Ashock Jugnauth persiste et signe

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«On vous redonnera ce terrain quand on retournera au pouvoir», affirme-t-il.

Trouvé coupable de corruption électorale par la Cour suprême et le Conseil privé, le député déchu de Quartier-Militaire/Moka mène campagne sur plusieurs thèmes pour retrouver son siège grâce à la partielle qui se tient dans cette circonscription. L’un de ces thèmes est pour le moins paradoxal. Le leader de l’Union Nationale (UN) affirme, en effet, que si l’alliance Mouvement Militant Mauricien (MMM), le Parti Mauricien Social Démocrate (PMSDet son propre parti arrive au pouvoir, le terrain qui a provoqué l’invalidation de son siège sera retourné à ses anciens mandants.

Manque d’égard vis-à-vis des institutions du pays? Pure surenchère électoraliste? Homme politique prêt à tout pour retrouver son siège? Populisme caractéristique de notre personnel politique? Il y a sans doute un peu de tout cela. Probablement, la déclaration d’Ashock Jugnauth démontre que, malgré la décision de la Cour prononcée contre lui, on est encore loin d’un véritable changement des méthodes de mener campagne.

Probablement, nos politiques vont être un peu plus prudents. Mais il n’en demeure pas moins que les règles ne sont pas encore clairement établies. Le code de conduite proposé risque de n’être que comme ce plafond de dépenses imposé à chaque candidat lors des consultations populaires. Plafond jamais respecté. C’est ce qui est révoltant dans toute cette histoire.

Un Premier ministre dont l’un des candidats battus déclenche la partielle. A laquelle, il ne se présente pas. Un Premier ministre qui décide d’organiser la partielle et qui quitte le pays en pleine période de campagne. Un leader de l’opposition qui soutient un candidat, non membre de son parti, alors qu’il clame haut et fort que son parti est celui qui est le plus fort dans le pays. Un candidat Ashock Jugnauth qui n’hésite pas de faire preuve de défiance à l’égard des pratiques qui l’ont vu quitter son siège de parlementaire. Un autre candidat, Pravind Jugnauth, qui se prête au jeu juste pour pouvoir faire la démonstration de sa force.

Voilà où en est la classe politique.

Pourtant ses principaux acteurs ne cessent de répéter qu’en cette période de difficultés économiques, c’est aux moyens d’éviter au pays de sombrer qu’il faut réfléchir. Or, force est de constater qu’ils sont tous très loin de cette considération. Évidemment, c’est le contribuable qui passe à la caisse.
Pire. Ce sont les valeurs démocratiques, le respect de l’électeur, l’adhésion à un corpus de règles qui sont bafoués.

Mais puisque les électeurs semblent être émoustillés par cette agitation ambiante, pourquoi s’en offusquer outre-mesure…


 

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