La politique du panadol

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Alors, le porte-monnaie est-il apaisé ? Quel est l’impact réel de la baisse des prix des denrées alimentaires sur nos bourses ? Avons-nous senti, en allant faire nos courses, ce «soulagement» que promettait le Premier ministre il y a quelques jours, quand il venait, à la manière d’un sauveur, nous dire que son gouvernement n’était pas insensible à la situation actuelle et qu’il avait «le plaisir» d’annoncer la subvention de certains produits de base. 

Le tollé soulevé depuis l’incroyable flambée des prix, doublée d’une inacceptable hausse sur le prix de l’essence (pour subventionner les vaccins), la campagne de dénonciations sur les réseaux sociaux et la menace d’une manifestation de rue qui se tiendra le 30 juillet, ont forcé le gouvernement à réagir pour prévenir une colère populaire.

Cela dit, si cette baisse annoncée va effectivement soulager quelque peu les ménages, la question est de savoir pour combien de temps cette situation durera passés les six mois, période de cette assistance ? Les subventions sont-elles ici la solution fondamentale dans un climat où les prix de nos produits importés continuent d’augmenter, alors que notre monnaie, qui subit les opinions négatives des institutions internationales, dégringole ? Une subvention ponctuelle de Rs 500 millions va-t-elle résoudre la question ? Est-ce que le gouvernement prendra l’engagement, comme c’est pratiqué pour le riz et la farine, d’appliquer une politique de subvention permanente ? L’État a-t-il  les moyens de le faire ?

D’ailleurs, est-ce là l’exemple de la gestion saine d’une économie nationale ? Bien évidemment, à un moment où les spécialistes pointent du doigt l’augmentation des coûts du fret suite à la pandémie et la dépréciation – suspecte – de notre roupie, cette subvention ne peut qu’être accueillie.

Encore qu’il n’y a aucune raison pour que le gouvernement fanfaronne et que le Premier ministre tente de se montrer en héros quand l’on sait que ce n’est pas une faveur qu’il nous fait, l’argent provenant des poches du consommateur qu’il redistribue à des commerçants dont certains gagnent sur toute la ligne avec une pratique de promotion artificielle de manière quasi-permanente !

D’où le fait que seule cette subvention passagère ne suffira pas pour remonter le moral des citoyens qui, depuis mars 2020, sont considérablement affectés par les effets de la pandémie et la récente hausse inattendue du prix du carburant. C’est dire à quel point la résolution d’une subvention jusqu’en décembre paraît insuffisante, alors qu’on se serait attendu à la proposition de mesures radicales pouvant aider à vaincre les difficultés liées à l’augmentation des prix et à l’inflation. N’aurait-il pas été judicieux de proposer, dans le même temps, des solutions durables pouvant réformer nos institutions financières – tout en luttant contre la corruption –, avec l’objectif de remonter dans la notation des institutions internationales, et de stopper la descente dangereuse de notre monnaie ?

L’absence d’un plan large – comme dans tous les domaines – et le choix de petites mesures temporaires à chaque obstacle donnent à la subvention sur les denrées une forme de panadol prescrit à un malade gravement atteint. La pilule soulagera le patient de ses douleurs aiguës l’espace d’un moment mais aussitôt les effets du calmant parti, la réalité du mal le rattrapera, à l’exemple de notre porte-monnaie loin d’être apaisé !

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