Forte polarisation

Avec le soutien de

Au-delà d’un gouvernement usé par le Covid-19 et la succession de scandales y relatifs, qui semble attendre tranquillement que ça se tasse, des retrouvailles circonstancielles et circonstanciées entre Ramgoolam, Bérenger et Duval, du recomptage par la Cour suprême des voix pour séparer l’élu Ivan Collendavelloo et la non-élue Jenny Adebiro (sans le concours de la commission électorale), du regroupement de l’opposition à Rodrigues, avec le soutien du PMSD, pour tenter de mettre fin au règne de Serge Clair/ l’OPR, l’on ne devrait pas sous-estimer l’authenticité du désir de changement que partagent, de plus en plus, des Mauriciens de tous bords. Face à la flambée des prix des denrées alimentaires (dont celui du lait, qui devrait aussi augmenter, faute de subsides), chaque conversation de rue abonde dans le sens d’un ras-le-bol quasi-généralisé.

Mais attention, ce changement n’est pas qu’un jeu de la chaise musicale. La majorité des Mauriciens ne sont ni des ennemis du pouvoir, ni des suiveurs de l’opposition, même si celle-ci, malgré ses faiblesses inhérentes, tient les beaux rôles d’agitateurs pressés ou de révolutionnaires neufs.

Dans le contexte socio-économique actuel, qui évoque surtout une impasse sans issue, ce n’est pas le nombre de tickets (35 ou 32 au PTr ?) aux prochaines législatives, encore moins la répartition des postes de responsabilité à Maurice ou dans les ambassades, qui intéresse le grand public. Les Mauriciens souhaitent un changement de tempo gouvernemental radical. Ils en ont marre des abus et des passe-droits des dirigeants qui ont pourri les institutions publiques en y plaçant leurs laquais. Ils veulent, entre autres mesures économiques nécessaires, freiner la spirale de l’endettement – des ménages et du pays – et remettre, au-delà des discours, le développement intégral et intégré sur les rails. Afin de freiner l’exode des cerveaux et, partant, faire revenir nos fils et filles qui sont dégoûtés par le népotisme ou communalisme ambiant ainsi que les effluves de corruption émanant du pays natal.

Même si les experts en sciences politiques ne tombent jamais d’accord sur tous les critères définissant et mesurant la démocratie, il y en a au moins huit qui s’avèrent incontournables : 1) le droit de vote, 2) le droit d’être élu, 3) le droit des chefs de parti politique de faire campagne, 4) le droit à des élections libres et transparentes, 5) la liberté de se regrouper, 6) la liberté de s’exprimer, 7) l’accès aux sources plurielles d’information (soit des journaux, des radios et des télévisions privés pour contrebalancer la propagande gouvernementale infecte), 8) des institutions de l’État qui travaillent dans la transparence, en toute indépendance, insoumises au régime en place.

Ces critères, étudiés pour comparer le degré de démocratie sur une échelle internationale, méritent que l’on s’y attarde si l’on veut réellement aller de l’avant, comme nation et pays, et non pas comme un peuple de suiveurs dépourvus d’esprit critique et friands d’auto-flagellation.

Il est encore temps de freiner nos dirigeants du gouvernement et de l’opposition afin de nous protéger contre leur conception du progrès électoral, voire constitutionnel. Il nous faut rester lucides afin d’éviter de perdre quelques acquis démocratiques. Souvent, en désespoir de cause électorale, des dirigeants creusent leur propre trou et deviennent fous. Mais ceux épris de liberté savent que le plus important est de veiller au renforcement, et non pas au délitement, du front et des forces de la démocratie. Une polarisation entre deux blocs, encore une fois, pourrait vider le centre et le débat public de leur substance. Ce serait alors l’affrontement systématique jusqu’aux prochaines législatives. Est-ce que cela n’a pas déjà commencé avec l’affaire Mike Brasse ?

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