Débat éclairé

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C’est un effet collatéral du débat sur l’avortement. Il a contribué à améliorer l’image de notre démocratie parlementaire, fortement dégradée depuis quelques années. Les élus ont su, cette fois, se montrer à la hauteur de la situation.

Discours dépassionnés de la plupart des intervenants à l’Assemblée nationale, une relation majorité-opposition redevenue normale et des prises de position qui font honneur au sens de responsabilité des parlementaires : les conditions sont réunies pour un bon fonctionnement de la démocratie. Ainsi, quelle que soit l’issue du vote final, mardi prochain, on constate déjà que le pays sort vainqueur de ce débat. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. L’annonce de la présentation du projet de loi avait mis en ébullition toute la sphère médiatique et citoyenne. Beaucoup craignaient des dérapages. L’on redoutait un recul de l’esprit républicain au profit des courants inspirés par d’autres valeurs. Tel n’est pas le cas.

Il y a eu, bien entendu, des élus qui ont adopté des positions fondées sur des thèses contestables. Ce fut le cas notamment pour la députée MMM Lysie Ribot qui s’est appuyée sur des statistiques douteuses pour affirmer que les femmes qui se font avorter sont plus susceptibles de commettre des accidents de la route. Toutefois, dans l’ensemble, le débat reste sérieux.

En particulier, Shakeel Mohamed a eu le mérite de bien cadrer le débat et d’expliquer le rôle qui revient à un parlementaire dans un système démocratique. Être député, a-t-il fait ressortir, c’est accepter que l’intérêt général prime sur les convictions personnelles.

En politique, rien n’est personnel, dit le ministre. Tout est question d’équilibrage des valeurs qui traversent la société. Certes, tous veulent protéger la vie, celle de la femme quand ce n’est pas celle du foetus, mais tous ne croient pas au respect du choix d’autrui en matière d’avortement. Imposer ses idées serait «un manque de respect à la démocratie».

«My role as a Parliamentarian here is not to impose my personal view on my Constituency. My role as a Parliamentarian, Mr Speaker, Sir, is not to impose my views on the people of Mauritius», a conclu Shakeel Mohamed. Voilà une réflexion qui fait progresser la qualité de notre démocratie.

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