Le terrible cancer de Lormus Bundhoo

Avec le soutien de

En ligne avec la vision du Premier ministre…le Conseil des ministres a donné son feu vert à la mise sur pied d’une agence nationale du cancer…sous le Trust Fund pour les soins médicaux spécialisés (Trust Fund for Specialised Medical Care).

C’est ce qu’annonçait le JT de la MBCTV en octobre dernier. « En ligne avec la vision du Premier ministre, Navin Ramgoolam » , qui avait également reçu le Professeur David Khayat, chef de département d’Oncologie médicale de l’hôpital Pitié-Salpêtrière de Paris, un des architectes derrière cette agence nationale du cancer.

Soit. Mais le ministre de la Santé, Lormus Bundhoo pourra-t-il nous expliquer si c’est toujours « en ligne avec la vision du Premier ministre » qu’il a préféré créer une unité ultra-moderne pour la chirurgie pédiatrique et de nommer le jeune Kevin Tirvengadum à la tête de cette unité, alors que ce pays qui a connu une explosion du cancer ces dernières années ne dispose même pas d’une salle spécialisée pour le traitement des cancéreux ? Le ministre sait-il que la chirurgie pédiatrique n’a jamais posé des problèmes dans le pays et que des centaines de chirurgies pédiatriques cardiaques sont effectuées au centre de cardiologie de Pamplemousses ?

Peut-il nous dire si c’est toujours « en ligne avec la vision du Premier ministre » qu’aucune unité de chimiothérapie n’existe dans le pays alors que le prochain départ de la responsable de l’unité de radiothérapie à Candos, la doctoresse Purrun, donne actuellement lieu à des magouilles impensables pour son remplacement ?

Lormus Bundhoo peut-il nous dire si c’est toujours « en ligne avec la vision du Premier ministre » qu’aucune enquête et analyse n’ont été effectuées jusqu’ici à la suite des allégations que certains médicaments utilisés en chimiothérapie ne donnent absolument pas de résultats ?

Il est regrettable que le ministre ne soit jamais allé de l’avant avec la décentralisation de la seule unité de radiothérapie située à Candos. Cette situation fait que des cancéreux de tous les coins du pays – de Cap Malheureux au Morne, de Tour-d’Eau Douce à Surinam – doivent faire le trajet vers Candos pour leur session de radiothérapie dans l’ambulance de l’Etat. Le ministre est-il conscient dans quel état d’extrême faiblesse ces cancéreux sont retournés chez eux à travers un long trajet dans des ambulances aussi inconfortables que les vieux autobus de la CNT ? Ces trajets sont devenus une source d’extrême souffrance à tel enseigne que certains de nos vieux refusent de s’y soumettre.

En sus de ce refus, ceux qui n’habitent pas trop loin de Candos se retrouvent souvent dépourvue de session de radiothérapie en raison de panne des appareils.

Dans de telles circonstances, le ministre Bundhoo ne peut venir nous dire que la décentralisation de cette unité de radiothérapie ne doit pas avoir priorité sur la création d’une unité ultra moderne pour la chirurgie pédiatrique.

Il est aujourd’hui clair que ce ministre n’a jamais entendu parler la cible «25 en 25» de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), soit la réduction du nombre des décès prématurés dus aux maladies non transmissibles – dont le cancer - de 25 % en 2025.

Est-il au courant que plus de 70% de tous les décès par cancers surviennent dans des pays à revenu faible ou intermédiaire. Que Maurice est malheureusement un de ces pays où le cancer a explosé avec une hausse souvent de 100 % pour plusieurs types cancer?

Il est évident que le sort des malades et des cancéreux est loin des préoccupations du ministre. Des nominations et des promotions qui ont commencé au ministère de la Santé risquent de s’accélérer avec l’approche des élections. Malheureusement, le public constatera qu’elles seront faites pour plaire aux organisations socio-culturelles et non par rapport aux priorités de la santé publique.

La seule chose de positif et la seule lueur d’espoir de nos cancéreux et de leurs parents se trouve dans le fait que  l’agence nationale du cancer sera placé sous l’égide du Trust Fund for Specialised Medical Care qui a fait ses preuves à travers son unité de cardiologie et de chirurgie cardiaque à Pamplemousses.

Cet organisme a de l’expérience en termes de prévention, car plus de 40% de tous les cancers peuvent être évités selon l’OMS. Ce trust fund pourra s’attaquer aux trois volets du cancer, soit la prévention, le traitement et l’accompagnement des malades et de leurs parents en matière de soins palliatifs.

L’ex-ministre de la Santé, Maya Hanoomanjee, avait déjà un plan pour ces trois volets et avait même obtenu des promesses de don de plus de Rs 60 millions de Maurice et de l’étranger pour un hôpital des cancéreux. La construction de cet hôpital avait fait la une des certains journaux ? Malheureusement, ces bailleurs de fonds se sont retirés après le départ du ministre et son plan à trois volets a été jeté à la poubelle.

Lormus Bundhoo a intérêt à s’occuper du terrible cancer qui ronge en ce moment son ministère. Il doit savoir que  l’histoire se répète souvent et « qu’en ligne avec la vision du Premier ministre », Navin Ramgoolam, Maya Hanoomanjee pourrait se retrouver de nouveau ministre de la Santé, et Lormus Bundhoo simple député, comme ce fut le cas quand il avait été démis de ses fonctions de ministre de l’Environnement sous l’ancien gouvernement.

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