Les votants étrangers, surtout les Bangladeshis, most welcome !

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Les dirigeants de ce qu’on appelle les démocraties avancées auront intérêt à venir tirer avantage des leçons de bonne gouvernance et du respect des droits humains à Maurice. Notre Premier ministre, Pravind Kumar Jugnauth (PKJ), a de façon fort convaincante exprimé son attachement au droit de vote pour des étrangers vivant à Maurice. En effet, notre pays, dans un bel élan de solidarité humaine, offre le droit de vote chez nous à des résidents étrangers. C’est un droit acquis depuis l’époque coloniale et cela, comme dirait PKJ, est ‘enshrined’ (enchâssé) dans notre Constitution. 

Enshrined comme l’indépendance de l’office du Directeur des Poursuites publiques (DPP) mais cela est moins sacré que le droit de vote aux étrangers. C’est pour cette raison d’ailleurs qu’il y a eu tentative, après 2014, d’éliminer l’institution qu’est le DPP pour la remplacer par un corps contrôlé par l’exécutif politique. Par contre, droit sacro-saint, pas question de toucher à la participation des étrangers à des élections générales à Maurice. C’est ce qu’a souligné PKJ lors de sa réplique à la Private Notice Question (PNQ) de Xavier Duval le mardi 17 mai. 

On comprend à partir de cette prise de position de PKJ que l’indépendance du DPP dérange le pouvoir en place mais pas le vote des étrangers. Depuis les élections de 2019 et le meurtre de Soopramanien Kistnen, il a été beaucoup question de la participation controversable des votants étrangers, surtout des ressortissants bangladeshis, aux élections générales qui virent la victoire du MSM avec 37 % des voix. Si Kistnen était encore en vie, il aurait pu faire des révélations sur l’opération mise en place pour faire voter des Bangladeshis, le plus fort contingent des travailleurs étrangers résidant à Maurice. Ils seraient entre 30 000 et 40 000 ces étrangers employés par diverses entreprises. 

Plus aucun doute maintenant que des travailleurs étrangers seront encore une fois embrigadés pour les élections générales prévues pour 2024. Le parti au pouvoir part avec tous les avantages de logistique quand il est question d’utiliser des étrangers soit comme électeurs, soit comme participants à des rassemblements. C’est à Dinesh Ramjuttun, jadis un fougueux combattant pour la cause d’Anerood Jugnauth, qu’on doit les toutes premières tentatives d’exploiter le riche potentiel que représentent les travailleurs étrangers dans le combat partisan à Maurice. Ainsi, Ramjuttun eut recours à ces étrangers pour venir grossir les foules du MSM quand la force numérique des différents rassemblements politiques était utilisée comme arme de combat. Lors d’un meeting Jugnauth à la gare de Vacoas, la présence d’ouvrières chinoises ameutées par l’inimitable médecin-politicien Ramjuttun ne passa pas inaperçue. 

De son attrait folklorique au départ des années 1980, le travailleur importé a évolué en redoutable arme électorale en 2019. Car différents rapports indiquent que des étrangers ont été utilisés aux dernières élections. Vu que dans certaines circonscriptions, seulement des dizaines de votes séparaient les gagnants des vaincus, cela prouverait qu’il n’était pas nécessaire de véhiculer des milliers et des milliers de Bangladeshis vers les centres de vote. Quelques centaines de votants spéciaux auraient pu faire toute la différence. Malheureusement Kistnen n’est plus de ce monde pour décrire dans les moindres détails le modus operandi de ce mécanisme. 

Le Mauricien résidant à l’étranger n’a pas le droit de participer à des élections dans son île natale en cette ère de télécommunication instantanée et sécurisée. Par contre, pour l’étranger jouissant du soleil et du ciel de Maurice, le droit de vote fait partie de la proverbiale hospitalité de l’île. De ce fait, Maurice se classe au même rang que la Grande-Bretagne et quelques petites îles du Commonwealth dans la pratique de l’octroi du droit de vote à des citoyens du Commonwealth*. Toutefois, les grands du Commonwealth comme l’Inde, le Canada et l’Australie réservent le droit de vote uniquement à leurs citoyens. Donc pour Maurice, quand il est question du droit de vote à des étrangers, c’est la Grande-Bretagne qui est vue comme role model. On oublie les Chagos. 

La grande différence entre les deux pays, c’est qu’à Maurice, le parti au pouvoir dispose d’une base de données sur chaque ouvrier étranger, le lieu de travail où il est déployé, le dortoir où il part se coucher. Le contracteur qui fait venir l’étranger est un homme de confiance du gouvernement, un proche d’un ministre. Et que le jour fatidique, le pouvoir est capable de charger une petite équipe de mobilisateurs comme Kistnen to get out the vote (GOTV) de ces étrangers. C’est l’effort de GOTV le jour du scrutin qui compte le plus dans tous combats politiques et électoraux. Le MSM seul est capable de battre tous les autres partis du pays quand il s’agit de la maîtrise du dispositif du GOTV.


*https://en.wikipedia.org/wiki/Right_of_foreigners_to_vote

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