On est resté sur notre faim

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En raison du contexte critique exceptionnel, on est resté sur notre faim hier après le discours du Budget 2021- 2022. Il n’y a pas eu un effet ‘Wow’. Il n’y a pas une vision stratégique susceptible, selon nous, de nous sortir de l’impasse économique dans laquelle nous sommes.

On croyait que le Dr Renganaden Padayachy allait nous présenter la feuille de route d’une nouvelle vision, mais à la place on a surtout eu droit à un chapelet de mesures sociales décousues, dépensières, souvent reprises du Budget de l’an dernier, qui ne révolutionnent pas vraiment notre économie. C’est un Budget tristement classique, normal, pas suffisamment audacieux, sans grande envergure, pouvant transformer notre économie qui est à bout de souffle depuis longtemps déjà.

À écouter le Dr Renganaden Padayachy, on n’avait, en fait, pas vraiment l’impression que le pays se trouve enlisé dans une crise sans précédent. Il ne s’est pas vraiment attardé sur les finances publiques, sur lesquelles on l’attendait. Ce n’est qu’après deux heures de lecture de ce qui ressemblait davantage à un discours-programme qu’à un exercice budgétaire qu’il a enfin effleuré l’état désastreux des finances publiques. Du coup, on ne sait pas tout à fait s’il va faire fi des recommandations du FMI, eu égard aux milliards de la Banque centrale et à la MIC. Aussi comment va-t-il éviter le piège de la dette publique ? Et comment va-t-il stopper la dépréciation de notre monnaie ? Questions qui n’ont pas obtenu de réponses hier.

Contre toute attente, la bonne nouvelle aura été l’annonce que le déficit budgétaire sera contenu à seulement 5 % du PIB. Si on doit éplucher les comptes pour comprendre ce petit miracle, on ne va pas tirer des conclusions hâtives, comme l’opposition, hier soir, qui parle de chiffres manipulés pour masquer la profondeur du trou réel du déficit.

L’an dernier, on avait choisi de titrer sur Le mirage de l’équilibre budgétaire, car le premier Budget post-Lockdown reposait d’abord et avant tout sur du Helicopter Money. Rappel utile : le gouvernement était déjà sous perfusion à l’Intensive Care Unit avant le coronavirus. Si on ne sait pas si le robinet de la BoM est fermé, en revanche, celui du CEB et d’autres corporations sont déjà ouverts...

D’ailleurs Padayachy mise beaucoup sur la reprise du tourisme -– 24 % du PIB – pour redonner des couleurs à notre économie, sauf qu’il n’a pas jugé utile de piper un mot sur Air Mauritius, dont la contribution est essentielle pour faire venir les touristes à Maurice, si tant que ceux-ci veulent, à partir du 15 juillet, rester enfermés dans un hôtel durant 14 jours ! Et puis on verra si le problème des vaccins sera résolu pour permettre la libre circulation de nos visiteurs prévue dès le 1er octobre sur papier. De toutes façons, ce n’est pas forcément davantage de promotion (surtout si c’est pour jeter Rs 400 millions par la fenêtre) que le triste état de notre pays, de ses infrastructures et de ses lagons qui fera venir ou pas les touristes. Souhaitons que les dates balancées apporteront quand même un peu de visibilité aux employés du secteur qui souffrent de ces longs mois d’inactivité.

En parlant de touristes, environ 9 000 sont venus à Maurice durant les 12 derniers mois. Ce n’est donc pas difficile de faire mieux. Avec disons 200 000 touristes, on fera un bond spectaculaire. Ce qui contribuera forcement à cette croissance économique de 9 % sur laquelle table Padayachy.

Forcément le Budget contient du bon et du moins bon, mais ce qui compte, puisqu’on est devant le fait accompli, c’est sa mise en œuvre, sa mise en chantier, ses entrepreneurs, et ses retombées. Hier on a entendu surtout parler des initiatives gouvernementales. Mais qu’en est-il du secteur privé, des investisseurs, ceux-là même qui créent la richesse et les emplois ?

Au final, Padayachy n’a pas été ingénieux pour faire rentrer un peu d’argent dans les caisses du gouvernement, une hausse de 10 % des droits d’accises sur les boissons alcoolisées et la cigarette, et surtout l’augmentation de Rs 2 sur les produits pétroliers, qui empireront les effets inflationnistes.

***

Deux nouveaux piliers, c’est bien, mais…

Quant à l’industrie pharmaceutique, cela sonne comme du déjà entendu. Saluons, en revanche, la volonté affichée de verdir l’économie en adaptant nos entreprises et stratégies dans un contexte de crise climatique, que nous avons tendance à minimiser parce qu’elle ne tue pas comme le coronavirus. Même si on reste sceptique que l’on pourra atteindre les 60 % d’énergies renouvelables d’ici 2030 (l’an dernier on avait prévu 40 %; et pour l’heure, nous ne sommes même pas à 25 % !)

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