Tous des «pêcheurs» pour le compte de LaKwizinn

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Cordonnier, dame-berri, carangue, espadon, vieille rouge, sacré-chien, thon, sinon barracuda et requin : aucune prise n’est trop petite ou trop grande aux mains des «pêcheurs» que LaKwizinn a placés, tant à l’intérieur des lagons que dans «la mer dehors». Pêche à la ligne, pêche à l’épervier, pêche à la senne aux dimensions légales et illégales et même pêche à la dynamite, tout est permis. 

Et les «pêcheurs» dans ce beau monde ? Le dernier «pêcheur» mis en service s’appelle Ken Arian, jadis spécialiste dans le service de Red Label et de pistaches Tropic dans la classe économie d’Air Mauritius. Ken Arian se voit propulser dans la première catégorie des «pêcheurs», au même titre que le maharaja Sherry Singh et l’autre «spécialiste» qu’est Sattar Hajee Abdoula. Ce n’est pas la méthode utilisée qui compte. C’est la prise qui compte. En attendant que Ken Arian complète sa provision d’appâts, Abdoula a déjà livré une grosse cargaison avec des avions vendus pour «dipin diber». 

La mer est assez grande pour que tous les «pêcheurs», bénis par LaKwizinn, fonctionnent en parfaite coordination. Mais il y a «pêcheur» et «pêcheur». On laisse le lagon pour les petits «pêcheurs» genre quincailliers, bijoutiers et autres Dewdanee, qui réussissent à capturer des petits rougets ou cordonniers, souvent aux dimensions proscrites par les autorités. Par contre, le «poisson» Pack & Blister a été pris dans les filets par un plus gros «pêcheur» dont le bateau est équipé de moteur central et d’antenne de satellite pour les communications. 

Le «pêcheur» Harvesh Seegolam a été dépêché sur de riches bancs de poissons. Les bateaux de sa flottille portent le nom Mauritius Investment Corporation (MIC). La possibilité de «pêche» est tellement énorme que Seegolam dispose aussi d’un navire-usine. Comme diraient les «pêcheurs» de Grand-Gaube, face à une telle abondance de poisson, l’agréable tâche de capture consisterait à «mété-tiré». 

D’autres capitaines sont eux aussi actifs sur des embarcations battant pavillon LaKwizinn et nommées Mauritius Telecom, State Bank, Maubank, SICOM, State Trading Corporation, State Investment Corporation, Landscope… Chacun y contribue sa part d’extraction des richesses, happant homards, «bourses», capitaines, cateaux-gaumon, thons, bécunes. 

Au fait, les sorties en mer sont toujours fructueuses. Et les intempéries et la mer houleuse, alors ? Au fait, même une catastrophe s’avère finalement payante. On prend le cas d’Air Mauritius en administration, confiée au patron de Délie & Sons au lieu d’un médecin-urgentiste. Délie & Sons en tire une fortune. Ce qui semble être une braderie dipin-diber serait en réalité un énorme business où l’on s’est tapé gros, bien gros même. Qui ont été les vrais bénéficiaires de la vente des avions d’Air Mauritius pour quelque Rs 300 millions ? Deux A319 ont été vendus pour Rs 300 millions et deux A340 pour Rs 17 millions. Ces Rs 17 millions ne seront payés qu’au moment où la marchandise aura rapporté quelque chose à l’acheteur. 

Pourquoi cet empressement suspect à vendre pour Rs 300 millions alors que le gouvernement accordait une aide de Rs 12 milliards ? Quelle différence Rs 300 millions font-elles dans la caisse alors que Rs 12 milliards tombent du ciel ? Délie & Sons avait-elle eu l’assentiment du board d’Air Mauritius avant de procéder à une telle liquidation des avoirs ? A-t-on annoncé une offre de vente internationale ? Ces avions valaient plus de Rs 3,5 milliards. 

Le gros «pêcheur» a dans ce cas, remis officiellement quelques cabots, rougets et bambaras (concombres de mer) aux actionnaires mais la prise cachée de sacré-chien dans la cale du navire a été conséquente. Qui en sont les intermédiaires ? Comment les commissions ont-elles été reparties ? Quels opérateurs, nouveaux ou anciens, vont-ils faire voler ces avions ? Réponse dans quelques années avec de futures trouvailles d’investigative reporters du monde… 

Le pêcheur Arian, démarrant avec un working capital de Rs 12 milliards, promet davantage, que ce soit en situation de succès ou de catastrophe. En cas de calamité, on pourrait rééditer l’exploit dipin-diber de Délie & Sons. Mais cette fois-ci, la prise sera encore plus somptueuse. D’autres avions plus jeunes et sexy encore sont à brader et on pourrait même vendre des droits d’atterrissage, l’opération duty-free et, pourquoi pas, l’aéroport lui-même ? Ciel bleu, ciel gris : la «pêche» promet toujours d’être miraculeuse. Et LaKwizinn ne cesse jamais de s’enrichir.

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