SUJETS D’INQUIÉTUDE ou VOS SUJETS S’INQUIÈTENT-ILS, messieurs ?

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Que veut faire passer comme message, un gouvernement qui apporte un amendement à la Non Citizen (Property Restriction) Act qui, entre autres, oblige désormais tout étranger qui souhaite vendre un bien, à demander la permission préalable du bureau du Premier ministre (PMO) ? Qu’un étranger peut désormais vendre, moins que librement, tout bien acheté au pays ? Que son souhait de vendre dépend désormais du bon vouloir tant politique que bureaucratique du PMO et donc de considérations arbitraires, potentiellement contraignantes ? Y compris les lenteurs potentielles ! En l’absence d’explications détaillées et motivées du Premier ministre, pense-t-on que cela va inciter les étrangers à acheter de l’immobilier au pays et ainsi doper ce secteur de la construction que le ministre des Finances, l’an dernier dans son discours du Budget, disait être «le poumon de la relance» avec, notamment, 34 projets à l’Economic Development Board valant Rs 62 milliards ? Fat luck !

Que veut-on indiquer à une population, qui possède quand même une cervelle, quand on lui annonce que la distanciation sociale doit continuer à se pratiquer, par exemple dans les mariages ou les enterrements, où l’on ne doit pas accommoder plus de 10 personnes ; mais pas dans les transports publics où, pour l’exemple, un bus de 60 places peut désormais asseoir… 60 personnes ? Que la plage c’est encore pire, puisque tout bonnement interdite ? Que le mariage est aussi dangereux que la mort ? Qu’il vaut mieux, si on insiste quand même à convoler en ‘justes’ noces, essayer, plutôt que le Plaza, de louer un ou plusieurs bus et de les décorer, avant de lancer les invitations ?

Quelle conclusion atteindre pour le pays, centre financier il est vrai «blacklisted» quand il ferme ses banques, sa bourse, le fonctionnariat, le pays presque entier parce qu’il pleut trop et qu’il y a la menace de quelques ‘flash floods’ localisés ? Que Singapour, qui recevait 161.4 mm de pluie, en 3 heures, entre 12h25 et 15h25 le 17 avril dernier, sans fermer quoique ce soit apparemment, est un pays plus arriéré ? Pour rappel, la plus forte pluviométrie affichée chez nous jusqu’à 16 heures le mercredi 28 avril, jour décrété Bank Holiday, a été de 163.6 mm de pluie… en 24 heures… à Grand-Bassin !

En annonçant le détail des prescriptions pour le déconfinement partiel du pays le 1er mai, quel message a voulu transmettre le gouvernement en précisant que les écoles resteront fermées (jusqu’à mi-juin, croit-on comprendre !) ; seules les écoles privées ayant la permission de faire du ‘home schooling’ et les écoles du gouvernement étant, on ne sait pas trop pourquoi, dispensées d’une telle responsabilité ? Pourquoi une école privée qui veut ouvrir ses portes dès maintenant, avec toutes les précautions nécessaires (et plus !), ne pourrait pas faire ‘exception ‘ et le faire pour le bonheur de ses élèves (et de leurs parents), si on trouve, par ailleurs, que remplir des bus de passagers est une ‘exception’ acceptable ? Pourquoi le secteur privé doit nécessairement faire ce qui est décidé pour le secteur public ? Pour que certains ne perdent pas la face ?

Que nous dit un gouvernement qui annonçait, après la fermeture de la BAI, qu’il n’y aurait pas un seul sou d’argent public qui serait utilisé pour liquider ce groupe et qui fait maintenant voter 11,9 milliards de plus, en attendant le dénouement final… Il est vrai qu’il y a des actifs vis-àvis, mais le gouvernement n’a jamais tenté d’expliquer si les milliards investis dans la National Property Fund Ltd, la National Insurance Company (NIC), la MauBank, auxquels il faut rajouter divers prêts garantis par l’État sont, selon toute vraisemblance prudente, couverts par les actifs détenus en contrepartie. Avant la dernière injection de 11,9 milliards de roupies, à la faveur d’un ESE de Rs 17 milliards la semaine dernière, il y avait un déficit de fonds propres de 4,3 milliards à la NIC au 30 juin 2020 (qui faisait 142 millions de profits pour l’année sur un portefeuille de polices de 7,8 milliards), MauBank affichait 116 millions de profits à la même date sur 31 milliards de total au bilan, alors que l’on ne pouvait pas trouver les comptes audités de la National Property Fund Ltd sur leur website, malgré les affirmations du ministre Seeruttun au Parlement qu’ils étaient «disponibles».

A quelle conclusion devons-nous arriver devant la dernière note du FMI ? Que nous avons des apprentis sorciers en charge de nos finances nationales et qu’ils ne savent écouter personne qu’eux-mêmes ? Ils ont pourtant été prévenus , encore et encore !

Si les Seychelles s’inquiètent de leurs cas de Covid-19 en résurgence après l’ouverture de leur aéroport, 60 % des Seychellois ayant pourtant été vaccinés, est-ce que le slogan «Sel solition, vaksination !» est, pour autant, dépassé et rendu caduc, comme le serait alors notre économie touristique ? Faudra-t-il pour cela, se résoudre à «vivre avec» sans même essayer de se défendre ? Sûrement pas ! En vérité, il fallait s’attendre à cette flambée de cas aux Seychelles ! Car, au moment où le niveau de 60 % de vaccinés a été atteint, la population, y compris les vaccinés, aurait, semble-t- il, estimé qu’elle avait ‘passé le cap’ et a donc ‘relax’ et cessé de prendre les précautions de base… Les variants et les vaccins utilisés peuvent aussi expliquer la situation.

Ainsi, on oublie que les vaccins sont surtout efficaces contre les cas extrêmes menant à l’hospitalisation ou à la mort, mais sont moins efficaces contre une simple infection. Les essais disponibles jusqu’ici indiquent des taux de réussite contre l’infection de 94 % pour Pfizer, de 86 % pour AstraZeneca, de 78 % pour Sinopharm et de 56 % pour Sinovac, ces deux derniers n’ayant pas, jusqu’ici, encore été homologués par l’OMS ((1) et (2)). Donc entre 6 % et 44 % des vaccinés eux-mêmes peuvent toujours être infectés, dépendant des vaccins, même si la probabilité qu’ils finissent à l’hôpital est alors largement diminuée ! Il reste aussi 40 % de non-vaccinés, bien sûr ! Et si tous retrouvent de la promiscuité plutôt que de la distanciation sociale comme mode vie, ne portent plus de masque et ne se lavent plus les mains, c’est ouvrir la voie royale à la transmission du virus. Pire ! C’est une invitation !

Donc, vaccinons-nous parce que cela diminue nos risques de finir à l’hôpital et gardons, pour longtemps encore, toutes les précautions raisonnables !

Mais nos problèmes à nous sont d’un autre ordre : l’indiscipline face aux protocoles établis (à laquelle le gouvernement a opposé la tactique particulièrement efficace de la ‘zone rouge’ (3)), d’autant que cette indiscipline a aussi, plusieurs fois, touché l’hôpital lui-même et surtout, pour le moment, l’absence de vaccins accrédités. L’initiative du président Biden de permettre aux laboratoires du monde de produire des génériques des vaccins américains va, certes, aider, mais certainement pas tout de suite. D’autant que la technologie mRNA coûte cher et demande du grand froid. De toute manière, notre taux de vaccination est loin d’avoir atteint les 70 % recommandés comme minimum pour «l’immunité de troupeau», ni pour la première dose et encore moins pour la deuxième et nos approvisionnements en vaccins accumulent du sérieux retard…

Nous ne sortirons pas de sitôt de l’auberge !

(1)https://www.forbes.com/sites/siladityaray/2021/05/05/ astrazeneca-and-pfizer-covid-19-vaccines-more-than86-effective-after-first-dose-south-korean-authoritiessay/?sh=121fae714f32 (2)https://www.reuters.com/business/ healthcare-pharmaceuticals/exclusive-who-expertsvoice-very-low-confidence-some-sinopharm-covid-19- vaccine-2021-05-05/ (3) Un risque évident, c’est qu’à l’annonce même des premiers cas dans un village, les villageois… fuient dans toutes les directions, trouvant refuge «cott ene fami» ailleurs ! Le lockdown doit, donc, idéalement se passer en même temps que l’annonce d’une grappe de cas.

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