La lutte entre le Capital et le Travail

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La crise économique mondiale a réactualisé la dichotomie Capital/Travail. Et les positions exprimées par les différents partenaires tendent à se radicaliser.

Entre le patronat qui affirme que l’emploi ne peut être sauvé à n’importe quel prix et les syndicats dont les revendications s’articulent essentiellement autour des droits des salariés, il y a l’Etat qui injecte de l’argent sans pouvoir pour autant obtenir les garanties nécessaires que le secteur concurrentiel fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauvegarder l’emploi.

Dans un tel contexte, le conflit social succède au contrat social du consensus. Et tous les regards se tournent vers le patronat. La rue gronde de plus en plus. Le gouvernement demande au secteur privé de tout faire pour préserver l’emploi. Mais s’appuyant sur la crise économique mondiale, le secteur privé retrouve ses velléités de victimes qui a besoin perpétuellement d’aides. C’est une autre forme d’assistanat.

Aux mesures incitatives a ainsi succédé le Additional Stimulus Package. Soit le plan de redressement de l’économie de Rama Sithanen. L’initiative était prévisible voire incontournable. Cependant, quelques faits sont à mettre en relief.

Ce ne sont pas tous les secteurs qui sont affectés par la crise. Certains continuent «business as usual». D’autres demeurent très profitables. Même s’il est vrai que le tourisme et le secteur de l’exportation souffrent grandement de la récession mondiale.

Il est aussi vrai que le discours alarmiste de certains chefs d’entreprise peut aboutir à une forme de psychose collective. La consommation pourrait prendre un sale coup. Ce qui d’ailleurs serait préjudiciable au monde des affaires.

La peur de perdre son emploi, couplé à celle de voir son salaire gelé, contribue à enfermer le salarié dans une sorte d’hantise alors que le potentiel entrepreneur, surtout s’il veut se lancer dans une PME, risque fort de renoncer avant même d’avoir essayé.

Dans cette lutte entre le Capital et le Travail, il ne fait aucun doute que le Capital aura toujours l’avantage. Surtout lorsqu’on évolue au sein d’une économie de marché. Il n’en demeure pas moins que le monde du travail, après avoir connu un déréglage, nécessite un réagencement. Un réagencement qui se fait un peu plus au profit du salarié.

Le profit, ce n’est pas la seule prérogative du patronat…

L’objectif étant, en fin de compte, de s’assurer que la transformation de l’univers du travail se fasse pour qu’à la fois Capital et Travail puissent faire face à ce monde en crise. Autrement l’attelage de la réflexion sur l’économie pourrait devenir un tortillard.

Nazim ESOOF

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