Budget 2014 – La continuité

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Le ministre des finances a présenté son troisième budget dans un contexte particulier.  Sur le plan international, nos principaux marchés, notamment la France et l’Angleterre, sont fortement touchés par la crise et ont connu une croissance qui n’est guère reluisante.  Les Etats-Unis peine à sortir de sa torpeur économique.  L’Ile Maurice n’étant pas à l’abri de ces aléas internationaux, nos indicateurs macro-économiques en reflètent les répercussions.

Avec une marge de manœuvre faible, le ministre des finances ne pouvait pas se permettre des largesses sur le déficit.  Il était donc impérieux qu’il présente un budget de continuité, maintenant le cap sur la voie tracée lors des deux précédents budgets. À ce titre, le fait que le budget est venu avec la ferme intention d’alléger les lourdeurs d’antan avec des mesures visant à faire bondir les différents secteurs de notre économie, nous réjouit.  Gérer l’économie de façon responsable, c’est ce qu’on attendait et on n’est pas déçu, car le budget 2014 se décline en un savant mélange de mesures économiques et sociales.

Sur le plan économique, il est encourageant de noter que le budget a favorisé des mesures concrètes visant à améliorer le climat des affaires au lieu des mesures abracadabrantes.  Le budget ambitionne une croissance de 3.8% à 4% en 2014 et il contient un véritable chapelet de mesures favorisant l’émergence et l’épanouissement du secteur des PMEs en vue de créer plus d’emplois.  Les décisions prises en faveur des petites et moyennes entreprises (PMEs) lors des trois derniers budgets constituent effectivement un Plan Marshall pour ce secteur visant à multiplier le nombre d’acteurs économiques.

L’objectif d’augmenter la part du marché public revenant aux PMEs de 11% en 2013 à 20% dans les trois prochaines années mérite d’être souligné.  Cela passera par la formation dispensée par le Public Procurement Office en vue de permettre aux PMEs de répondre à des appels d’offres publics.  La simplification des documents y relatifs aidera certainement.  Nous vivons à l’ère informatique et les PMEs ne seront pas laissées sur la touche.  Pour leur donner une meilleure visibilité, elles bénéficieront des sites internet basiques gratuits.  D’ailleurs, afin d’encourager leur participation aux foires à l’étranger, les allocations sont maintenues.

L’accès au financement aux PMEs a aussi été démocratisé.  Les PMEs générant moins de Rs 10 million de chiffre d’affaires par an bénéficieront d’une garantie du gouvernement allant jusqu’à 70% du montant emprunté.  De ce fait, les PMEs n’auront pas à fournir de garantie qui jusque-là constituait un obstacle à leur développement.  Dans le but de réduire davantage leur coût de revient, des espaces qui leur seront dédies seront aménagés à Plaine Magnien et Solitude.  Ces espaces seront ainsi loués aux PMEs avec une subvention de 50% sur le loyer pendant trois ans.

Le budget 2014 jette aussi les jalons pour quatre nouveaux piliers économiques, notamment : L’économie bleue comprenant entre autres l’extraction de l’eau des fonds marins, utilisation des algues, et le Pretroleum hub; L’économie verte avec l’utilisation de la biomasse pour la production de l’électricité, la production alimentaire durable et l’utilisation des énergies renouvelables ; la mise sur pied d’une industrie du film; et la stratégie africaine visant à encadrer les sociétés mauricienne s’exportant vers l’Afrique.

Certes, les retombées de ces nouveaux secteurs ne se feront sentir qu’à long terme.

L'Afrique est sous les feux des projecteurs et le continent est considéré comme une terre d'opportunités.  Les opportunités d'affaires sont une réalité et elle ne doit plus être ignorée.  En valorisant le commerce avec les pays africain,  le ministre des finances a démontré la volonté de l’Ile Maurice d’être parti prenante de cet envol.  Dans ce sillage, on accueille chaudement la mise sur pied d’un Mauritius/Africa Fund de Rs 500 millions échelonnés sur 5 ans.   De plus, la participation de l’Etat à hauteur de 10% dans des sociétés mauricienne exploitant la filière africaine et le rôle accru que jouera le Board of Investment sont des véritables incitations.

Le budget 2014 fait aussi la part belle aux aides sociales destinées à ceux au plus bas de l’échelle.  Avec l’augmentation de la pension de vieillesse par 3.7% et le retour du concept de repas chaud dans les écoles ZEP, le budget se place au chevet des plus vulnérables de notre société.  Rs 100 million est aussi prévu pour le Income Support Programme destiné à 8,000 familles vulnérables vivant avec moins de Rs 6,000 par mois.

Pour soutenir les familles à revenus moyens, il est prévu de constituer un Housing Empowerment Scheme et de rembourser à hauteur de Rs 300,000 la TVA encourue lors de la construction d’une maison ou d’un appartement coûtant  moins de Rs 2.5 million.  Ces mesures ainsi que la baisse de l’apport nécessaire de la famille pour un emprunt bancaire à 5% viendront certainement faciliter ceux désirant d’avoir un toit.  

Le budget 2014 est ambitieux et il est tourné vers l’avenir.  Il sera jugé dans la mise en application des mesures annoncées.  À ce titre, la mise sur pied d’un comité pour faire le suivi des mesures budgétaires est fort louable.  L’élimination des goulots d’étranglements dans la réalisation des projets d’infrastructure publique est un véritable défi.   Les signes de reprise aux  Etats-Unis sont de bon augure pour l’économie mondiale.  Croisons les doigts pour que l’Ile Maurice soit prête pour ne pas rater le train de la reprise.

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