Le degré zéro de l’action politique

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Prendre un nouveau départ et envoyer un signal fort aux partenaires internationaux mais aussi à la population. C’est ainsi que le Premier ministre a présenté le remaniement ministériel effectué le week-end dernier.

Le leader du Mouvement Socialiste Militant (MSM), de son côté, a expliqué son départ du gouvernement par un chapelet de récriminations quant à la gestion des affaires de l’Etat.

Prenons ces deux messieurs au mot.  Ainsi donc, la machine gouvernementale cahotait tellement qu’il a fallu la relancer. L''atmosphère au sein du gouvernement était si suffocante que les conditions étaient invivables pour les ministres MSM. Mais cela, ils se sont bien gardés de nous le dire. 

Le bon peuple doit être reconnaissant à la Commission anti-corruption d’avoir permis de mettre fin à une mascarade.  En fait, une façade nous renvoyait l’image d’une équipe au travail, alors qu’en réalité, ce n’était pas le cas. 

Les raisons avancées par Pravind Jugnauth pour justifier sa démission ne peut qu’ahurir l’opinion. Dimanche dernier, celui qui était  le ministre des Finances du pays depuis mai 2010, a fait part de ses préoccupations et des motifs de son retrait du gouvernement. Pêle-mêle, on retrouve le refus de permettre au Human Service Trust de tenir une réunion organisée en son honneur au Ganga Talao, l’absence d’invitation à un événement organisé pour marquer la journée internationale de la Femme ou encore le retard à nommer des éléments MSM au sein des organismes d’Etat.

Pendant que notre grand argentier se penchait sur ces peccadilles, c’était la dégringolade sur les marchés boursiers internationaux. Les dirigeants des pays européens, eux, se démènent pour que la crise qui affecte l’Espagne et le Portugal, entre autres, ne se propage pas. Ici même, on note depuis des mois que l’investissement direct étranger est à la baisse, le traité de non-double imposition entre l’Inde et Maurice est sous pression,  la crise politique dans un pays voisin affecte certaines de nos entreprises. Mais, ces questions là ne semblent pas avoir préoccupé l’ex-ministre des Finances. 
En réalité, le déballage du week-end dernier a quelque chose de bon. Il a révélé au pays, si besoin était, que l’on avait, depuis un bon moment, atteint le degré zéro de l’action politique. Il y a moins de deux ans, des hommes et des femmes sont venus nous convaincre qu’ils partageaient un ardent désir de servir le pays au sein d’une équipe unie. Aujourd’hui on apprend que l’un n’a rien perdu de sa mentalité d’accapareur et l’autre n’a aucune culture politique. Edifiant !

La population peut-elle se prémunir contre pareille duperie ? La réponse ne viendra que des électeurs eux-mêmes. Aussi longtemps que l’électorat se contentera de limiter l’action politique à sa fonction représentative, la déception sera à l’agenda. Ils ne sont pas nombreux, les électeurs qui ont bien analysé l’évolution des partis et  le « track record » de nos hommes politiques avant de décider à qui accorder leur soutien.

La siuation peut changer. Pour cela, il faut que  les électeurs abandonnent leurs habitudes moutonnières. En démocratie, c’est la troupe qui décide où va le leader.

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