Comment gouvernera-t-il la France ?

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Le réveil est douloureux pour Emmanuel Macron. Il est tombé de son litpiédestal. À peine réélu président de la République française, le voilà sanctionné, quelques semaines plus tard, par les mêmes électeurs. Le second tour des législatives, avec une participation faible de… 46,23 %, a surtout pris dimanche des allures de référendum anti-Macron. L’abstention des jeunes est encore plus préoccupante car elle traduit une rupture générationnelle que Macron n’a pu réparer jusqu’ici en se positionnant «ni à gauche, ni à droite». 

La coalition Ensemble ! n’aura donc plus les coudées franches à l’Assemblée nationale, à moins d’arracher un accord avec la droite, si celle-ci voudrait bien l’aider à sortir de cette impasse politique inédite. En réalité, Macron, en position moins avantageuse, a davantage besoin d’elle que l’inverse. 

Tout ça pour ça ? Après avoir pris du temps pour accoucher de son cabinet et de sa Première ministre Elisabeth Borne, voilà que trois ministres de Macron ont mordu la poussière. Ce qui implique un remaniement de fond en comble. En termes de leadership, même si Borne a, elle, été élue, son sort est déjà dans la balance. La politique ne cultive pas les états d’âme. Si ce n’est pas chic de lui faire endosser le camouflet électoral, il est manifeste que la technocrate n’a pas l’épaisseur politique pour naviguer dans les forts courants qui commencent à secouer le gouvernement. Pourra-t-elle garder le cap avec la décomposition-recomposition du paysage politique ? Ou Macron devrait-il plutôt confier le fauteuil à quelqu’un de la droite ? Quelle que soit sa décision, la cohabitation sera laborieuse et Macron devra surtout veiller à ne pas devenir, comme on dirait aux États-Unis, un «lame duck president», obligé de gouverner par décrets uniquement. 

En tentant de se focaliser à la fois sur l’extrême-droite et l’extrême-gauche, Macron leur a rendu un double service cette fois-ci. La Nupes de Mélenchon (qui n’a pas réussi son pari de devenir Premier ministre) et le RN de Marine Le Pen ont fait nettement mieux que les prévisions des sondages. Se dissociant du parti des abstentionnistes, le plus grand parti de France avec 53,77 % d’inscrits, les votants ont voulu rappeler qu’ils avaient toujours voix au chapitre et qu’ils veulent qu’on s’occupe davantage de leurs problèmes concrets et quotidiens (pouvoir d’achat, sécurité intérieure) au lieu de voler au secours de l’Ukraine ou de l’Europe. 

Et maintenant ? Macron devra faire quelques pas de danse à gauche et d’autres pas à droite, partagé entre les deux lorsqu’il faudra faire voter des textes de loi. Plus jamais son mandat coulera comme un long fleuve tranquille…

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