Le pauvre fusible

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Pour tout l’or du monde, je n’aimerai pas être à&nbsp la place des deux fonctionnaires provisoirement accusés par l’Independent Commission Against Corruption (ICAC) d’avoir failli à leurs devoirs dans le traitement du dossier concernant l’achat de la clinique de Medpoint.

Je n’ai nulle compétence pour contester la décision de&nbsp&nbsp l’ICAC. Il y a des hommes de loi pour ça. Les deux accusés le savent. Maurice demeure heureusement un Etat de droit et la République peut être fière de ceux qui ont pour responsabilité de veiller au respect des droits de tout un chacun.

Néanmoins, ce qui s’est passé ce mardi 5 avril concernant l’enquête menée par l’ICAC dans ce qu’il est convenu d’appeler le scandale&nbsp Medpoint doit nous interpeller tous dans la mesure où il touche au fondement même de notre système constitutionnel. Système&nbsp basé sur le modèle westministérien où c’est le ministre qui doit en premier porter la responsabilité de tout ce qui se passe au sein de son ministère.

Aussi, j’ai du mal à comprendre comment Pravind Jugnauth peut rester en fonction du moment où l’ICAC pense qu’il y a matière à incriminer deux fonctionnaires d’un département tombant sous sa responsabilité ministérielle.

Il en est de même du ministère de la Santé. A lire tout ce qui a été avancé au parlement et ailleurs, il semblerait que ce ministère n’a pas été suffisamment vigilant dans le traitement de ce dossier et qu’il a été excessivement généreux avec l’argent du contribuable. Malgré tout, Pravind Jugnauth et Maya Hanoomajee n’ont pas l’air de vouloir se mettre sur la touche le temps que l’ICAC et le judiciaire arrivent à démêler l’imbroglio.&nbsp&nbsp

&nbspOr, il y a quelques années, le ministre de la Grande Péninsule responsable des chemins de fer avait présenté sa démission à la suite d’un accident ferroviaire ayant entraîné mort d’hommes.&nbsp Le politicien n’était pourtant pas aux commandes de la locomotive. Mais il avait vite compris qu’il avait des comptes à rendre à la nation indienne. Et par respect pour sa fonction, il s’en alla avec panache.

La responsabilité d’un élu, à plus forte raison, d’un ministre, n’est-elle pas de veiller à l’utilisation judicieuse de chaque sou versé par le contribuable ?

Ici, cependant, quand une institution est prise à défaut, quand il y a déraillement,&nbsp et contrairement à ce qui se passe dans des grandes démocraties, c’est souvent un pauvre fusible qui saute.

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