Légitime défense : loi à revoir

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Le cambriolage, qui a eu lieu chez l’homme d’affaires Philippe Koon, relance le débat sur la légitime défense. Cet habitant de Baie-du-Tombeau s’est retrouvé, hier matin, devant un intrus qui s’était introduit dans sa maison et qui brandissait une arme tranchante. Il a tiré sur le malfrat, le blessant à la jambe.

L’enquête devra déterminer si la victime a tiré sur le malfaiteur en légitime défense. Et il incombera à la justice éventuellement de décider si un délit a été commis ou non par le propriétaire de la maison cambriolée. Mais d’ores et déjà, on peut dire que s’il arrive à Philippe Koon de se faire condamner, c’est que la loi régissant le cadre de la légitime défense est mal faite.

Excédés par les cambriolages, intimidés par le climat de terreur qui règne sur plusieurs quartiers, de plus en plus de citoyens honnêtes cherchent aujourd’hui les moyens de protéger eux- mêmes leur famille et leurs biens. Certains ont recours aux services privés de gardiennage, d’autres utilisent des caméras de surveillance ou des armes à feu comme matériel de dissuasion mais chacun se sent obligé d’organiser sa défense.

La loi sera- t- elle du côté de ces citoyens qui souhaitent tout simplement vivre tranquillement chez eux et dormir sereinement la nuit ? A Baie-du- Tombeau, le malfrat avait dérobé quelques objets de valeur, semble-t-il. Le pire, c’est qu’au- delà du préjudice économique, un traumatisme est causé à celui qui vit un cambriolage.

Maintenant, si pour se protéger, il blesse le cambrioleur et se voit contraint d’affronter des poursuites judiciaires, l’injustice est totale.

C’est, en tout cas, ce que pensent les juges britanniques les plus réputés. Le premier d’entre eux, Lord Judge, a pris position en septembre dernier sur la protection des maisons face aux cambriolages : « You’ve got to put yourself in the position of the man or woman who has reacted to the presence of a burglar and has reacted with fury, with anxiety, with fear and with all the various different emotions which have been generated and has no time for calm refl ection. » Réponse cinglante à ceux qui voient le problème sous un angle juridique étroit et invoquent le principe de proportionnalité.
 
 
 

Raj MEETARBHAN

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