L’Art a mal aux tripes

Avec le soutien de

«A travers moi, c’est tout le gouvernement qui vous soutient.» On ne peut pas en vouloir au ministre de l’Education, et accessoirement, des Arts et de la Culture, de lancer une telle garantie aux artistes réunis dimanche au Plaza pour faire entendre leur voix. On se permettra néanmoins de douter… un tant soit peu.

Être artiste à Maurice n’est pas une mince affaire, comme dans tout pays en développement. Les structures de promotion, les sources de financement, et le marché, sont restreints. Il faut voir large. Au-delà de nos frontières. Le ministre des Finances dans son budget l’avait souligné, abondant un fonds pour soutenir financièrement la promotion de talents locaux à l’étranger.

Les bonnes intentions ne suffisent pas. Le paysage artistique mauricien souffre de nombreux maux: un manque de reconnaissance local (Éric Triton et Menwar pour ne citer qu’eux n’ont été chaleureusement applaudis qu’après un adoubement à l’étranger), le piratage d’œuvres mauriciennes privent les artistes de revenus déjà modestes (non, il n’y a pas que les œuvres américaines qu’on pirate!), l’absence de scènes où se produire (Plaza et Théâtre de Port-Louis hors service, stades interdits), et une confusion entre calendrier religieux et culture (une ineptie totale car ces festivités du calendrier ne laissent pas de place à la créativité)…

Bref, le constat n’est pas fameux. Pourtant, les talents sont nombreux, tapis dans l’ombre de la méconnaissance et des œillères braquées vers l’extérieur. Et quand on voit que le ministère des Arts et de la Culture a été fondu avec celui de l’Éducation, on se dit bien qu’on ne fait pas grand cas de la question.

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