Affaire Betamax: Comment se cacher derrière l’État et ne pas payer de sa poche !

Avec le soutien de
L’Alliance Lepep aurait pu faire voter une loi pour poursuivre le gouvernement travailliste pour dilapidation des fonds publics, mais ne l’a pas fait…

Il règne dans le pays une atmosphère défaitiste. Tous les écrits après le jugement du Privy Council sur l’affaire Betamax semblent converger vers un point : c’est le contribuable qui doit payer les 5,7 milliards à M Bhunjun. Et c’est parfois sous forme de questionnement, parfois de manière déguisée que l’on insinue que c’est l’État qui paye. Mais en somme, une trame se dessine selon laquelle les politiciens coupables ne seront nullement inquiétés et que l’argent ne viendra pas de leur poche. Ainsi va un système qui protège ses élites au pouvoir !

• La logique et l’État

Il existe une logique : celui qui a fauté doit payer. Et cette logique est même consacrée par la loi. Tous, contribuables et politiciens, sont d’accord à ce sujet. Mais, qui a fauté ? C›est là où démarre la vraie question et c’est là aussi où se joue la confusion dans laquelle on veut entraîner le peuple pour lui faire croire qu’importe qui a fauté, que ce soit le gouvernement Ramgoolam ou le gouvernement Jugnauth, c’est l’État qui doit payer.

Les faits dans toute cette affaire peuvent être classés en deux épisodes. Le premier qui consiste à l’octroi par le gouvernement travailliste d’un contrat à Betamax et lors du deuxième, le contrat est résilié de manière unilatérale par le gouvernement de L’Alliance Lepep. L’opinion se concentre aujourd’hui sur le deuxième épisode. Elle focalise son attention sur ceux qui ont pris l’initiative de résilier le contrat de manière unilatérale pour cause alléguée d’illégalité.

• Absence de poursuite

Le gouvernement Jugnauth n’avait pas choisi le poursuivre Ramgoolam et Cie qui avaient signé le contrat, pour leur demander de payer de leur poche pour le dommage causé au Trésor public, donc à l’argent du contribuable. En effet, si le gouvernement travailliste avait fauté en signant un contrat causant des dommages au pays, on aurait dû s’attendre à ce que L’Alliance Lepep le poursuive en justice pour dilapidation des fonds publics, donc pour faute grave.

L’Alliance Lepep ne peut pour sa défense dire il n’y avait pas de loi lui permettant de poursuivre l’ancien gouvernement travailliste. Car si elle l’avait voulu, elle aurait fait voter une loi dans ce sens, compte tenu de sa domination sur le pouvoir législatif. D’ailleurs, l’histoire nous a montré la série de lois qui, même que si elles étaient fortement controversées, pouvaient être introduites au Parlement, votées et proclamées. Donc il y a aucune excuse pour l’Alliance Lepep de n’avoir pas poursuivi Ramgoolam et Cie, afin d’obtenir réparation pour dommage causé au Trésor public.

Évidemment, une telle loi serait à double tranchant car cette même loi pourra être utilisée contre ceux-là qui l’auront votée, à l’occasion d’un changement de régime au pouvoir.

• Se cacher derrière l’État

Il y a un phénomène troublant qui se déroule dans toute cette affaire. Tous les éléments sont réels à l’exception d’un seul : les milliards que l’on doit verser en dédommagement, c’est du réel, Bhunjun, c’est du réel, la décision arbitrale tout comme le jugement du Privy Council, c’est du réel, il n’y a que le débiteur, celui qui doit payer, qui est virtuel. C’est-à-dire, que l’on veut que l’État paye, mais cet État-là, il est virtuel, il n’a pas d’argent, c’est le contribuable lui, qui est réel, qui a l’argent, qu’il a mis dans un coffre à Port-Louis !

Lorsque la décision a été prise de résilier le contrat Betamax, on va nous dire que c’est l’État qui a pris la décision. Mais, c’est du virtuel, c’est une fiction, c’est de l’abstrait, car au fait, puisque ce sont des personnes physiques, bien réelles, qui ont réfléchi, et qui ont pris la décision de mettre fin au contrat.

• Système arrangeant pour l’élite

Nous sommes dans un système qui utilise une fiction construite expressément par les élites politiques au pouvoir pour servir à leur besoin. Ainsi, les individus au pouvoir qui prennent des décisions, affirment agir au nom de l’État. Agir au nom de l’État ?... C’est là où démarrent le mensonge et l’escroquerie. Puisque l’État est virtuel et qui n’existe pas, il ne peut pas demander à certaines personnes de le représenter. L’État n’a aucun pouvoir, c’est le peuple qui a le pouvoir. La question est de savoir si le peuple avait donné le pouvoir à certaines personnes de signer ou de résilier le contrat Betamax. Et c’est ça la question fondamentale. Si le peuple a voté pour un gouverne- ment, ce n’est pas pour que celui-ci fasse des choses pour satisfaire son intérêt, son ego, son appétit personnel partisan de vengeance, au frais du contribuable.

• Responsabilité personnelle

En votant pour quelque gouvernement, le peuple a donné un mandat aux élus de gouverner le pays. Ce mandat ne peut être interprété de manière si large pour inclure l’assouvissement des appétits personnels et partisans.

Lorsqu’un dirigeant va au-delà du mandat que le peuple lui a donné, sa responsabilité personnelle est engagée.

Et il revient au judiciaire de dire si un politicien au pouvoir aurait outrepassé le mandat que lui a confié le peuple.

Car le peuple, c’est lui, le contribuable.

C’est à lui que l’on va dire, à la fin : baré lakes.

Publicité
Publicité
Lexpress deals logo

Retrouvez les meilleurs deals de vos enseignes préférées.

Lexpress deals brochure
Rejoignez la conversation en laissant un commentaire ci-dessous.

Ailleurs sur lexpress.mu

Les plus...

  • Lus
  • Commentés
Suivez le meilleur de
l'actualité à l'île Maurice

Inscrivez-vous à la newsletter pour le meilleur de l'info

OK
Pour prévenir tout abus, nous exigeons que vous confirmiez votre abonnement

Plus tardNe plus afficher

x