La BoM rassurée sur l’inflation mais inquiète sur l’emploi

Avec le soutien de

Le procès-verbal de la dernière réunion du comité de politique monétaire (CPM) de la «Bank of Mauritius» (BoM) révèle que les experts se montrent plutôt satisfaits du niveau de l’inflation. Mais, ils s’inquiètent du chômage. Les membres du CPM constatent tout d’abord une dégradation de l’environnement économique global du fait de l’aggravation de la crise dans la zone euro avec le risque de sortie de la Grèce et une possible crise bancaire en Espagne. Ils soulignent également le recul de la croissance aux Etats-Unis où les chiffres de l’emploi restent faibles et la confiance des consommateurs baisse. Les experts remarquent aussi une décélération de la croissance dans les pays émergents même si les taux de progression de l’activité y demeurent supérieurs à ceux des pays avancés. Ces ralentissements de l’activité ont entraîné une baisse généralisée des cours des matières premières. En mai dernier, le «Food Price Index» de la «Food and Agriculture Organisation» (FAO), a ainsi touché son plus bas niveau depuis septembre 2008 avec un recul marqué des prix du sucre, des produits laitiers et des huiles. Quant au cours du pétrole, il affiche une tendance à la baisse depuis avril dernier. Dès lors, les membres du CPM estiment que l’inflation plafonne dans les économies avancées et suit une tendance baissière dans les pays émergents. Ce qui a permis la mise en place de politiques monétaires accommodantes destinées à soutenir la croissance.

A Maurice, l’activité économique a également ralenti. Avec des baisses notables dans le secteur de la restauration-hôtellerie, dans la construction, dans l’immobilier, dans l’agriculture et dans l’industrie manufacturière. Seuls le commerce et l’intermédiation financière ont connu un regain d’activité. Les dépenses de consommation sont aussi en repli. Les prix montrent des signes de sagesse avec une inflation moyenne sur 12 mois («headline inflation») en recul à 5,3 % en mai, contre 6,2 en février et une inflation annuelle («year on year inflation») stable 3,8 % pour le troisième mois consécutif.

Le CPM s’est toutefois alarmé de l’évolution du marché du travail du fait du ralentissement constaté tant au niveau international que local. Avec une inquiétude toute particulière concernant les taux importants de chômage chez les femmes et les jeunes. En données brutes, le taux de chômage est passé de 7,9 % à 7,5 % entre le troisième et le quatrième trimestre 2011, mais en données corrigées des variations saisonnières, il progresse en passant de 8,1 % à 8,4 %.

A la lecture de ce procès-verbal, on peut penser que la BoM s’est ménagée une marge de manoeuvre pour baisser les taux, afin de soutenir une croissance qui montre des signes d’essoufflement. Il apparaît en effet, désormais, que les préoccupations se concentrent plus sur les perspectives de croissance que sur l’inflation dont la tendance reste à la baisse à court terme. En clair, la politique monétaire devrait, dorénavant, se mettre au service de l’activité économique et oublier, du moins momentanément, les pressions inflationnistes. De quoi donner du baume au coeur des partisans d’une détente monétaire.

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