La vieille garde

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La nécessité du renouvellement de la classe politique revient sur le tapis. Pourquoi ? Parce que la démonstration est faite, une fois de plus, qu’il n’est pas possible de penser une nouvelle société, de rompre avec l’ordre ancien, tout en ayant la même génération de politiciens sur le devant de la scène.

La dernière preuve qui est apportée concerne l’incapacité de l’Etat à réformer les parapublics. Depuis que le Premier ministre avait annoncé un Tsunami sur les corps parapublics, le pays a vécu avec l’espoir d’un bon coup de balai à tous ceux qui dirigent si mal ces institutions. Or, le nettoyage annoncé ne s’est pas réalisé. Forcément. Le vrai changement n’arrive qu’à travers un renouvellement du personnel politique.

Navin Ramgoolam le confi rme lui-même : son gouvernement est incapable d’aller de l’avant avec l’épuration drastique qu’il avait promise. «J’aurais préféré placer les meilleurs aux meilleurs postes, mais ce n’est pas toujours ainsi», concède-t-il lors d’une intervention mercredi à Vacoas. Visiblement, il fait référence à la dictature des lobbies, notamment socioculturels.

Si le Premier ministre se sent, à ce point, les mains liées, il va de soi que la méritocratie restera un idéal qui ne sera jamais atteint. La peur des lobbies, ce n’est pas nouveau à Maurice. C’est dans les gènes des politiciens. Elle a existé sous plusieurs gouvernements.

Pour rallumer une lueur d’espoir, il faut renouveler la classe politique. Il faut un état d’esprit nouveau. Le problème, c’est qu’il n’y a de renouvellement à Maurice que lorsque les circonstances contraignent les partis à changer de peau. Aucun parti ne choisit de son propre chef de s’injecter du sang neuf. La transformation, quand elle a lieu, est une opération forcée par les événements. Ce n’est jamais un choix volontaire.

Par exemple, le PTr s’est débarrassé de sa vieille garde qu’après sa débâcle électorale de juin 1982. Si tant est qu’on puisse considérer comme un authentique renouvellement un exercice qui remplace le père par le fils à la tête d’un parti.

Tout compte fait, le népotisme ne sera pas facile à éliminer tant que les hommes politiques croient qu’en privilégiant la méritocratie ils compromettent leur survie au pouvoir. Qui leur dira qu’ils ont tort ?

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