Insupportable condescendance

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Les articles concernant l’affaire Caterino provoquent beaucoup de commentaires sur lexpress.mu, dont certains ont été rejetés. Celui qui suit est cité ici pour être dénoncé, parce qu’il est révélateur d’un certain état d’esprit :
«Quelle honte ! Le gouvernement mauricien anti droit de l’homme chasse maintenant ses victimes jusqu’en Europe ! Caterino sera bientôt torturé par la police en représailles

La personne qui a envoyé ces remarques a rigoureusement choisi ses mots : honte, anti droit de l’homme, chasse, victime, torture, représailles.
Des mots loin d’être innocents, révoltants par ce qu’ils colportent comme accusations malveillantes.

D’abord, on imagine mal le Principal State Counsel, Mehdi Choonee, et le chef de la Central Investigation Division de Savanne, l’inspecteur Sailesh Omrahoo, en agents d’une gestapo à la mauricienne.

Ensuite, la «victime» en question a fait passer 51 583 comprimés de Subutex. Il ne manquerait plus à ses défendeurs que d’essayer de faire croire que Caterino était animé du désir de faire de l’humanitaire. A Rs 1 000 le comprimé, cela aurait quand même rapporté quelque Rs 52 millions…

Le hasard veut qu’en ce moment même, la France et le Mexique vivent des relations tendues à cause de l’affaire Cassez, du nom de cette femme condamnée à soixante ans de prison par la justice mexicaine pour enlèvement, séquestration, délinquance organisée et possession d’armes à feu réservées à l’usage exclusif des forces armées mexicaines
Il y a quelques jours, le Mexique a décidé de se retirer de la célébration de l’Année du Mexique en France. Cela suivant la décision du président français de dédier cette manifestation à Florence Cassez.

En mars 2009, les présidents français et mexicain, Sarkozy et Calderon, convenaient de l’institution d’une commission juridique chargée de régler la question de ‘transfèrement’ de Florence Cassez en France pour qu’elle purge sa peine. Mais quelques mois plus tard, Calderon annonçait qu’elle purgerait la totalité de sa peine au Mexique, les conditions qui lui permettraient d’être transférée n’étant pas réunies.

Comment ne pas approuver Calderon quand on sait ce qui est advenu des meurtriers du photographe portugais Fernando Pereira tué lors de l’explosion, en juillet 1985, du Rainbow Warrior de Greenpeace ?

Les responsables, Alain Mafart et Dominique Prieur, condamnés la même année à dix ans de prison en Nouvelle Zélande furent autorisés à purger leur peine sur l’île de Hao en Polynésie française, en application d’un accord conclu entre les deux pays.

On devine la suite : ils purent rentrer assez vite dans leur pays et ne purgèrent pas la totalité de leur peine, malgré un jugement d’une commission de l’ONU qui estimait que la France avait violé un accord international.
Nous avons nos raisons d’en vouloir parfois à notre police ou à nos politiques. Mais, de grâce, autant que le Mexique ou la Nouvelle Zélande, l’Ile Maurice est un Etat de droit.

Et surtout respectueuse du droit international.
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