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La transition

28 septembre 2009, 15:33

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Il a beaucoup été question, ces derniers jours, d’un retour aux sources pour le MMM. Le temps d’un anniversaire, on se rend compte que le dernier parti de la période postindépendance est en train de faire sa mue. Le PMSD n’avait, lui, pas su la faire. Il est, en conséquent, devenu un parti marginal.

Le PTr a pu, par contre, grâce à la fraîcheur de Navin Ramgoolam, au début des années 1990, et au symbolisme d’un patronyme se réinventer entre deux générations d’électeurs. Avec Navin Ramgoolam à sa tête, le PTr est devenu un parti pont entre deux générations de citoyens.

Pour le MMM, le temps d’un renouvellement de leadership n’est pas encore arrivé. C’est, du moins, ce que laisse entendre le leader du parti. De toutes les façons, un bon leader, en politique, n’est pas celui qui prépare sa succession. Mais plutôt, celui qui joue des clans pour demeurer le plus longtemps à la tête du parti.

Aucun politique ne pourra reprocher à Bérenger de s’accrocher à son poste. On n’expédie pas urbi et orbi un leader «historique» qui a encore un rôle à jouer sur la scène politique. Au moment même où ils sont nombreux à parler de refonte du parti mauve, Paul Bérenger a, lui, choisi de s’ouvrir aux femmes et hommes qui l’ont accompagné dans le passé. Il ne veut pas que son parti meurt après lui. Mais seul, il ne pourra accomplir les travaux d’Hercules qui pérenniseront le parti sur la scène politique et électorale.

Paul Bérenger se donne donc encore cinq ans avant de commencer à réfléchir à la retraite. Entre-temps, il y un dernier baroud d’honneur électoral à accomplir. Il veut aussi faire revenir certains de ceux qui ont quitté le parti en chemin. Le rajeunissement du parti ne constitue pas, seul, la solution. Il dégage, au mieux, une énergie politique qui épouse la l’évolution sociale. Le MMM ne sera, toutefois, pas le MMM s’il ne s’abreuve pas à la source de ses valeurs originelles. D’où l’insistante référence à quelques anciens qui ont contribué à l’histoire du parti.

Cela est vrai pour toutes les institutions qui ont marqué l’histoire. Que ce soit une entreprise, une ONG ou un parti politique, on ne se renouvelle qu’avec ceux qui partagent une certaine vision des choses. Pour le MMM, il s’agit d’une conception liée à l’unité nationale. Du moins, c’est le leitmotiv de ce parti. Paul Bérenger se donne encore cinq ans pour réaliser cette alchimie politique.

Le PTr a su le faire au début des années 1990. Non pas en juxtaposant des anciens et des nouveaux, mais en réalisant une équation nouvelle entre des pratiques contemporaines et une histoire passée, histoire à la fois troublante et glorieuse.

Pour le MMM de cette fin des années 2010, il s’agit également de trouver un contenant au contenu existant. C’est, à cette condition, qu’une transition devient une réussite.

Pour cela, il faut savoir jouer de l’art de la séduction et de la communication politique…