Corruption électorale

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Alors que le gouvernement est sur le point de tenir des élections régionales, les électeurs ne vont pas bouder leur plaisir. Les habitants des villes et villages retrouveront avec joie le chemin des urnes, après plus de sept longues années sans aucun scrutin local. Mais, il n’en reste pas moins que nous n’avons pas la garantie que ces élections seront libres et équitables.

S’il n’y a pas de bourrage des urnes à Maurice, il existe, par contre, une série de pratiques susceptibles de pervertir les consultations électorales.
L’une d’elles est perceptible à l’odorat.

Personne ne peut rater l’odeur de l’asphalte en ce moment. Du reste, l’entretien des routes durant la période pré- électorale fait partie du folklore local et on s’en accommode désormais.

Pourtant, cette activité constitue une forme de corruption électorale.
Il est courant, à la veille d’élections, d’asservir tout l’appareil d’Etat à des fins partisanes.

Des emplois sont offerts dans les institutions parapubliques, des permis sont délivrés par les autorités, des équipements sportifs ou musicaux sont distribués aux clubs de quartier, etc. Pour compléter la panoplie des cadeaux offerts aux frais du contribuable, certains sont allés jusqu’à proposer des « tempo » et des cimetières aux électeurs.

Sur le plan logistique également il y a des abus. Des ministres font campagne en utilisant leurs voitures de fonction. Leurs attachés de presse, payés par l’Etat, sont généralement très présents sur le terrain. Ils n’hésitent pas à intervenir auprès des administrations publiques pour régler les petits problèmes de leurs partisans.

Ces faits sont observés régulièrement.

Il n’y a jamais eu de sanction. Les dénonciations des partis d’opposition ou des défenseurs des droits démocratiques ne parviennent pas jusqu’aux oreilles des autorités chargées de surveiller la campagne.

La neutralité que la loi impose au service public audiovisuel est loin d’être respectée.

Le directeur de la MBC pourrait jouer, lors des municipales, un rôle encore plus important que celui de l’ensemble des ministres et des « Chairmen » des corps parapublics qui se mobiliseront pour la campagne.

Il existe un cadre institutionnel qui impose une conduite éthique aux participants à une élection. Les partis politiques ne le respecteront que lorsqu’ils sentiront que les infractions seront traitées avec fermeté.

Raj MEETARBHAN

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