Gilets fluo, motards : encore de l’à-peu-près !

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L’annulation des taxes à l’importation sur les motocyclettes de moindre cylindrée a eu pour conséquence une explosion des ventes dans ce segment. Ce sont les chiffres qui parlent et les chiffres confirment aussi que les motocyclistes sont vulnérables sur nos routes. C’est une réalité !

En parlant de mesures de prévention et de sécurité pour les deuxroues, le bémol demeure l’absence de moto-école et surtout des procédures et des protocoles obsolètes en ce qui concerne l’obtention du permis. Mais cela aussi, à défaut d’initiative, nous nous y sommes faits. Hélas, c’est devenu une partie de notre culture locale.

Les motards sérieux portent des gilets fluorescents depuis belle lurette. La plupart de ces équipements portent la griffe de marques célèbres. La qualité de ces produits est indéniable car suivant des normes très strictes, en l’occurrence celles du fameux CE.

Dans tout ce méli-mélo, ce qui est inquiétant, c’est que ces mêmes produits sont maintenant hors la loi selon les dires de la «Traffic Branch» et, si on se réfère aux directives écrites, ils ont raison ! La question qu’il faut, dès lors, se poser est celle-ci : est-ce que les décideurs ont fait une recherche appropriée ? C’est-à-dire visiter les concessionnaires sérieux et prendre des échantillons pour définir les normes locales. Il est fort probable que cet exercice n’a pas eu lieu, sinon comment expliquer que des gilets Alpinestars, Revit, Racer ou autres, de réputation mondiale, certifiés CE, dans la soirée du 31 décembre 2013 sont soudain classifiées… hors norme ?

Est-il nécessaire de démontrer que les gilets de construction ne sont pas appropriés pour les motards ?

Selon ce qui est prescrit, il faut que les bandes réfléchissantes soient de 50mm de large mais, par contre rien n’est précisé sur la longueur ? Quand la France avait voulu imposer les gilets fluorescents, on avait, plus raisonnablement, mentionné une surface de 15cm2 pour les bandes réfl échissantes.

Quand on parle de couleur, il faut être précis. On parle de pantone et non pas de lime fluo, etc. Il faut que les importateurs et aussi ceux qui commandent sur internet puissent avoir des détails précis sur ces normes. Mais tel n’est pas le cas. C’est du flou que l’on vient nous rabâcher matin et soir sur les ondes.

D’autre part, ce qui est sur toutes les lèvres, c’est le prix des gilets qui, avant le 1er janvier, oscillait entre Rs 80 et Rs 125 alors que récemment les prix ont avoisiné Rs 300. Évidemment…

Selon ces nouvelles ordonnances, il n’est pas permis de porter un sac à dos. Enter donc le top box et la c’est du «bigger business»… Pour sûr ! Pour qui ?

Si on veut être crédible en évoquant la sécurité des motards, il faut garder cette ligne de conduite de manière cohérente. Les gravats sont légendes aux alentours des rondspoints, c’est assez normal car notre pays est un grand chantier. Mais ne pas déblayer ces «chippings» est une incitation aux accidents !! Quid des chiens errants qui pullulent sur nos routes ? Alors que certains pensent que les chiens voient en blanc et noir, il est plus précis de dire que les chiens ne distinguent pas les couleurs vives.

Et puis il est quand même impérieux d’apprendre à manier une motocyclette. Pourtant, les lois sont ainsi faites à Maurice qu’un jeune de 17 ans peut enfourcher une moto de 1000cc simplement avec son «learner». La classification est désuète depuis des lustres et rien n’a été fait dans ce sens.

Un motard sérieux portera des gants, des bottes ou des chaussures, jamais de sandalettes. Son blouson est ‘CE’ conforme, il préfère un jean et évite de porter des shorts. Il est aussi vrai qu’il y a énormément de produits contrefaits sur le marché qui ne sont pas aux normes et c’est peut-être là que les autorités ont un rôle crucial à jouer.

Avec ces nouvelles normes, la sécurité routière vient de prendre un sacré coup. Nous nous dirigeons, en effet, tête baissée vers la médiocrité car si le port du gilet n’est pas un problème en soi, ce sont les centimètres qui font défaut dans tous les cas de figure.

Les textes de loi sont rédigés et, même s’il existe un manque de précision, ce sont ces textes qui ont force de loi. Les multiples interprétations possibles des conseillers spéciaux ne font que discréditer cet exercice. Si on ne doit pas porter de sac à dos, on ne doit pas le faire même si le sac a une bande réfléchissante ! C’est la loi, un point c’est tout.

La suite logique ? D’abord, appliquer la loi dans toute sa rigueur, deuzio : apporter des amendements pour prendre en compte certaines réalités et finalement «someone must go…»

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