur du pays et de notre sport.

A quelques heures du verdict, je n’ai pas l’intention de me lancer dans le débat pour savoir qui des deux est le plus apte à prendre les commandes, mais ce qui m’interpelle, c’est la campagne agressive menée par ces deux hommes.

Car elle est tout autant comparable à celle menée par les politiciens, où on ne fait aucun cadeau à son adversaire. On affiche pleinement ses ambitions, soutenues par un programme pas souvent convaincant voire loin d’être réaliste.

Les ennemis sont les amis d’aujourd’hui. Intimidations, promesses, distributions de voyages et de postes dans l’éventualité d’une victoire. On va même jusqu’à vendre son âme au diable ! Une vraie campagne électorale quoi.

Je ne vais certainement pas ré-inventer la roue. Cette pratique, bien qu’étant contraire aux valeurs de l’olympisme (qui sont entre autres le fair-play et le respect de l’adversaire), existe depuis longtemps.

Elle ne concerne pas un seul homme puisque, à lui seul, il ne pourra jamais profiter du privilège de pouvoir diriger un comité national olympique, mais toute une équipe. Car ces avantages seront, d’ailleurs, étendus à tous les membres. La composition de l’équipe, qui s’était rendue aux Jeux Olympiques de Beijing l’année dernière, en est un bel exemple…

Loin de moi l’idée de vouloir jouer aux oiseaux de mauvais  augure, mais je ne suis pas sûre que les choses changeront même avec l’arrivée d’une nouvelle équipe à la tête du CNOM.

La soif du pouvoir a, toujours, fini par prendre le dessus. Chintanum Ramboccus est resté pendant plus de 20 ans. Philippe Hao Thyn, qui vient d’occuper la présidence du CNOM pendant deux ans et demi, s’accroche à son tour. Il l’a, d’ailleurs, fait comprendre dans un entretien accordé à notre confrère Le Mauricien samedi. «Le CNOM fait partie intégrante de ma vie et j’y suis ancré ».

Il serait bon que les dirigeants qui seront élus ce soir comprennent que le CNOM n’est pas une entreprise que l’on peut s’approprier, mais un monument fondamental qui est là pour œuvrer, avant tout, pour le bien être du sport dans sa globalité. Et, il a le devoir par la même de propager les valeurs de l’olympisme et de les appliquer au sein même du CNOM.

Je ne dirais pas cependant que l’équipe dirigeante sortante n’a rien fait. Au delà des couacs, souvent causés par un abus de pouvoir, elle a quand même apporté une certaine transparence dans la gestion des affaires du CNOM. Mais il faudrait beaucoup plus pour mettre le sport mauricien sur la carte mondiale et re-crédibiliser sa classe dirigeante…

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